L’opĂ©ration Etincelle dĂ©bute Ă  la publication et Ă  la diffusion de la brochure « I cieli bruciano Â» recensant les collabos de la machine Ă  expulser italienne. D’aprĂšs la presse, 21 attaques incendiaires et explosives sont recensĂ©es entre 2015 et 2018. Dans le cadre de cette opĂ©ration, sept mandats d’arrĂȘts sont dĂ©livrĂ©s et six des sept personnes inquiĂ©tĂ©es se retrouvent en dĂ©tention provisoire pendant plusieurs mois. Elles sont accusĂ©es d’« association de malfaiteurs Ă  visĂ©e subversive Â», joker de l’arsenal rĂ©pressif italien, frĂ©quemment utilisĂ© dans les derniĂšres dĂ©cennies contre des compagnon-ne-s. Des appels successifs font tomber cette accusation et la plupart des inculpé·e·s sortent de prison dans les mois qui suivent. Jusqu’ici, seule Silvia se trouvait encore sous mesure prĂ©ventive, avec une interdiction de se rendre Ă  Turin, aprĂšs huit mois entre prison de haute sĂ©curitĂ© et isolement, une grĂšve de la faim d’un mois, et 4 mois aux arrestations domiciliaires. Comme Carla, elle est accusĂ©e de transport et dĂ©pĂŽt de matĂ©riel incendiaire devant des distributeurs de La Poste (italienne), sur la base de reconnaissance anthropomĂ©trique.

Pendant ce temps, Carla reste introuvable. Collaborant Ă©troitement avec la police française, les autoritĂ©s italiennes mettent en place une enquĂȘte transfrontaliĂšre qui ne lĂ©sine pas sur les moyens -capitaux et humains- pour tenter de la retrouver : surveillances rapprochĂ©es, coups de pression multiples. Cette enquĂȘte aboutira le 26 juillet Ă  l’arrestation de Carla prĂšs de Saint-Etienne, par une dizaine de policiers armĂ©s de la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention) et de la DGSI (Direction GĂ©nĂ©rale de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure).

Dans cette pĂ©riode oĂč le manque de moyens s’est fait cruellement sentir dans le domaine de la santĂ© publique, les Etats prĂ©fĂšrent sans surprise, concentrer leur Ă©nergie et leur argent pour rĂ©primer ceux et celles qui refusent leur monde et son lot d’injustices. Pour exemple, le chantier du train Ă  grande vitesse (TAV), contre lequel luttent massivement les habitants du Val de Susa, a repris dĂšs la fin du confinement, entraĂźnant un coĂ»t de sĂ©curisation des travaux dĂ©mentiel. D’aprĂšs le site No-Tav, 500 mĂštres coĂ»tent le mĂȘme prix que la construction d’un hĂŽpital de 1 200 lits. Si nous ignorons le coĂ»t de l’opĂ©ration Etincelle, il est Ă©vident que cela se chiffre en milliers d’euros. Un coĂ»t auquel les autoritĂ©s françaises n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  participer, dĂ©montrant encore une fois que la prioritĂ© des États reste la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts de ses reprĂ©sentants, au dĂ©triment de celui des populations qu’ils gouvernent.

Et en matiĂšre d’intĂ©rĂȘt, la rĂ©pression de l’immigration reste une actualitĂ© intensive et rentable pour l’Europe et beaucoup de ses entreprises actuellement en rĂ©cession Ă©conomique, suite Ă  la crise sanitaire. Les 22 et 23 juillet a eu lieu Ă  Vienne une rencontre pour la “lutte contre l’immigration clandestine” Ă  laquelle participaient les ministres de l’intĂ©rieur d’Allemagne, d’Autriche, Danemark, de la GrĂšce, de la SlovĂ©nie, de la RĂ©publique tchĂšque et de la Hongrie, des reprĂ©sentant·e·s de la Suisse, de la Commission europĂ©enne, de FRONTEX (Agence europĂ©enne des frontiĂšres et des garde-cĂŽtes) et de l’ICMPD (Centre international pour le dĂ©veloppement des politiques migratoires). Rien de nouveau sous le soleil, puisque cette rencontre fĂ»t simplement l’occasion de rĂ©affirmer et perfectionner l’étroite collaboration entre les autoritĂ©s de l’espace Schengen et leurs agences et institutions communes (FRONTEX, etc), en matiĂšre de gestion des procĂ©dures d’asile et surtout des expulsions. Cette actualitĂ© dĂ©montre encore une fois l’importance du rĂŽle de la gestion des frontiĂšres et de la machine Ă  expulser dans la protection d’un systĂšme dans lequel nos vies valent moins que leurs profits.

Pour manifester notre solidaritĂ© avec Carla et avec toutes celles et ceux qui luttent contre les frontiĂšres, la machine Ă  expulser et ses collabos, nous avons redĂ©corĂ© la façade du consulat italien Ă  Marseille. Nous voulons que cela soit un premier pas d’une campagne de solidaritĂ© que nous espĂ©rons large !

Plus que jamais, soyons solidaires de Carla et de toustes celles et ceux qui luttent contre la machine Ă  expulser et leurs collabos ! Manifestons partout notre solidaritĂ© avec Carla et tout.es les enfermĂ©.e.s en visant les autoritĂ©s italiennes et françaises ! Continuons partout la lutte contre les frontiĂšres, la machine Ă  expulser et ses collabos ! LibertĂ© pour tou.te.s ! A bas toutes les prisons !


Article publié le 02 AoĂ»t 2020 sur Mars-infos.org