Mai 4, 2021
Par Rebellyon
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Depuis la fin de l’année 2020, l’intégralité des prisons de la région pénitentiaire de Lyon sont équipées de lanceurs de balles de défense (LBD). Une décision qui fait grincer des dents jusqu’au sein de l’administration pénitentiaire. D’une plus-value contestable au regard des armes déjà disponibles, ce déploiement illustre surtout la priorité donnée à une approche ultra-sécuritaire. Et vient souligner en creux l’absence de moyens mis sur l’humain et le dialogue.

Armes non létales propulsant des munitions en caoutchouc de calibre 40mm, les lanceurs de balles de défense (LBD) sont régulièrement dénoncés pour les nombreuses blessures et mutilations qu’ils occasionnent, notamment lors des opérations de maintien de l’ordre à l’extérieur. Depuis la fin de l’année 2020, ils sont pourtant en cours de déploiement dans toutes les prisons de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le projet était dans les tuyaux depuis des années. En 2010 déjà, une note de la direction de l’administration pénitentiaire sobrement intitulée « Déploiement des LBD 40mm au sein des services pénitentiaires » prévoyait l’entrée en jeu de cette « arme à létalité réduite » en prison. En 2012, une circulaire(1) vient encadrer leur utilisation dans les établissements pénitentiaires. Pourtant, les années suivantes, seuls quelques établissements pénitentiaires se dotent de LBD – à l’image de Vannes en 2014. « Le déploiement s’était toujours cassé les dents sur le prix, notamment des cartouches », explique Jean(2), surveillant. L’arrivée de cartouches rechargeables change cependant la donne, et décide Stéphane Scotto, directeur interrégional de Lyon, à déployer le LBD dans sa région pénitentiaire. « Nous étions en pleine crise des Gilets jaunes et les dérives liées à l’utilisation du LBD se multipliaient, se souvient une source pénitentiaire, mais le directeur interrégional de Lyon a insisté pour que les efforts soient portés sur le déploiement de cette arme dans les prisons de la région. » Cette décision prend de cours jusqu’aux surveillants, qui n’ont pas tous favorablement accueilli cette annonce. « Il y a eu un effet de sidération. Mais on fait ce qu’on nous dit de faire », explique Thomas. Le 23 décembre 2019, la direction interrégionale (DI) publie une doctrine d’utilisation. Au cours de l’année 2020, comme l’exige la circulaire, 50% du personnel et 100% de l’encadrement de chaque prison sont formés au maniement de l’arme – qui commence alors à être déployée dans les prisons de la région.

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Source: Rebellyon.info