Mars 5, 2020
Par Paris Luttes
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De la pratique au savoir en passant par la critique : l’exemple des moutons, passerelle entre le monde et le spectacle de sa fin

Rien de ne va plus, le ton est donnĂ©. A l’UniversitĂ© Paris 8, les professeur.e.s sont le plus clair qui soit. A la simple auto-organisation, un couperet vient mener le rappel Ă  l’ordre : Nous organisons, vous suivez. La violence est lĂ . Dans leurs mots et leurs attitudes. Rien ne va plus. Le ton est donnĂ©.

La validation des profs de l’auto-organisation se fait dans le cadre de l’UniversitĂ© Ouverte oĂč une fois par semaine, si iel n’a pas cours l’étudiant.e peut venir prĂ©senter son atelier/projet devant 3 professeur.e.s et rĂ©aliser une fiche descriptive de l’atelier. On est loin de la subversion. Lorsque ça ne rentre pas de ce cadre, ça n’a pas lieu d’ĂȘtre, merci de bouger et de laisser vos Ă©vĂ©nements dans votre tĂȘte, ils n’auront pas lieu, nous mettrons un autre Ă©vĂ©nement sur ce crĂ©neau, vous comprenez votre attitude dĂ©passe les bornes, c’est nous les professeur.e.s.

L’exemple c’est cet Ă©vĂ©nement Ă©tudiant qui est prĂ©vu cette semaine, sans passer par la fameuse validation, il est juste mit sur une page facebook Ă©tudiante, une professeure est donc prĂ©venu par mail que la salle n’est pas disponible, voici la rĂ©ponse : « Franchement je ne trouve pas trĂšs correct de vous approprier ainsi la salle sans mĂȘme nous prĂ©venir. FB est loin d’ĂȘtre le seul canal de communication en interne Ă  p8. Â» Donc 1) les professeur.e.s ne regardent pas les Ă©vĂ©nements prĂ©vu sur les pages Ă©tudiantes et s’auto-lĂ©gitimisent dans leur action. Et 2) La fameuse grĂšve n’est pas une ouverture mais bien un repli, et les salles du dĂ©partement de science politique ne sont pas accessible Ă  tou.te.s, vous comprenez c’est nous les professeur.e.s. PlutĂŽt que de mettre leur Ă©vĂ©nement dans une autre salle (par exemple les salles de sociologie), les professeur.e.s prĂ©fĂšrent s’agripper au peu de pouvoir qu’iels ont et rentrer dans une bataille absurde. On frise le ridicule. Iels maintiennent et sortent le calendrier avec leur Ă©vĂ©nement, Ă  la salle et Ă  l’heure de l’évĂ©nement Ă©tudiant.

Ce que ça traduit, c’est la non volontĂ© d’un travail de politisation des Ă©tudiant.e.s, mais une marche au pas d’un protocole bureaucratique. La grĂšve qui se rĂ©vĂšle ĂȘtre en tout lieux et en tout temps la façade Ă  une politisation des concernĂ©s, ici se rĂ©vĂšle juste vide. Elle est inutile. Et puisqu’elle est inutile, elle ne mĂšnera Ă  rien. Personne ne se soucie de jeunes de banlieues qui n’ont pas de cours. L’État s’en fou, le ministĂšre s’en fou, la prĂ©sidence s’en fou, et mĂȘme les professeur.e.s s’en foutent. Alors Ă  quoi bon ? Ce qui les intĂ©resses donc c’est la mise aux pas.

Le flou persiste, dĂ©crit comme une bonne chose par une professeure de sociologie lors d’une AG, il s’attĂ©nue mais persiste.

Le flou c’est l’état dans lequel les professeur.e.s tendent Ă  mettre les Ă©tudiants. L’idĂ©e c’est de leur faire croire Ă  un court terme persistant pour les amener jusqu’à la fin du semestre dans leurs bottes. Cette grĂšve qui n’existe que dans la tĂȘte de certaines personnes est le prĂ©texte au n’importe quoi. TrĂšs concrĂštement l’universitĂ© Paris 8 n’est pas en grĂšve. Sont en grĂšve les professeur.e.s des dĂ©partements de sociologie et de science politique, celleux de l’UFR d’Art et certain.e.s membres du personnel.

Alors que c’est clair pour beaucoup d’étudiant.e.s que les professeur.e.s se foutent de notre gueule (iels sont absent.e.s, des Ă©vĂ©nements comme des AG), les profs quand mĂȘme misent tout sur le 5 mars(« L’universitĂ© et la recherche s’arrĂȘtent Â»), sans que nous les voyons pour autant. Avec la crĂ©ation de cet engouement, iels tentent de faire de nous leurs petit.e.s soldat.e.s une fois de plus, de leur grĂšve ratĂ©e.

Elle est ratĂ©e encore une fois par ce que « les Ă©tudiant.e.s ne savent pas et que nous professeur.e.s on sait Â», la mise aux pas des Ă©tudiant.e.s sans considĂ©ration de leur savoir ne fait pas de la grĂšve un simple spectacle, mais le spectacle de sa fin.






Source: Paris-luttes.info