DĂ©cembre 14, 2020
Par L'envolée
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« Et aux personnes Ă  l’extĂ©rieur, je voudrais leur dire que nous sommes des ĂȘtres humains et que nous aussi nous avons des droits »

Lettre publique que nous a transmis Kemi pour dĂ©noncer ses conditions de dĂ©tention Ă  Saint Maur, prison malheureusement dĂ©jĂ  tristement cĂ©lĂšbre. Les matons et l’adiministrations s’acharnent sur lui sous de faux prĂ©textes et le poussent Ă  bout. N’hĂ©sitez pas Ă  nous demander son contact si vous voulez lui Ă©crire. Force et soutien Ă  lui !

Le 23 novembre 2020,
Maison Centrale de St Maur

À tous les dĂ©tenus de France et les personnes non-incarcĂ©rĂ©es, j’écris cette lettre pour dĂ©noncer mes conditions de dĂ©tention et pour trouver un Ă©cho Ă  ma parole.

Je suis Ă  la centrale de Saint Maur depuis trois mois, au quartier d’isolement depuis mon arrivĂ©e dans l’établissement pour soi-disant ĂȘtre « observĂ© Â». Je viens d’ĂȘtre prolongĂ© pour trois mois de plus car mon arrivĂ©e « serait Â» trop rĂ©cente et donc ils ne peuvent pas dire si je suis « apte Â» Ă  une dĂ©tention ordinaire.

Au dĂ©but, j’ai Ă©tĂ© classĂ© auxiliaire peintre mais au bout de dix jours, ils m’ont dĂ©classĂ© parce qu’ils auraient trouvĂ© un cĂąble dĂ©nudĂ© dans ma cellule « s’apparentant Ă  un port USB Â».

Puis le jour-mĂȘme, j’ai Ă©tĂ© mis en gestion Ă©quipĂ© menottĂ© pour trois raisons diffĂ©rentes.
La premiĂšre serait que j’aurais fait venir une Ă©quipe de voyous un soir devant la prison et que le chef de dĂ©tention nous aurait entendu tenir des propos mettant en danger l’établissement et le personnel pĂ©nitentiaire, la deuxiĂšme serait qu’ils ont des Ă©lĂ©ments prouvant la mise en place d’une prise d’otage et la troisiĂšme serait parce qu’un de mes frĂšres – avec qui je n’ai pas de contact – voulait se suicider


Mes conditions de dĂ©tention sont horribles. Je n’ai pas le droit aux activitĂ©s, pas de travail alors qu’un atelier a Ă©tĂ© ouvert au sein du QI, je vois un mĂ©decin tous les 36 du mois, mais le plus hallucinant est ma cellule.

Il y a des grilles partout, mĂȘme Ă  la porte, comme au quartier disciplinaire. On me donne le repas Ă  travers un passe-plat, je fais tous mes entretiens dans ma cellule, derriĂšre la grille, et mon interlocuteur dans la coursive, mĂȘme le psy !!! Aucun secret mĂ©dical !!!
Les toilettes sont Ă  cĂŽtĂ© de la porte sans cloison de sĂ©paration, l’eau du robinet est marron, j’ai le dos en miettes car les chaises sont interdites au QI, on a juste le droit Ă  un tabouret !! Le repas nous arrive froid, les douches sentent la fausse sceptique !!

Il y a des grilles partout, mĂȘme Ă  la porte, comme au quartier disciplinaire.

Je demande des entretiens avec la direction mais personne Ă  l’horizon, je les vois que quand elle vient m’inventer je ne sais quel dĂ©lire !!!
Mes courriers n’arrivent pas Ă  destination et ne me parviennent pas, d’ailleurs je ne serais pas Ă©tonnĂ© que cette lettre atterrisse dans une poubelle de la prison ! J’ai tĂ©lĂ©phonĂ© Ă  « l’OIP Â» mais la voix d’un dĂ©tenu ne vaut rien et faut croire que la direction de Saint Maur est intouchable, tellement que les autres dĂ©tenus n’osent pas s’opposer Ă  eux de peur de reprĂ©sailles !!! Sur quinze dĂ©tenus du QI, nous ne sommes que trois Ă  essayer de faire valoir nos droits. Mais ‘faut bien l’avouer, rien ne bouge
 Je vous l’avoue, sans l’EnvolĂ©e et une personne en particulier qui se reconnaĂźtra, je ne sais pas si je serait encore lĂ  pour Ă©crire cette lettre.
Je suis de nature combative, mais Saint Maur commence Ă  avoir raison de moi !
Je place tous mes derniers espoirs dans cette lettre en espĂ©rant que ça fera rĂ©agir qui de droit


Faire cesser la torture psychologique et physique au sein des établissements pénitentiaires français.

Je finis cette lettre en disant courage Ă  tous les dĂ©tenus de France. Et aux personnes Ă  l’extĂ©rieur, je voudrais leur dire que nous sommes des ĂȘtres humains et que nous aussi nous avons des droits
 Un animal de compagnie Ă  droit Ă  de l’eau potable, une niche ou cage confortable, alors pourquoi pas moi ? J’espĂšre que quelqu’un entendra mon appel au secours et m’aidera Ă  faire bouger les mentalitĂ©s. Et Ă  faire cesser la torture psychologique et physique au sein des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires français.

Bien Ă  vous,

un dĂ©tenu aux abois. 

