Dimanche 27 mars, 400 hooligans islamophobes agressent des gens aux abords de la Place de la Bourse. 15 personnes sont arrêtées.

Samedi 2 avril, 30 identitaires islamophobes manifestent de Dilbeek à Molenbeek. 7 personnes sont arrêtées.

Samedi 2 avril, 100 antifascistes se rassemblement contre la haine et la terreur Place de la Bourse. 100 personnes sont arrêtées. La plupart sans avoir ouvert la bouche ou lever la moindre pancarte, une partie sans être venue pour le rassemblement [1].

La méthode d’arrestation était particulièrement sournoise et consistait en une rafle silencieuse. En fait, de rassemblement il n’y a pas eu, les personnes se faisaient arrêtées une par une, un peu partout, avant que quoi que ce soit n’arrive.

Les rassemblements interdits le sont donc plus pour certainEs que pour d’autres.

Quand nous avons demandé pourquoi aux policiers, ils nous ont répondu que c’étaient les ordres qu’ils avaient reçu. Pourquoi ces ordres ? De qui ?

La promiscuité du commissaire de Bruxelles Vandersmissen avec l’extrême droite n’explique pas tout.

Nous sommes en train d’assister à un glissement de l’État répressif au service du fascisme.

Si la majorité du programme de l’extrême droite institutionnelle en Belgique est déjà appliquée par le gouvernement, c’est maintenant également avec la présence tolérée de néo-nazis dans nos rues qu’il va falloir compter.

Les forces dites de l’ordre sont incapables de nous protéger, et le 22 mars n’est venu que le confirmer. Par contre, ces mêmes forces s’empressent de nous enlever les droits élémentaires de réunion et d’expression.
Quand l’État nous enlève des droits et que cela ne créé pas de remous, il ne nous les rend pas. Et cette question est plus importante encore que la présence tolérée nazillarde.

Hier, un groupe continuait à jouer de la musique en tournant le dos aux arrestations arbitraires, discrètes, systématiques, dispersées, sous le seul délit de sale gueule, une personne par une [2] – jusqu’à ce qu’un groupe se rassemble sur les marches pour huer la scène et lancer des slogans, avant de se faire arrêter. Comme si cela ne les concernait pas.

C’était d’une rare violence, et il s’agit certainement de notre plus grande faiblesse. Le manque de présence, d’ancrage dans la situation.

Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles.

Heureusement, la population de Molenbeek s’est mobilisée (400 personnes) et le quartier à repoussé l’agression. Une centaine d’entre elles a été empêchée par la police de se diriger vers la Place de la Bourse. 35 adolescents hommes ont été arrêtés et emmenés dans les casernes où nous étions enfermés et enfermées.

Ce texte n’appelle pas à des revendications, mais à prendre la pleine mesure de la situation.

Des arrêtéEs.


Notes

[1Si les identitaires rassembléEs dans un pub au coin de la place n’ont pas été dérangéEs (justification de la police : « nous ne pouvons pas intervenir pour un rassemblement dans un lieu privé »), plusieurs dizaines de personnes installées à la terrasse d’un autre café ont été embarquées. De même, plusieurs fascistes ont provoqués de la place les personnes installées dans le bus de la police, sans que cette dernière ne les inquiète le moins du monde.

[2Il serait utile d’avoir des images de la méthode d’arrestation utilisée par la police hier, avant et après les slogans sur les marches. Merci de les poster ici si vous en avez. Cela n’apparaît pas dans les images utilisées par les médias. Certaines sont déjà fournies par Zin TV : https://vimeo.com/161361196