Cela fait 27 jours que des salarié.es de « l’hôtel de prestige » Intercontinental au Panier sont en grève. Leurs revendications ? Une hausse de salaire, un treizième mois, et l’enregistrement et le paiement de leurs heures supplémentaires. Ça ne demande pas la lune, dans un hôtel de super-bourges où le brunch est servie pour la modique somme de 83 euros…

Mais voilà, la pauvre direction de cet hôtel 5 étoiles ne semble pas être en capacité de satisfaire ces revendications. C’est qu’elle doit payer l’exploitation du lieu à une société (actionnaire majoritaire AXA), qui elle même paye une autre société (actionnaire majoritaire AXA à nouveau), qui elle même loue les murs à… l’hôtel de Ville ! [1]

Par contre pour ce qui est de la répression du mouvement de grève, elle en a les moyens. Embauches d’extras pour remplacer les grévistes, de sécurité additionnelle, intimidation quotidienne, recours aux keufs, et la dernière en date, le tribunal et les huissiers.

L’hôtel a assigné les grévistes en référé au tribunal de Marseille vendredi, et a obtenu l’interdiction pour 11 d’entre elleux de se présenter sur le terrain de l’hôtel, de parler ou de distribuer des tracts avec les client.es, etc, sous peine d’une amende de 1000 euros ! Et le tribunal de justifier sa décision comme suit : « l’exercice d’une activité d’hôtellerie de prestige est peu compatible avec un mouvement de grève ». Tu parles d’une justice de classe ! Et maintenant, un huissier arpente le parvis prêt à délivrer sa prune aux grévistes, après être passé à leur domicile le matin pour leur signifier qu’iels ne pourraient plus tenir leur piquet.

Face aux patrons, à leurs keufs, leurs huissiers et leurs juges, une seule réponse, la solidarité pour les faire plier, comme ce matin ou plus de cents personnes se sont rassemblées devant l’hôtel.


Article publié le 11 Déc 2019 sur Mars-infos.org