L’écrasante majorité des identifiées et/ou assignées femmes subissent des oppressions croisées. Etre féministe, pour nous, c’est refuser l’instrumentalisation et la hiérarchisation des luttes à des fins racistes et/ou classistes. C’est refuser la soumission au système totalitaire marchand, aux politiques libérales nationalistes et capitalistes où la peur de l’Autre, la haine et l’individualisme règnent en maître, c’est refuser l’organisation de l’assimilation à l’ordre établi par les technocrates du genre.

Face à la recrudescence d’agressions et de violenceS sur les personnes trans, pédé, gouines, pansexuelles, intersexes, asexuelles, non binaires, face à la précarisation des Putes par l’Etat, face aux racismes et à l’islamophobie exacerbé.es , face à l’invisiblisation des personnes en situation de handicap, face aux discriminations grossophobes, et en solidarité avec les personnes psychiatrisées, ainsi qu’avec toustes les migrant.es avec ou sans papiers, nous rompons avec l’ordre hétérosexuel reproductif, exprimons notre solidarité et notre force et appelons à riposter contre les masculinités hégémoniques destructrices. Si l’un.e de nous est insulté.e, harcelé.e, violé.e, tué.e, incarcéré.e, nous le sommes toustes.

Nous martelons notre volonté de résister hors des institutions qui régissent nos vies malgré nous et par-delà les frontières qu’elles nous imposent et dont nous ne voulons pas. Nous ne négocierons pas nos droits avec le pouvoir qui nous opprime et qui nous réprime.

Nous créons ensemble un corps agissant né de la rencontre de nos pluralités déviantes et flamboyantes. Nous apprenons ensemble à nous battre par et pour nous-mêmes et à nous défendre les un.es les autres. La prison n’est pas une solution, elle déplace et reproduit les violenceS. La prison est la clef de voûte du système punitif et l’un des instruments de terreur employé par l’Etat. A ce titre, elle apparaît bien plus comme un suppôt de la bourgeoisie à abattre que comme une solution réelle. La seule chose que permette la prison, c’est le maintien du statu quo, autrement dit, la pérennité des oppressions de tous ordres.

Pour nous, les murs de vos richesses sont déjà partout l’expression de notre asservissement et le consumérisme des un.es est partout l expression de l asservissement systématique des autres.

Nous sommes fièr.e.s, vénères, déter, et toujours plus organisé.e.s. La paix sociale n’a que trop duré.

Nous décidons de perpétuer et d’intensifier le rapport de force. Notre rage communautaire est sans frontières et elle est aussi féroce que notre coopération. Nous sommes partout. Puisque tout ou presque nous a déjà été retiré, puisque nous sommes constamment surveillé.e.s et contraint.es par la dictature de la normalité, nous clamons haut et fort : nous n’avons rien à perdre, nous prenons par la force ce qui nous revient de droit et nous construisons dès maintenant notre utopie sur les ruines de votre civilisation.

Fièr.e.s d’être des déserteureuses de la nation et de son régime hétérosexuel nécropolitique *

A bas la dictature de la normalité !

Signé : un jeune mec trans blanc et ses allié*es qui travaillent à conscientiser et refuser leurs privilèges


L’institutionnalisation des luttes est une impasse. Ouvrons un horizon émancipateur radical !

Pour mieux appréhender le concept de « régime hétérosexuel nécropolitique » de Paul B Preciado, un texte de l’auteur a été joint

Lettre d’un homme trans à l’ancien régime sexuel

L’institutionnalisation des luttes est une impasse. Ouvrons un horizon émancipateur radical !

Pour aller plus loin, à propos d’inclusivité :

https://transgrrrls.wordpress.com/2018/11/04/un-peu-de-solidarite-trans/

Si un écho résonne en toi à la lecture de ce texte, écris-nous à [email protected] afin de pouvoir échanger !

PS : article publié sur Rebellyon