Le coco de paimpol (haricot blanc en grain) bénéficiant d’une AOC se récolte un peu partout dans le trégor de juillet à fin octobre.

Quest ce qu’ un-e plumeur-e de coco ?

C’est un saisonnier-e à temps plein ou partiel, qui ramasse les plants , retire les gousses et les mets dans des bacs autrement dit un-e ramasseur-euses de coco. La récolte est ensuite pesée par l’agriculteur qui envoie ses précieux légumes à l’UCPT de paimpol.

Durant des décennies et sous prétexte de tradition et de patrimoine culturel, ce travail était rémunéré au poids de cocos récoltés. Par des retraité-es pour améliorer leur fin de mois, des jeunes ( parfois même pas majeurs) pour gagner un peu d’argent de poche et enfin des ouvrier-es agricole saisonnier-es n’ayant pas d’autres choix pour gagner un peu de fric. Les employeur-euses trop content-es de cette main d’ oeuvre bon marché respectaient scrupuleusement la tradition …

En 2016 suite à des scandales (1) et des plaintes déposées à la DIRECCTE bretagne (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ainsi qu à la CGT de Guingamp et Lannion, se sont entamées des négociations (2)sur la rémunération, les conditions de travail et d’hébergement des plumeur-euses.

Depuis 2017 la législation a donc évolué.

Mais certains employeurs continuent de détourner la loi !

Ce que dit maintenant la loi en date de juillet 2018 

rémunération :

vous êtes rémunéré-es à la tâche, soit au poids de kg récoltés. Le salaire brut à l’unité (kg de coco récoltés) est calculé sur la base du SMIC auquel est incluse l’indemnité de congés payés, par référence à une journée de 7 h pour un rendement de 120kg (soit 17,142 kg pour 1 heure) pour 2018, le salaire brut au kg était de 0,634€.

Mais toute rémunération ne peut être en dessous du SMIC, les salaires rémunérés à la tâche ne peuvent jamais être inférieur à ceux qui auraient été perçus si le salarié avait été rémunéré au temps.

Explication :

Le poids que te demande de récolter ton employeur-e et pour lequel tu as signé un contrat de travail, n’est qu’une indication et non une obligation.

  • Tu travailles 7 h est arrives à faire 120 kg pour ces 7 h tu dois percevoir le SMIC.

    Au delà des 120 kg ceci doivent être rétribués et ramenés à l’heure majorée puisque ce sont des heures supplémentaires.

  • Tu as un contrat à temps partiel par exemple de 25h ton employeur te demande de récolter 80kg au delà des 80 kg même calcul que pour au delà des 120 kg.

  • L’employeur doit tenir un relevé de poids journalier de ce que tu as ramassé sur lequel sera noté le nombre d’heures effectuée dans la journée, le tout signé quotidiennement de ta part. Il doit te remettre ces relevés journaliers avec ta fiche de salaire.

Le contrat de travail :

bien souvent les emplois saisonniers en agriculture son déclaré en TESA à la msa, le TESA ne se substitue pas au contrat de travail, sur lequel doit figurer entre autre :

  • la date d’embauche

  • durée du contrat (si à terme imprécis, c’est la date de fin de la récolte dans la région environ jusqu’à fin octobre). Une clause peut être ajoutée, interruption de travail pour immaturité des plants, l’employeur-e est obligé de te fournir du travail. S’il te dit de rester chez toi pour immaturité et ne te rémunère pas ces heures c’est illégale, les heures durant lesquelles tu ne travailles pas doivent être rémunérées. Dans le cas contraire on te conseil de lui envoyer une lettre avec AR lui demandant la date et heure exacte de reprise de travail. Il pourra te demander de rattraper les heures qu’il ou elle t’ aura payé mais ne peut pas te tenir à sa disposition.

  • le nombre d’heures pour lequel tu es embauché-es

  • les horaires de début et fin de travail dans le champs

  • le montant de la rémunération.

On te conseille fortement de lire, relire ou exiger d’avoir ce contrat de travail car certain-es le font signer à la va vite et ne le remettent pas au salarié-es.

Hébergement : dans les côtes d’ armor l’hébergement en tente est illégal, le logement fourni par l’employeur-e doit être aux normes.

Santé et sécurité au travail : l’employeur est tenu de te fournir des gants, une chaise, de l’eau potable.

Nous avons été parmi celles et ceux qui avons fait des journées de 10 h dans le champs pour un contrat à temps partiel, nous ne connaissions pas nos droits. La nécessité de trouver un boulot par manque de fric, la pression mise sur les chômeur-es d’accepter n’importe quoi , tous les précaires connaissent bien ça … On s’est retrouvé aux côté de travailleur-s roumain-es, georgien-es venues bosser pour la saison et que cette tradition du coco de paimpol avec son AOC perdure. Cependant nous sommes encore des privilégié-es, nous parlons et comprenons le français et savons où nous adresser pour faire valoir nos droits, ce qui n’est pas le cas des roumain-es et géorgien-es qui ne savent même pas que l’inspection du travail existe. Elles et Eux ce sont des 150 kg de cocos qu’elles et ils récoltaient avec des plus de douze heures passé dans le champs, les 40kg payés de la main à la main pour ne pas avoir à payer d’heures sup. C’est une « mafia » qui recrute chez eux, arrivé-es ici leur recruteur-es joue les interprètes, négocie et les taxe sur ce qu’elles et ils auront gagné, l’esclavage des temps moderne. …

Dernièrement dans un marché quelque part dans le tregor nous avons vu sur un stand le kg de coco à 2€20 à ce prix là combien de ramasseur-es plumé-es ?

Saches qu’en cas de litige avec un ancien employeur tu as 3 ans passé la date de ta fin de contrat pour saisir la direccte, ça peut se tenter. Les employeurs peu scrupuleux n’aiment pas trop qu’on vienne mettre le nez dans leurs magouilles et dis toi bien que tu peux gagner. C’est pas facile, ils et elles essayent en général de t’avoir à l’usure ou au sentiment, « si je dois payer ça je vais mettre la clef sous la porte », y a pas de copinage quand tu défends tes droits, ton fric ils et elles te le doivent et tu as trimé pour ça, ne renversons pas les rôles.

Les saisonnier-es une fois la saison terminée se retrouvent souvent démuni-es et seul-es face à ces problèmes.

Nous souhaitons que ces pratiques lamentables cessent et pensons que la solidarité est notre arme.

Des plumeur-euses bien décidé-es à stopper le plumage.

Contact : chardondeschamps(at)riseup.net

  1. le télégramme 15 juillet 2016 : coco de paimpol, des saisonnier avec ou sans toit

    https://www.letelegramme.fr/bretagne/coco-de-paimpol-avec-ou-sans-toit-15-07-2016-11148276.php

  2. le télégramme 24 décembre 2016 : coco de paimpol, la cgt prête au bras de fer sur la rémunération

    https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/guingamp/coco-de-paimpol-la-cgt-prete-au-bras-de-fer-sur-la-remuneration-24-12-2016-11343702.php

réglementation du travail applicable aux salariés saisonniers du coco de paimpol.Directee bretagne


Article publié le 10 Sep 2019 sur Nantes.indymedia.org