Mai 24, 2021
Par Lundi matin
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En août 2020, Cesare Battisti était aux prises avec l’administration pénitentiaire pour le respect de ses droits en détention. Parmi ceux-ci, une visio-conférence avec son fils de 6 ans, qu’il venait tout juste d’obtenir après presque vingt mois de détention. Il est toujours détenu en régime spécial AS2 (haute sécurité) en Italie et a besoin de soutien. c’est pourquoi nous relayons cet appel à souscritption à un livre pour enfants dont il est l’auteur, intitulé L’île du chat Bleu.

En août 2020, Cesare Battisti était aux prises avec l’administration pénitentiaire pour le respect de ses droits en détention. Parmi ceux-ci, une visio-conférence avec son fils de 6 ans, qu’il venait tout juste d’obtenir après presque vingt mois de détention.

C’est à lui qu’il dédiait alors L’île du Chat Bleu en ces termes :

 « À mon petit Raul Tomaz.

Pour son chat de peluche que j’entrevois au travers de la webcam,

Pour les délices qu’il glisse dans son panier,

Pour ses voyages à l’infini. »

Cesare a besoin de continuer à publier, c’est son carburant pour tenir, et ce texte-là participe aussi du lien père-fils que la visio-conférence seule est à grand-peine capable de maintenir.

Grâce à vos souscriptions, ce sera possible jusque mi-juin (il faut faire vite !) , à partir du lien suivant sur la plateforme HelloAsso : https://www.helloasso.com/associations/abc-editions-ah-bienvenue-clandestins/collectes/l-ile-du-chat-bleu

Le produit des ventes du livre une fois publié à 1000 exemplaires ira pour partie au soutien de Cesare, et pour une autre partie aux actions de soutien menées par ABC’éditions.


L’association de soutien à Cesare s’oppose à un système punitif qui ne protège personne, et l’association ABC’éditions a en effet pour vocation

’le soutien total, immédiat et sans réserve des populations les plus défavorisées : sans droits, immigréEs, Rroms, Autochtones, femmes, enfants, handicapéEs, prisonnierEs…’.

Or, au moment où les derniers ajustements étaient apportés au teaser, que vous retrouverez également sur la page hello-asso, nous apprenions l’arrestation en France de 7 personnes, 10 exactement étant dans le viseur immédiat, et des centaines d’autres à venir, peut-être. Des personnes ayant appartenu à la même Histoire que Cesare, sur fond d’euphorie et de soif de liberté des années 70, sur les restes encore actifs autant que face aux résurgences du fascisme, en ’guerre civile larvée’ face à des centaines de groupuscules d’extrême droite ; emportées dans la ’Stratégie de la tension’ et la répression féroce, accusées à tort d’attentats aveugles (véritables massacres d’État en lien avec l’extrême droite), et projetées dans la violence politique en réaction à ce contexte. 

Comme Cesare, ces personnes, aujourd’hui parents et grand-parents, ont refermé il y a près de 40 ans cette courte et fulgurante période de leur vie, non sans continuer d’en souffrir. Elles ont pris la main tendue pour tourner la page et mis toute leur énergie à se reconstruire après le tsunami. 

Ces trente années de refuge en France ont été des années de douleur (…) une forme d’expiation perpétuelle, sans remise de peine, sans grâce et qui m’accompagnera jusqu’à la mort, avec ce sentiment, cette lourdeur de la mort qui m’habite depuis des décennies’, disait Marina, l’une d’entre elle, dans une interview relayée par l’Express. 

… après 30 ans d’accueil en France, à l’âge de presque 70 ans, on ne rentre pas en Italie pour purger une peine de perpétuité, on rentre pour mourir en prison’, a-t-elle ajoutée. Tout est dit.

Certaines de ces personnes réclamées par l’Italie ont vu leur peine prescrite depuis, mais les États et leurs cadeaux électoraux respectifs nous ont habitué.e.s à les voir bafouer leur propres lois dans ciller. L’avenir des autres réfugié.e.s est plus incertain encore, et nous savons aujourd’hui avec Cesare ce qui les attend : un régime spécial AS2 (’haute sécurité’) au prétexte d’une dangerosité fantasmée, reflet d’une autre époque. Un régime qui fait fi des droits en détention les plus élémentaires tel que le droit à une défense sans entrave, au maintien effectif du lien familial et social, à des soins de santé efficients, au maintien d’une activité un tant soit peu constructive…

On a alors entendu dire, puisqu’il s’agissait de la publication d’un album jeunesse, qu’il fallait 

« LAISSER LES ENFANTS

HORS DES AFFAIRES DES GRANDS »

Mais que dire alors aux enfants et petits-enfants à qui les raisons obscures de nos États enlèvent leurs parents et grands-parents ?

Livrer l’enfance sans réaction aux propagandes, même d’État ?

quelques liens :

– Contacter l’Association de soutien à Cesare Battisti : [email protected] riseup.net

– Le fil (et sa page) 1Mot2Cesare, pour suivre et partager les informations concernant la situation et les communications de Cesare. Vous y trouverez d’autres liens vers des médias amis, dont

– Sur la même page 1Mot2Cesare, entre autres choses, ce fil accueillera les reflets de Cesare dans les yeux de ses ami.e.s qui le souhaitent, à lui restituer face au terrible miroir qui lui est tendu depuis tant d’années.
Ce fil est ouvert aussi aux ami.e.s des autres personnes prises aujourd’hui dans la tourmente.

– Des cartes postales pour écrire à Cesare (et/ou à d’autres personnes, détenues ou non), peuvent être commandées en écrivant à [email protected]. Voir ici quelques exemples et pour en savoir plus. Ces Cartes ont également été crées dans l’optique tant de lui tendre son propre miroir que de rappeler à ses geôliers qu’il est bien l’écrivain auquel ils refusaient jusqu’à il y a peu l’ordinateur, au motif qu’ils ne lui connaîtraient pas d’activité nécessitant l’usage d’un ordinateur !

– Continuer de signer/relayer l’appel à soutien : https://lundi.am/Cesare-Battisti-nous-persistons




Source: Lundi.am