Décembre 2, 2020
Par La Horde
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Mardi 17 novembre, trois identitaires lillois étaient jugés au TGI de Lille pour incitation à la haine, violences volontaires et apologie du terrorisme.

Leurs agissements avaient été filmés en caméra cachée dans le reportage Generation Hate, diffusé en 2018 par la chaîne Al Jazeera. Ce procès a été un exemple de plus d’une certaine complaisance de la justice envers l’extrême droite ; quant à la défense de ces derniers, elle a logiquement été plus encline à les présenter en victimes ou en « repentis » qu’à dépeindre la réalité.

La scène ressemblait à un mauvais remake du film de Sergio Leone Le Bon, la Brute et le Truand. Au casting, Rémi Falize, Etienne Vanhalwyn dit «Le Roux»  et Guillaume Dumont Saint Priest : devant le président de la Cour, les trois militants d’extrême droite feignent l’embarras dans une mise en scène digne des pires séries B.

Repentis ou fabulateurs ?

Le premier à être entendu par les juges est aussi celui qui risque la plus lourde peine. Rémi Falize, 33 ans, avait été filmé en 2017 dans l’enceinte de la Citadelle, bar identitaire tenu par Aurélien Verhassel. Il blaguait sur un projet d’attentat à la voiture bélier visant le marché de Wazemmes, au coeur d’un quartier populaire de Lille : « Le jour où je sais que j’ai une maladie incurable mec, je m’achète une arme et je fais un carnage (…) contre une mosquée, n’importe quoi. (…) Pour peu que je ne meurs pas, j’en referai un autre » se vantait-il, la clope au bec.

Un autre prévenu, Etienne Vanhalwyn, 24 ans, est filmé à L’imprévu, un bar de la rue Masséna. Après avoir lancé un « Heil Hitler » pour saluer ses potes suivi d’un salut nazi à peine dissimulé, il raconte un récent voyage à Hambourg.

« Le Roux », comme il se fait appeler malgré le fait qu’il trouve cela «très discriminant» comme il s’en plaindra à la Cour, prétend s’être fait arrêter par la police locale. Il aurait tagué des croix gammées dans des bars de San Pauli et aurait cherché des antifas pour en découdre ; version démentie par la police allemande qui confirme n’avoir jamais entendu parler de lui. Pour seule défense crédible, il plaidera l’alcool : « Quand j’ai bu je suis débile » prévient-il.

Sur les images d’Al Jazeera, on voit les deux hommes, bientôt rejoints par le troisième prévenu Guillaume Dumont, attaquer un groupe d’adolescents d’origine maghrébine à la sortie du bar.

Alors que Dumont vide sa gazeuse sur une jeune femme de 14 ans, Falize en profite pour porter des coups sur son crâne à l’aide d’un gant coqué. Fier de son acte, il qualifie l’adolescente de « sale pute » en précisant que « Meuf ou pas meuf, c’est juste des rebeus. ».

Paul Roos, dit «Petit Paul», aussi présent ce soir-là, n’intervient pas directement mais apparaît à l’image, souriant, peu après l’attaque de Falize. Tout comme Verhassel, il a été interrogé par la police, préalablement au procès, en qualité de simple témoin. Soucieux de son image, le jeune hooligan dit quand même : « Moi perso, je me considère pas comme raciste, je n’ai rien contre les extra-européens tant qu’ils restent chez eux. ».

Si aucun des prévenus ne nie les faits qui leurs sont reprochés, ils ont tous préparé une défense en tissu de mensonges. Interrogé sur ses liens avec la LOSC Army, groupuscule de hooligans d’extrême droite lillois, Le Roux affirme ne plus être supporter du LOSC. De la même manière, il ne se « situe pas dans un mouvement politique » et se dit « étranger au régime nazi ». Quant à l’évocation de son passage à San Pauli, il joue la carte de l’ignorance : « Pour moi c’est un club de foot. ». Clou du spectacle : Etienne atteste formellement ne plus venir à Lille, car il ne vivrait plus dans la région.




Source: Lahorde.samizdat.net