Novembre 26, 2020
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Vingt-deux combattants internationalistes témoignent de leur engagement dans les unités YPG/YPJ au Rojava, racontent leurs motivations, leur périple pour rejoindre la région, leur apprentissage, leur quotidien, avec les combats ou au contraire l’attente interminable, leurs compagnons, leur difficile retour dans les «  sociétés endormies  ». «  Nous étions des gens ordinaires, pas plus fous ou courageux que les autres. À un moment de notre vie, nous avons choisi de tout quitter, lucidement et sans fanatisme, pour combattre aux côtés des populations du Kurdistan syrien.  »

Si les époques et les situations ne sont bien entendu pas comparables, les similitudes avec les volontaires internationaux engagés en Espagne en 1936 sont nombreuses et la référence à Hommage à la Catalogne, de George Orwell, justifiée à plus d’un titre.

Si les tabûr, unités de combat composées d’une trentaine de personnes, sont placées sous l’autorité d’un commandant, elles fonctionnent comme des milices, sans véritable hiérarchie ni autoritarisme, grâce à la pratique du tekmil, moment de débriefing quotidien essentiel où chacun est libre d’émettre critiques et autocritiques.

Le militarisme est considéré comme une idéologie propre au patriarcat et à la société capitaliste. Ces unités sont chargées de défendre la population et de garantir la réussite de la révolution inspirée par le confédéralisme démocratique, idéologie développée par Abdullah Öcalan, qui place les femmes au centre de la société, qui prévoit de «  vider l’État de l’intérieur  » et dont l’un des fondements est la coexistence de religions et d’ethnies différentes sur un même territoire.

De nombreuses pages sont consacrées aux récits des combats, notamment à la défense du canton d’Afrîn contre l’armée turque et ses supplétifs jihadistes à partir de janvier 2018 et à la seconde attaque, toujours en cours, depuis octobre 2019, avec la résistance de Serêkaniyê et le front de Til Temir. Plusieurs portraits de combattantes et combattants tombés en martyr sont intercalés entre les différents témoignages. Siyah, venue de France et survivante de la bataille de Serêkaniyê, évoque son amertume et sa colère tandis que le monde regardait Afrîn tomber aux mains des islamistes et des fascistes.

Quelques voix indignées s’élevèrent mais «  l’indignation ne sauve pas des vies ni ne gagne des batailles. L’indignation est une farce pour le fascisme.  » Elle conclut son appel à la solidarité ainsi  : «  Je te demande juste, lecteur ou lectrice, de t’interroger sur la nature de ton “devenir politique“. Interroge-toi sur ton rapport au monde. Interroge-toi sur ceci  : que faisais-tu quand le fascisme triomphant s’acharnait à détruire l’une des seules alternatives révolutionnaires conséquentes de cette génération  ? S’il est vrai que siamo tutti antifascisti, alors il est temps de le montrer en actes.  »


Ernest London (UCL Le Puy-en-Velay)

  • Collectif, Hommage au Rojava ,Les Combattants internationalistes témoignent, Libertalia, 2020, 348 pages, 10 euros.



Source: Unioncommunistelibertaire.org