Août 7, 2016
Par Paris Luttes
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Le camp noborder de Vintimille avait été lancé pour cette été du 5 au 10 août. Ca fait déjà depuis plusieurs mois que les contrôles à la frontière franco-italienne se sont intensifiés, empêchant les migrant-e-s de passer, les enfermant dans le camp de la Croix Rouge italienne, detruisant toutes tentatives de auto-détermination et de auto-organisation collective. Ce rendez-vous éstivale voulait à nouveau renforcer la lutte contre les frontières et pour la liberté de tous et toutes.

Depuis le 4 août, ces dernières journées ont vu à nouveau migrant-e-s et camarades lutter ensemble sous la pression d’une morse médiatique sans précédents.

Dans la nuit du 4 août environs 300 migrants avaient essayé de dépasser la frontière italo-française sans succès, quittant le centre de la Croix Rouge italienne dans lequel ils-elles étaient enfermé-e-s. Ils-Elles voulaient exiger collectivement son ouverture et la libération d’un de leur camarade placé en centre de rétention administrative dans le sud de l’Italie. En essayant de dépasser la frontière aussi à travers la mer, plus de 100 migrant-e-s ont été arrêté-e-s et maintenus en détention dans les containers de la Police aux Frontières (PAF) de Menton Garavan ou ramené-e-s de force en Italie dans la journée du 5 août.

Suite à cela, le 6 août, les soutiens ont décidé d’organiser une diffusion de flyers sur la plage de Vintimille, pour se diriger ensuite vers le centre de la Croix Rouge, où les migrant-e-s ont été forcés de rentrer suite à la contestation du jour precedent. Pendant qu’ils-elles marchaient tranquillement, une camionnette de la police anti-émeute les a bloqué-e-s. Sans que aucun affrontement aille eu lieu, les flics ont chargé et gazé violemment le groupe de soutiens. En s’échappant, plusieurs d’entre eux et elles ont été arrêté-e-s : 11 interdictions du territoire (de Vintimille ou de la région pour les italien-ne-s, de l’Italie même pour plusieurs années pour les français-es), 2 personnes ont été arrêté-e-s et sont toujours dans les mains de la police.

Dans ce contexte, un flic a trouvé la mort suite à un infarctus aux marges des arrestations. Bien que cela n’a rien à voir avec les charges faites aux camarades, les média italiens ont par contre profité de la nouvelle pour attaquer les activités de soutien aux migrant-e-s. Pendant que sous les yeux de tout le monde les Olympiades de Rio s’amusent à mettre en place une « équipe Refigiés », la stigmatisation des migrant-e-s et la criminalisation de la lutte noborders continue.

Aujourd’hui 7 août, les contrôles et les arrestations se sont renforcés : 3 camarades, une italienne et deux français-es ont été arrêté-e-s. Les média affirment qu’ils auraient eu des batons, des chaines et des couteaux sur eux. D’autres français-es auraient aussi été arrêté-e-s apparemment avec des cagoules et des batons, selon les médias italiens. Ce dont la police italienne les accuse est de détentir du matériel potentiellement dangereux. Nous savons par contre que depuis quelques jours la cantine autogérée de Vintimille a été expulsée et que plusieurs lieux de soutiens à la lutte noborders ont été expulsés et fouillés. Dans ce climat répressif du matériel de camping ou de cuisine dévient tout suite un chef d’accusation pour chercher la proie à sacrifier. Il est difficile de croire aux accusations d’un état qui essaye depuis toujours de masquer la détermination des migrant-e-s derrière l’accusation faite aux soutiens de « fomenter la révolte ».

Liberté pour tous et toutes !

Liber* Tutt* !

Plus d’info sur le profil facebook de la Permanence Noborders de Vintimille




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