L’immigration est au cœur de l’actualité française et européenne. En témoignent la « crise des migrants », provoquée par l’afflux de réfugiés syriens et irakiens depuis l’été 2015 dans les pays de l’Union européenne et qui relance le débat sur l’espace Schengen, la loi du 29 juillet 2015 réformant le droit d’asile ou encore le projet de loi sur le droit des étrangers. Mais quelles réalités recouvre l’immigration en France ?

 

Étranger, immigré : quelle différence ?
Étranger : un statut ; immigré : un parcours
Est «étrangère » toute personne résidant en France quine détient pas la nationalité française. Un «immigré» est une personne née étrangère à l’étranger et venue s’installer en France pour un an au moins, qu’elle ait acquis ou non la nationalité française par la suite. 41% des immigrés étant français, c’est un contresens de les opposer aux Français. En toute rigueur, on peut seulement distinguer les étrangers des Français, ou les immigrés des natifs.
Immigré, une catégorie sans valeur juridique…
« Immigré » est une catégorie bâtie à des fins d’étude, sans valeur juridique, contrairement à « étranger ». Un immigré pouvant être français, aucun texte ne peut lui refuser un droit au motif qu’il est immigré. De fait, l’article 1er de la Constitution de 1958 interdit de différencier les droits des citoyens selon leurs origines.
… introduite en France en 1991
D’origine internationale, cette définition de l’immigré a été validée en 1991 par le Haut Conseil à l’intégration et reprise par la statistique publique. Aux États-Unis, on parle de
migrant ou d’immigrant. Les Français tendent à réserver ces termes aux migrations récentes ou en cours. La presse a qualifié ainsi de migrants les demandeurs d’asile fuyant massivement les guerres civiles du Moyen-Orient à partir de l’été 2015

 

Par Quartiers Libres,
Source: http://quartierslibres.wordpress.com/2018/10/20/livre-du-samedi-parlons-immigration-en-30-questions-francois-heran/