Novembre 20, 2020
Par Expansive
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Mais Rennes est aujourd’hui la ville qui restreint l’accès aux transports publics en installant des portillons sur ses lignes de métro. Nous, organisations politiques, associations écologistes, syndicats étudiants, nous associons au collectif On Existe, réunissant des personnes en situation de handicap, dans leur lutte contre l’installation des portillons, prévue le 1er décembre.

Ces portillons, nos camarades de On Existe les ont testés : c’est l’entrave, la discrimination, l’engorgement assuré et donc le contraire de la distanciation physique exigée aujourd’hui. En effet, une partie des usagers·es ne peut pas franchir ces portillons. Celles et ceux qui le peuvent sont ralenti·e·s et les retournements engorgent le peu d’espace entre ascenseur et portillon. Ce n’est pas du tout ce qui était promis par Rennes Métropole en 2015 lorsque le collectif On Existe s’est manifesté en listant de manière précise les besoins des usagers·ères porteurs·euses de handicap.

Nous souscrivons également à l’alerte exprimée par la CGT et UGICT-CGT Keolis sur le risque sanitaire posé par l’inauguration de la nouvelle billettique au 1er décembre.

Par ailleurs, si la Métropole a annoncé la gratuité pour les moins de 12 ans et des tarifs réduits de 25 % pour les jeunes de moins de 26 ans, elle continue à creuser les inégalités financières, géographiques et empêche des personnes porteur·euses de handicap de pouvoir accéder aux transports comme les autres.

À quoi et pour combien de temps serviront donc ces portillons ? La Métropole devra s’acheminer (comme beaucoup d’autres villes) vers la gratuité des transports pour répondre à l’urgence sociale et écologique, comme en parlait la candidate socialiste pendant la campagne. Pourquoi la majorité actuelle, qui porte pourtant l’objectif de gratuité universelle, n’a-t-elle pas choisi en conséquence de renoncer à la mise en place des portillons dans le métro de Rennes ?

Quelle est la logique économique d’un tel investissement, alors que la Ville travaillait à se rendre de plus en plus accessible matériellement et socialement ? Officiellement, il s’agit de lutter contre la fraude, autrement dit faire une fois de plus du profit sur les plus démuni·e·s. Et ceci, alors même, que la Cour des comptes régionale pointe l’excessive rentabilité pour Keolis.

Cette lutte contre la fraude rapporterait 4 millions d’euros par an. La mise en place des portillons a coûté 7,5 millions d’euros. Au mieux, on passera de 10 % à 7 % de fraudeurs·euses et les « chasser » aura un coût, financier, social et écologique. Seule la gratuité peut endiguer la fraude ! Ces portillons ne sont qu’une incitation à utiliser la voiture, et ne servent qu’à faire augmenter les dépenses des plus pauvres.

Au vu de ces éléments, nous demandons ensemble que Madame la Maire et présidente de Rennes Métropole annule ou, au minimum, reporte la mise en service des portillons et réponde aux interrogations des habitants·es lors d’une réunion publique, à l’issue du reconfinement ou en distanciel.

Les signataires :

Mouvement des Jeunes Communistes de France 35 Collectif On existe

Jeunes Génération∙s 35

Jeunes Insoumis∙es 35

Section PCF Rennes Métropole

PRCF 35

UCL 35

Extinction Rebellion Rennes

Youth for Climate Rennes

Attac Rennes

Union Pirate




Source: Expansive.info