DĂ©cembre 31, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Leyla Hosseinzadeh est une militante du mouvement estudiantin qui a encore Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e le 7 dĂ©cembre dernier Ă  Chiraz, le « Jour de l’étudiant Â» en Iran, tout un symbole.

Soixante ans plus tĂŽt, le 7 dĂ©cembre 1953, Richard Nixon, alors vice-prĂ©sident des Etats-Unis, se rend en Iran quelques temps aprĂšs le coup d’État du 19 aoĂ»t 1953 contre le gouvernement de Mohammad Mossadegh et le retour du Chah (roi en persan). À l’UniversitĂ© de TĂ©hĂ©ran, les Ă©tudiants manifestent Ă  cette occasion. Les agents de sĂ©curitĂ© du roi tirent et tuent trois Ă©tudiants.

Leyla fait partie du Conseil syndical des Ă©tudiants. Elle dĂ©fend les droits des femmes en Iran. Elle est contre le hidjab islamique obligatoire. Le pouvoir judiciaire islamique l’a condamnĂ©e Ă  5 ans de prison en mars 2018 pour « actions contre la sĂ©curitĂ© de l’État Â». Cette condamnation intervenait quelques mois aprĂšs les importantes rĂ©voltes populaires de novembre 2018. Leyla a ensuite passĂ© plusieurs mois en prison, avant d’ĂȘtre libĂ©rĂ©e, grĂące aux efforts de son avocat et au fait qu’elle avait la maladie de Crohn.

L’acharnement du systĂšme judiciaire islamique contre Leyla ne s’est pas interrompu aprĂšs sa libĂ©ration. Elle a fĂȘtĂ©, en compagnie de quelques Ă©tudiants, l’anniversaire d’un autre Ă©tudiant emprisonnĂ© Ă  l’universitĂ© des Sciences de l’Industrie Charif de TĂ©hĂ©ran. Iels ont cĂ©lĂ©brĂ© l’anniversaire en chantant le « sang des roses Â». Rien que pour cela, Leyla a Ă©tĂ© de nouveau jugĂ©e et condamnĂ©e Ă  5 ans de prison cette fois pour « rassemblement contre la sĂ©curitĂ© de l’Etat Â» et pour avoir fredonnĂ© ce chant.
La rĂ©cente arrestation de Leyla s’est faite dans des conditions affreuses. Elle Ă©tait chez ses amis Ă  Chiraz. Quinze agents armĂ©s de la police politique dĂ©barquent dans la maison. Leyla est tabassĂ©e et arrĂȘtĂ©e. Les agents confisquent le tĂ©lĂ©phone portable des autres occupants de la maison. Plus de 10 jours passent, personne ne sait oĂč elle est. Des milliers de personnes demandent sur les rĂ©seaux sociaux : Â« OĂč est Leyla ? Â». Des militants aident son pĂšre, un ouvrier de 85 ans, pour se renseigner sur le lieu de dĂ©tention. L’on dĂ©couvre finalement qu’elle est Ă  la prison d’Adelabad de Chiraz. La police l’a ensuite transfĂ©rĂ©e Ă  la prison d’Evine Ă  TĂ©hĂ©ran et encore ramenĂ©e Ă  Chiraz. Elle a eu droit Ă  un seul coup de fil trĂšs court Ă  sa famille. Elle a affirmĂ© avoir Ă©tĂ© battue pendant son arrestation et dans ses transferts aux diffĂ©rentes prisons. L’inquiĂ©tude est grande, car l’on ne sait pas si elle reçoit les mĂ©dicaments pour sa maladie de Crohn qui lui sont vitaux. Leyla est une combattante de la libertĂ©. Quand elle se faisait arrĂȘter Ă  Chiraz tout en recevant des coups, elle a dit Ă  une amie prĂ©sente : Â« Passe mon bonjour Ă  tout le monde. Nous rĂ©sisterons jusqu’au bout. Â»

Être la voix de milliers de prisonnier.es politiques en Iran est trĂšs important. Exigeons par tous les moyens leur libĂ©ration et celle de Leyla, sa vie est en danger.




Source: Monde-libertaire.fr