Décembre 4, 2021
Par Contrepoints (QC)
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«Nous bloquerons des infrastructures de transport essentielles à l’économie canadienne tant que la GRC sera sur le territoire des Wet’suwet’en et que la construction du gazoduc Coastal GasLink se poursuivra», a déclaré une des participantes au blocage, Marianne Côté. 

Le blocage est organisé par un groupe d’allochtones allié·e·s des peuples autochtones défendant leurs territoires de la violence coloniale et de la destruction industrielle. «C’est important que des allochtones prennent des initiatives pour répondre à l’appel à la solidarité avec les Wet’suwet’en et perturbent la vie économique et politique canadienne sans répit », poursuit Marianne Côté. Les mouvements de lutte contre les changements climatiques et de défense de territoires doit s’allier aux peuples autochtones qui défendent leurs territoires de manière urgente. 

Dans les dernières semaines, la GRC a violemment arrêté 34 défenseur·e·s de la terre qui protègent les eaux de la rivière Wedzin Kwa de la construction du gazoduc de CGL. Ce faisant, le Canada commet un acte d’invasion coloniale sur le Yintah qui est sous jurisdiction Wet’suwet’en. Depuis 2017, la GRC a mis en place l’unité spéciale C-IRG, le Community-Industry Response Group, qui vise à protéger les projets d’extraction de ressources et qui répond à la résistance des communautés à ces projets destructeurs. C’est cette unité qui a été déployée à Fairy Creek et au point de contrôle du clan Gidim’ten. La création du C-IRG démontre clairement la connivence de l’État canadien avec les industries extractives dans le projet colonial d’appropriation des territoires autochtones et d’exploitation de ressources naturelles.

Les chefs traditionnels de la nation Wet’suwet’en n’ont pas donné leur consentement au passage du gazoduc sur leur territoire. Ils ont remis un avis d’éviction en janvier 2020 aux travailleurs de Coastal GasLink, que des membres de la nation ont fait appliquer le 14 novembre dernier. La construction du gazoduc Coastal GasLink menace présentement la rivière Wedzin Kwa qui est la source de vie pour tout le territoire. La Wedzin Kwa permet ainsi aux Wet’suwet’en de maintenir une relation vivante avec leurs pratiques et leurs savoirs traditionnels, de même qu’avec les histoires et la sagesse de leurs ancêtres. Elle contient le passé, le présent et l’avenir de tous ceux qui vivent avec et grâce à elle. La destruction planifiée de la Wedzin Kwa participe au génocide canadien envers les peuples autochtones, au même titre que les écoles résidentielles où, dans les derniers mois, ont été retrouvés plus de 7000 sépultures d’enfants autochtones. 




Source: Contrepoints.media