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Il y a 47 ans, le 25 avril, au Portugal, une chanson de José Afonso, Grandola vila morena, donnait le signal du soulÚvement qui allait mettre fin à 48 ans de dictature et ouvrir la porte à une des révolutions les plus fortes du XXÚme siÚcle.

Pour saluer cet anniversaire, voici la traduction d’une autre chanson de ZĂ© Afonso, plus ancienne, mais qui n’a rien perdu de son actualitĂ©, au Portugal et ailleurs.

Dans le ciel gris, sous l’astre muet

Battant des ailes dans la nuit bùillonnée

Ils viennent en bande Ă  pas de velours

Pour sucer le sang frais du troupeau

Si l’on est trompĂ© par leur air sĂ©rieux

Et qu’on ouvre la porte à leur venue

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien

De toutes parts surgissent les vampires

Ils se posent sur les toits, se posent sur le pavé

Le ventre plein de vieilles dépouilles

Sans aucun souci de ces vies détruites

Ils sont les gĂ©rants de tout l’univers

Seigneurs par force, maĂźtres sans loi

Se goinfrant, buvant du vin nouveau

Dansant la ronde dans les forĂȘts du roi

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien

Au champ de peur tombent les vaincus

Leurs cris s’entendent dans la nuit Ă©tranglĂ©e

Gisant dans les fosses, victimes de leur foi

Et le sang du troupeau ne tarit pas

Si l’on est trompĂ© par leur air sĂ©rieux

Et qu’on ouvre la porte à leur venue

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien

No céu cinzento, sob o astro mudo

Batendo as asas pela noite calada

VĂȘm em bandos com pĂ©s de veludo

Chupar o sangue fresco da manada

Se alguém se engana com seu ar sisudo

E lhes franqueia as portas Ă  chegada

Eles comem tudo, eles comem tudo

Eles comem tudo e nĂŁo deixam nada

A toda a parte chegam os vampiros

Poisam nos prédios, poisam nas calçadas

Trazem no ventre despojos antigos

Mas nada os prende Ă s vidas acabadas

SĂŁo os mordomos do universo todo

Senhores à força, mandadores sem lei

Enchem as tulhas, bebem vinho novo

Dançam a ronda no pinhal do rei

Eles comem tudo, eles comem tudo

Eles comem tudo e nĂŁo deixam nada

No chĂŁo do medo tombam os vencidos

Ouvem-se os gritos na noite abafada

Jazem nos fossos, vĂ­timas dum credo

E nĂŁo se esgota o sangue da manada

Se alguém se engana com seu ar sisudo

E lhes franqueia as portas Ă  chegada

Eles comem tudo, eles comem tudo

Eles comem tudo e nĂŁo deixam nada

Écouter Les Vampires en V.O.





Source: Oclibertaire.lautre.net