Juin 1, 2021
Par Rouen Dans La Rue
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À Avignon, Nantes, Paris, Toulouse, Rouen et ailleurs, les poubelles publiques débordent et les cantines scolaires ferment. Dans les services des espaces verts, les bêches restent à l’atelier.

Un peu partout en France, les agents territoriaux des mairies crient leur colère alors qu’on leur demande de travailler toujours plus. Dernier cadeau du gouvernement, la « loi de transformation de la fonction publique » promet un avenir des plus sombres. Derrière cette novlangue technocratique, ce sont 5 jours de congés en moins, la suppression de RTT, des journées plus longues, et le passage aux 40 heures qui attendent les employés.

À Rouen, la grève engagée depuis le 25 mai reste peu couverte par les médias. Il suffit pourtant de constater l’amoncellement de déchets qui débordent des corbeilles publiques pour s’en apercevoir.
La Mairie tient sa part de responsabilité. Cette loi, bien que nationale, est mise en place par les collectivités, ces dernières étant les seules maîtresses de leur application.
Mardi 1er juin, après six jours de grève et le blocage du centre technique Charlotte Delbo dans le quartier des Chartreux, un rassemblement était organisé devant l’Hôtel de Ville. Les 300 manifestants apportaient leur soutien à la délégation reçue dans l’après-midi par M. Mayer-Rossignol.

« Les masques tombent »

Devant l’imposant bâtiment, beaucoup sont déçus de la position de la nouvelle municipalité et l’agacement est palpable. Élue sur un programme de gôche, la Mairie n’a pas attendu un an pour dévoiler son vrai visage. Après quatre heures à s’accrocher à ses positions lors des négociations de la veille, elle s’était bornée à exiger la levée du blocage, condition sine qua none à toute négociation.

Non contente de faire la sourde oreille, la municipalité n’hésite pas à passer à l’offensive. Dans certains quartiers, elle fait appel à des sociétés privées pour l’enlèvement des déchets. Au centre Charlotte Delbo, ce sont carrément des huissiers qui viennent exiger le retrait de banderoles. M. de Montchalin, élu municipal – et président de la libraire l’Armitière – s’est carrément payé le luxe de venir menacer les grévistes sur leur piquet.

Entre le mépris des institutions municipales et leur propension à ne percevoir les agents territoriaux comme de simples variables d’ajustement, les grévistes sont plus que jamais déterminés à lutter pour leurs droits.


Note de la rédaction 
Malgré les intimidations de M. Bruno Ricque de l’UD-CGT et les menaces physiques de ses sbires à l’encontre de notre équipe, nous voudrions leur faire savoir que, quoi qu’il arrive, nous continuerons à couvrir les luttes sociales et politiques en région rouennaise.
Que nous n’avions pas à nous justifier de son accusation que nous jugeons aussi stupide que ridicule et qui, au passage, dénotait de la plus profonde ignorance des réalités politiques de notre monde. 
Que devant l’agressivité de certains envers notre média, il est désolant de voir certaines de ces mêmes personnes s’adresser sans broncher à des médias notoirement acquis au pouvoir, voir ouvertement fasciste. [Cf reportage de Vincent Lapierre durant Lubrizol]
Nous n’avons pour notre part aucune rancune à entretenir envers qui que ce soit. Rouen dans la Rue continuera donc avec force et conviction à documenter les combats sociaux, dans l’intérêt des travailleurs et des travailleuses, ainsi que les toutes les autres luttes locales.



Source: Rouendanslarue.net