Décembre 21, 2020
Par L'envolée
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ça m’a vraiment donné le sentiment d’exister pendant un instant, de ne plus être seul, d ‘avoir quelqu’un qui m’écoute.

Nous avions publié une lettre de Bilal dans le dernier numéro du journal, il nous a réécrit, et a ajouté à sa lettre une missive qu’il a envoyé à Super Dupont, ministre des tribunaux et des prisons. Même s’il sait qu’il y a peu à attendre de ce côté là, il essaie de se faire entendre.

Le 07.12.2020

Bonjour l’équipe de l’Envolée,

Tout d’abord toute mes condoléances pour votre ami et co-fondateur. Je n’ose imaginer la peine et la difficulté d’une telle perte, mais au final une légende ne meurt jamais…

Je tiens à préciser que mon commentaire au sujet du délai de réponse n’est pas lié au temps, mais à la réponse qui m’était apporté combiné au temps.

J’avoue que lors de mon premier courrier, je n’avais pas conscience de ce que votre journal était vraiment. Puisque les explications du pote qui m’a parlé de vous, était du genre « ouai t’inquiète, ils sont là pour nous aider », je suppose que le ras le bol de ma condition carcérale à fait que j’ai préféré ignorer le côté journal et je suis resté focus au côté soutien…

Du coup quand j’ai percuté que vous risquiez de publier mes écrits. J’avoue avoir eu un coup de chaud puisque je dévoilais mon identité parce que j’hésitais à faire ça de manière anonyme… Mais bon c’est pas bien grave au final je suis assez content du résultat, votre manière de travailler est bienveillante…

Donc oui, je suis d’accord pour publier mes courriers. Franchement merci, ça m’a vraiment donné le sentiment d’exister pendant un instant, de ne plus être seul, d ‘avoir quelqu’un qui m’écoute.. Et si quelqu’un le souhaite, vous pouvez lui donner mes coordonnées.

Je vous joints le brouillon du courrier que j’ai envoyé au ministre Moretti, je pense que ça explique à peu près les conditions de détention et l’état d’esprit dans lequel je me trouve : combatif, mais dans le dialogue…

En tout cas. Merci de ce que vous faîtes, force à vous.

Et voici la lettre adressée au ministre :

Réponse à multiples demandes écrites.

J’attire votre attention par le présent courrier sur cette systématisation malsaine pratiquée par l’administration et souhaite que votre vigilance se porte sur l’incohérence et l’injustice d’une telle pratique afin que cette spirale soit enrayée car elle est une opposition injuste à la voie de la réinsertion et donc un reniement total des valeurs qui fondent et animent un état de droit, car comme nous le savons tous, jamais un état de droit, solide sur ses valeurs, ne permettra qu’un citoyen appliqué, investi et méritant (preuves factuel à l’appui), ne soit lésé de ses droits sur la base de suppositions et de doutes, au détriment du factuel.

Afin que vous preniez conscience de la réalité dans laquelle je vis, je suis libérable en 2048, c’est a dire à quand j’aurais 56 ans, suivi d’une peine additionnelle de 10 années de suivi sociaux judiciaire. Donc je serais officiellement libre a mes 66 ans.

Avec de telle condition de détention, sur une telle durée, que me reste-t’il comme espoir pour une réinsertion social positive ?

Suis-je toujours français ? Ai-je encore des droits ? Où tout simplement, suis-je encore un être humain ?

Suis-je toujours français ? Ai-je encore des droits ?

Où tout simplement, suis-je encore un être humain ?

Puisque tout mes échanges se font a travers la grille de ma cellule (aumônier, SPIP, Chef de bâtiment, etc.)

J’ai fauté lourdement, je l’ai reconnu et regretté amèrement, je purge donc ma peine, mais je fais des efforts et j’arrive a un stade ou j’ai besoin de sentir l’aide de l’administration pénitentiaire dans mon cheminement vers la rédemption et cela passe par des signaux certes faible, mais qui symboliquement pour moi signifient beaucoup et me montre que malgré l’horreur de mes erreur passée, on croit en moi et me donne une chance , alors je n’ai pas droit de recevoir, ma famille, mes enfants, et mon pays que je n’ai au final, jamais cessé d’aimer.

Dans l’attente d’un retour, qui je l’espère fera évoluer ma situation positivement. Monsieur le ministre, veuillez recevoir mes sincère salutation.

