Voilà c’est fait. Le grand jour de gloire citoyenne a eu lieu , le votard s’est mobilisé, plus d ’un électeur sur deux a participé à l’abattoir électoral. Dès l’annonce des résultats, tous les professionnels de la combinazione, les éditorialistes à la botte du pouvoir, les spécialistes du parler pour ne rien dire, les experts en discours creux et les riches en projets antisociaux : tous étaient là pour commenter ce fabuleux instant démocratique !

Moment magique au cours duquel se sont succédé à la tribune : la tenancière en chef du RN, un premier ministre véritable incarnation vivante de l’ennui , un grincheux et ses acolytes qui confondent insoumission et dépression et enfin le joyeux de service tout guilleret que son rôle de croque-mort de la planète lui ai rapporté douze pour cent des voix. Ces mêmes commentateurs qui appelaient hier les gilets jaunes à se « structurer » – c’est à dire à défiler au pas puis à se présenter aux élections – ont bien rigolé. Comme il s’était trouvé un chanteur des années 80, célèbre pour ses cuissardes de pêcheur pour prendre la tête d’une liste électorale de gilets jaunes, celle-ci a sombré dans le ridicule pour leur plus grande joie.

L’actuel chef de l’État, qui se donne des airs de Jean Moulin dès qu’il peut commémorer un épisode de la seconde guerre mondiale, ne se contente plus de nous faire passer des vessies pour des lanternes, voilà maintenant que lui et ses thuriféraires ont décrété que leur liste En Marche, bien qu’ à la deuxième place du classement électoral, était victorieuse ! Après cette resucée de la parabole biblique, il ne reste plus aux citoyens qu’à dire amen.

Cette messe venait à peine d’être dite que les gendarmes furent envoyés manu militari pour faire irruption chez des soignants en grève pour les ramener de force à leur travail. Comme quoi les cuistres qui nous dirigent peuvent bien se parer de toutes les vertus, ils prennent vite l’habitude de fouler aux pieds notre Liberté. Au nom de leur vision de la démocratie, tout protestataire sera diffamé, bâillonné et embastillé. Voilà comment ils s’attaqueront demain aux retraites et à l’assurance chômage. Ainsi, jamais la démonstration n’aura été aussi parfaite que le fait d’élire des représentants est l’assurance de perpétuer un système fondé sur l’injustice sociale.

Si on voulait que cela soit pire, on voit que ça valait la peine d’aller vote. À chaque élection, on nous le répète ad nauseam, on nous assène : « qu’ il y en a qui sont morts pour ça ». Si cela était vrai, ces pauvres morts- là seraient les plus grands cocus de l’Histoire !


Article publié le 13 Juil 2019 sur Cntaittoulouse.lautre.net