Dans ce cycle de conférences, traduites et éditées par les éditions Libertalia cet automne, l’auteur John Holloway expose le rôle central et spécifique de l’argent comme outil du capital, comme « manière de relier toutes nos différentes et respectives activités sociales et productives ».

Holloway revient alors sur le principe de base selon lequel le système d’exploitation capitaliste est porté par l’argent. Il constate que l’argent fonde sa propre réalité, qu’il est en auto-expansion permanente, qu’il est devenu le vecteur principal des relations sociales.

Or, l’auteur note que ces dernières années une rage de plus en plus partagée par les classes populaires du monde s’élève contre cette dictature de l’argent, régisseur de la vie de chacunes et chacuns. Un « refus d’accepter […] un monde qui nous ignore, qui nous relègue au rang d’objets » s’élève.

Mais Holloway rappelle que dans le même temps, il nous faut penser « les politiques de la colère » et que cette rage juste peut aussi très vite se transformer en colère contre autrui, une rage de haine et de destruction.

Pour se faire, il propose de recréer du commun, de créer de nouvelles relations de collaboration et de solidarité, de développer cette rage digne et légitime. Cela passe par l’expulsion de l’argent des secteurs vitaux (santé, éducation…), par la lutte contre la monétarisation des relations sociales et la restriction des espaces où l’argent est dominant.

Pour lui, « la seule manière d’abolir l’exploitation de classe passe par l’abolition de l’argent comme forme de cohésion sociale » et le développement d’une « rage qui ouvre vers la possibilité d’un monde différent ». Toutes ces considérations ne resteront qu’un vœu pieu si elles ne sont pas ancrées dans les luttes sociales.
Cet ouvrage, facile à lire, clair dans ses analyses et à un prix très accessible est à mettre entre toutes les mains.

David (UCL Grand-Paris-Sud)


Article publié le 29 Mar 2020 sur Unioncommunistelibertaire.org