Bilal

ça m’a vraiment donné le sentiment d’exister pendant un instant, de ne plus être seul, d ‘avoir quelqu’un qui m’écoute.

Nous avions publié une lettre de Bilal dans le dernier numéro du journal, il nous a réécrit, et a ajouté à sa lettre une missive qu’il a envoyé à Super Dupont, ministre des tribunaux et des prisons. Même s’il sait qu’il y a peu à attendre de ce côté là, il essaie de se faire entendre.

Le 07.12.2020

Bonjour l’équipe de l’Envolée,

Tout d’abord toute mes condoléances pour votre ami et co-fondateur. Je n’ose imaginer la peine et la difficulté d’une telle perte, mais au final une légende ne meurt jamais…

Je tiens à préciser que mon commentaire au sujet du délai de réponse n’est pas lié au temps, mais à la réponse qui m’était apporté combiné au temps.

J’avoue que lors de mon premier courrier, je n’avais pas conscience de ce que votre journal était vraiment. Puisque les explications du pote qui m’a parlé de vous, était du genre « ouai t’inquiète, ils sont là pour nous aider », je suppose que le ras le bol de ma condition carcérale à fait que j’ai préféré ignorer le côté journal et je suis resté focus au côté soutien…

Du coup quand j’ai percuté que vous risquiez de publier mes écrits. J’avoue avoir eu un coup de chaud puisque je dévoilais mon identité parce que j’hésitais à faire ça de manière anonyme… Mais bon c’est pas bien grave au final je suis assez content du résultat, votre manière de travailler est bienveillante…

Donc oui, je suis d’accord pour publier mes courriers. Franchement merci, ça m’a vraiment donné le sentiment d’exister pendant un instant, de ne plus être seul, d ‘avoir quelqu’un qui m’écoute.. Et si quelqu’un le souhaite, vous pouvez lui donner mes coordonnées.

Je vous joints le brouillon du courrier que j’ai envoyé au ministre Moretti, je pense que ça explique à peu près les conditions de détention et l’état d’esprit dans lequel je me trouve : combatif, mais dans le dialogue…

En tout cas. Merci de ce que vous faîtes, force à vous.

Et voici la lettre adressée au ministre :

Réponse à multiples demandes écrites.

J’attire votre attention par le présent courrier sur cette systématisation malsaine pratiquée par l’administration et souhaite que votre vigilance se porte sur l’incohérence et l’injustice d’une telle pratique afin que cette spirale soit enrayée car elle est une opposition injuste à la voie de la réinsertion et donc un reniement total des valeurs qui fondent et animent un état de droit, car comme nous le savons tous, jamais un état de droit, solide sur ses valeurs, ne permettra qu’un citoyen appliqué, investi et méritant (preuves factuel à l’appui), ne soit lésé de ses droits sur la base de suppositions et de doutes, au détriment du factuel.

Afin que vous preniez conscience de la réalité dans laquelle je vis, je suis libérable en 2048, c’est a dire à quand j’aurais 56 ans, suivi d’une peine additionnelle de 10 années de suivi sociaux judiciaire. Donc je serais officiellement libre a mes 66 ans.

Avec de telle condition de détention, sur une telle durée, que me reste-t’il comme espoir pour une réinsertion social positive ?

Suis-je toujours français ? Ai-je encore des droits ? Où tout simplement, suis-je encore un être humain ?

Suis-je toujours français ? Ai-je encore des droits ?

Où tout simplement, suis-je encore un être humain ?

Puisque tout mes échanges se font a travers la grille de ma cellule (aumônier, SPIP, Chef de bâtiment, etc.)

J’ai fauté lourdement, je l’ai reconnu et regretté amèrement, je purge donc ma peine, mais je fais des efforts et j’arrive a un stade ou j’ai besoin de sentir l’aide de l’administration pénitentiaire dans mon cheminement vers la rédemption et cela passe par des signaux certes faible, mais qui symboliquement pour moi signifient beaucoup et me montre que malgré l’horreur de mes erreur passée, on croit en moi et me donne une chance , alors je n’ai pas droit de recevoir, ma famille, mes enfants, et mon pays que je n’ai au final, jamais cessé d’aimer.

Dans l’attente d’un retour, qui je l’espère fera évoluer ma situation positivement. Monsieur le ministre, veuillez recevoir mes sincère salutation.

Bilal




Source: Lenvolee.net