« Et aux personnes Ă  l’extĂ©rieur, je voudrais leur dire que nous sommes des ĂȘtres humains et que nous aussi nous avons des droits »

Lettre publique que nous a transmis Kemi pour dĂ©noncer ses conditions de dĂ©tention Ă  Saint Maur, prison malheureusement dĂ©jĂ  tristement cĂ©lĂšbre. Les matons et l’adiministrations s’acharnent sur lui sous de faux prĂ©textes et le poussent Ă  bout. N’hĂ©sitez pas Ă  nous demander son contact si vous voulez lui Ă©crire. Force et soutien Ă  lui !

Le 23 novembre 2020,
Maison Centrale de St Maur

À tous les dĂ©tenus de France et les personnes non-incarcĂ©rĂ©es, j’écris cette lettre pour dĂ©noncer mes conditions de dĂ©tention et pour trouver un Ă©cho Ă  ma parole.

Je suis Ă  la centrale de Saint Maur depuis trois mois, au quartier d’isolement depuis mon arrivĂ©e dans l’établissement pour soi-disant ĂȘtre « observĂ© Â». Je viens d’ĂȘtre prolongĂ© pour trois mois de plus car mon arrivĂ©e « serait Â» trop rĂ©cente et donc ils ne peuvent pas dire si je suis « apte Â» Ă  une dĂ©tention ordinaire.

Au dĂ©but, j’ai Ă©tĂ© classĂ© auxiliaire peintre mais au bout de dix jours, ils m’ont dĂ©classĂ© parce qu’ils auraient trouvĂ© un cĂąble dĂ©nudĂ© dans ma cellule « s’apparentant Ă  un port USB Â».

Puis le jour-mĂȘme, j’ai Ă©tĂ© mis en gestion Ă©quipĂ© menottĂ© pour trois raisons diffĂ©rentes.
La premiĂšre serait que j’aurais fait venir une Ă©quipe de voyous un soir devant la prison et que le chef de dĂ©tention nous aurait entendu tenir des propos mettant en danger l’établissement et le personnel pĂ©nitentiaire, la deuxiĂšme serait qu’ils ont des Ă©lĂ©ments prouvant la mise en place d’une prise d’otage et la troisiĂšme serait parce qu’un de mes frĂšres – avec qui je n’ai pas de contact – voulait se suicider


Mes conditions de dĂ©tention sont horribles. Je n’ai pas le droit aux activitĂ©s, pas de travail alors qu’un atelier a Ă©tĂ© ouvert au sein du QI, je vois un mĂ©decin tous les 36 du mois, mais le plus hallucinant est ma cellule.

Il y a des grilles partout, mĂȘme Ă  la porte, comme au quartier disciplinaire. On me donne le repas Ă  travers un passe-plat, je fais tous mes entretiens dans ma cellule, derriĂšre la grille, et mon interlocuteur dans la coursive, mĂȘme le psy !!! Aucun secret mĂ©dical !!!
Les toilettes sont Ă  cĂŽtĂ© de la porte sans cloison de sĂ©paration, l’eau du robinet est marron, j’ai le dos en miettes car les chaises sont interdites au QI, on a juste le droit Ă  un tabouret !! Le repas nous arrive froid, les douches sentent la fausse sceptique !!

Il y a des grilles partout, mĂȘme Ă  la porte, comme au quartier disciplinaire.

Je demande des entretiens avec la direction mais personne Ă  l’horizon, je les vois que quand elle vient m’inventer je ne sais quel dĂ©lire !!!
Mes courriers n’arrivent pas Ă  destination et ne me parviennent pas, d’ailleurs je ne serais pas Ă©tonnĂ© que cette lettre atterrisse dans une poubelle de la prison ! J’ai tĂ©lĂ©phonĂ© Ă  « l’OIP Â» mais la voix d’un dĂ©tenu ne vaut rien et faut croire que la direction de Saint Maur est intouchable, tellement que les autres dĂ©tenus n’osent pas s’opposer Ă  eux de peur de reprĂ©sailles !!! Sur quinze dĂ©tenus du QI, nous ne sommes que trois Ă  essayer de faire valoir nos droits. Mais ‘faut bien l’avouer, rien ne bouge
 Je vous l’avoue, sans l’EnvolĂ©e et une personne en particulier qui se reconnaĂźtra, je ne sais pas si je serait encore lĂ  pour Ă©crire cette lettre.
Je suis de nature combative, mais Saint Maur commence Ă  avoir raison de moi !
Je place tous mes derniers espoirs dans cette lettre en espĂ©rant que ça fera rĂ©agir qui de droit


Faire cesser la torture psychologique et physique au sein des établissements pénitentiaires français.

Je finis cette lettre en disant courage Ă  tous les dĂ©tenus de France. Et aux personnes Ă  l’extĂ©rieur, je voudrais leur dire que nous sommes des ĂȘtres humains et que nous aussi nous avons des droits
 Un animal de compagnie Ă  droit Ă  de l’eau potable, une niche ou cage confortable, alors pourquoi pas moi ? J’espĂšre que quelqu’un entendra mon appel au secours et m’aidera Ă  faire bouger les mentalitĂ©s. Et Ă  faire cesser la torture psychologique et physique au sein des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires français.

Bien Ă  vous,

un dĂ©tenu aux abois. 




Source: Lenvolee.net