Novembre 14, 2015
Par CGA R茅gion Parisienne
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Communiqué de la CGA-RP sur les attentats du 13 novembre 2015.

Leurs guerres, nos mort·e·s

La Coordination des Groupes Anarchistes – Région parisienne partage la peine et la colère des familles et des proches des victimes des attentats perpétrés ce vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Nos pensées vont aussi aux nombreuses personnes blessées et choquées suite à ces violences. Nous leur adressons toute notre solidarité en ces heures difficiles.

Nous adressons également toute notre solidarité aux populations victimes du fascisme religieux, hier à Beyrouth (Liban) et le 10 octobre à Ankara (Turquie), ainsi que sur tous les territoires contrôlés par l’État Islamique.

Nous déplorons ces attentats et condamnons fortement l’idéologie fasciste qui en est à l’origine. Rappelons que les premières victimes du fascisme religieux sont les populations civiles musulmanes ou appartenant à des minorités nationales du Proche-Orient. Nous dénonçons donc par avance toute tentative de récupération des attentats à des fins islamophobes, racistes, antisémites, nationalistes, sécuritaires et policières. Nous appelons avec force à proscrire tout amalgame visant à stigmatiser les réfugié-e-s et les personnes de confession musulmane ou assignées musulmanes.

Qui sème l’impérialisme récolte le terrorisme

Les massacres de Paris commis par les fascistes religieux de Daesh sont la conséquence des politiques guerrières et impérialistes des grandes puissances politiques du monde au Proche-Orient depuis une bonne dizaine d’années. En effet, Daesh s’est construit politiquement et militairement en Syrie et en Irak, deux pays qui sont au centre des guerres impérialistes qui opposent les Occidentaux et les pays du golfe à la Russie, la Chine et l’Iran. On l’a bien vu en Syrie où la révolution émancipatrice, qui a suivi le Printemps Arabe pour détrôner une vieille dictature Baasiste, s’est peu à peu transformée en un conflit sanglant opposant différentes factions militarisées (Daesh, Al-Nosra, Armée du régime, A.S.L, …) et soutenues par des puissances mondiales différentes. Quant à l’Irak, dont est originaire le leader de Daesh Al-Baghdadi et une partie des forces de l’État Islamique, il est bien évident que la longue guerre impérialiste menée par les Etats-Unis depuis 2003 a bouleversé un pays déjà très affaibli et appauvri par des années de dictature de Sadam Hussein. L’hypocrisie du gouvernement français et de l’Europe face à la tragédie qui se joue au Proche-Orient est particulièrement préoccupante puisque d’un côté elle participe à la déstabilisation de cette région mais de l’autre elle empêche les migrant·e·s venu·e·s du Proche-Orient d’avoir de réelles possibilités de reconstruire leurs vies ici en Europe.

Marche vers la guerre

À ces événements tragiques le pouvoir a répondu par l’instauration de l’état d’urgence. Qu’est-ce que cela signifie ? Un contrôle accru des médias et des populations, de leurs déplacements et de leurs moyens de réunion et d’organisation.

Nous mettons en garde contre les dérives que peuvent engendrer un tel dispositif. Le sécuritarisme, en plus d’être inefficace, stigmatisant et liberticide s’appuie de façon honteuse sur la souffrance des victimes et de leurs proches.

Les mesures liberticides mises en place depuis janvier 2015 ont sacrifié notre liberté sur l’autel d’une sécurité fictive. Ces nouvelles mesures ne nous protégeront pas contre de nouvelles menaces mais n’auront pour effet que le renforcement de l’arbitraire et de l’impunité.

Profitant du désarroi général, l’État policier qui s’installe ne fera qu’entretenir les peurs, la méfiance et la division.

Face à tous les fascismes : solidarité !

Face aux violences fascistes d’où qu’elles viennent, nous opposons notre solidarité entre exploité·e·s et notre organisation sur des bases de classe : notre colère se porte contre les dirigeants et responsables. Pour nous, pas d’unité nationale possible : jamais les exploité·e·s ne pourront s’unir avec les gouvernements responsables des guerres et de la misère. Du fait de leur ingérence au Moyen-Orient, les États occidentaux portent une responsabilité face à l’essor et l’émergence des mouvances fascistes.

Nous appelons à la solidarité de classe, l’unité populaire des minorités nationales, des exploité·e·s, des travailleurs/travailleuses, avec ou sans emploi, en formation ou non.

Nous appelons également à la solidarité internationale qui passe par l’accueil des migrant·e·s et le soutien des forces progressistes, révolutionnaires, socialistes, à l’exemple des combats menés au Rojava (au nord de la Syrie), qui comptent déjà maintes victoires sur Daesh : Kobanê, Tal Abyad, Shengal (Sinjar) et Al Hawl.

Face à la précarité et à la misère sociale, contre le modèle occidental impérialiste qui pousse à la radicalisation fasciste, nous appelons à la résistance, à l’organisation, à la riposte populaire et à la solidarité entre les peuples exploités.




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