L’ambiance en France est de plus en plus rance.

Un pompier de la caserne qui, visiblement, et selon sa hiérarchie, « pensait bien faire [et] d’appliquer la loi de bonne foi » a mis un terme à la sortie scolaire d’une classe de maternelle, car les accompagnatrices portaient un hijab.

Cette histoire illustre l’état d’esprit nauséabond qui plane dans les institutions étatiques où le racisme d’État — et son corolaire l’islamophobie — se fait de plus en plus visible et assumé, encouragé par la production d’un discours raciste à tous les niveaux.

Les pompiers dans la société

Contrairement à l’image des flics qui n’est plus rattrapable, les pompiers possèdent encore un capital de sympathie fort auprès de toutes les classes de la société. Contrairement aux flics, les pompiers ne sont pas des professionnels de la répression. Et contrairement aux flics, lorsqu’ils manifestent pour conserver leurs droits et leurs acquis sociaux, les pompiers font face, comme n’importe quel travailleur, à la violence de l’État et de son bras armé.

Mais il ne faut pas s’y tromper. On voit de plus en plus les pompiers faire le supplétif des flics lors des manifestations. Le corps des pompiers, comme n’importe quelle institution étatique, baigne dans une ambiance de racisme, de virilisme, d’homophobie bref de toute la culture violente de l’État bourgeois.

La radicalisation de l’État et son orientation de plus en plus ouverte vers l’extrême droite porte en lui les prémisses pour une fracturation nette de la société. Si aujourd’hui cette affaire de caserne s’est terminée dans « l’apaisement », cela ne change en rien les phénomènes sous-jacents qu’elle révèle : à savoir la bureaucratisation du racisme, incarnée dans l’islamophobie, comme outil de domination pour encadrer et réprimer la classe ouvrière racisée.


Article publié le 17 Oct 2019 sur Paris-luttes.info