Retours personnels sur la manifestation du 25 novembre

voir aussi ce retour plus collectif du camé

La tentative a été faite de faire la manifestation mixte, sans doute en se disant qu’en ces moments difficiles niveau répression/covid/énergie et santé mentale, c’était une façon de s’assurer qu’il y ait plus de monde.

Si sans trop d’hésitations au départ cette idée ne m’a pas semblé absurde (c’est une grande date du féminisme, il faut faire masse bla bla bla), la manifestation m’a prouvé que l(a plupart d)es hommes sont comme des enfants qu’on ne ramènera plus avec nous au restaurant parce qu’il ne savent pas se comporter. On essaye de vous respecter mais tous les jours vous devez trouver des moyens de nous rappeler que vous n’avez pas compris même ce qui devraient être des évidences .

Lorsque vous êtes dans un manifestation féministe, ce n’est pas votre manif, même si vous êtes en manque en cette période ou que vous avez très envie de vous opposer a la situation répressive actuelle (pour cela il y a d’autres rendez-vous). Tout un tas de documents sur internet expliquent comment être un « bon allié » des luttes féministes, c’est-à-dire comment faire le minimum syndical, qui se résument assez bien avec « ta gueule » et « écoute »*. Je ne vous referai pas la leçon sur pourquoi nous les femmes et minorités de genre on a besoin d’utiliser ce genre de moments pour se donner de la force et hurler nos vécus communs.

Ce qui est insupportable, c’est d’avoir des hommes cis qui accaparent un mégaphone, qui s’autorisent a donner des consignes sur ou se placer aux femmes autour d’eux, voire qui lancent a plusieurs un « Siamo Tutti antifascisti » ou qui chantent Bella Ciao en couvrant d’autres voix au milieu de la manif. Déjà épargnez-nous, ne lancez pas de slogans, mais alors ça aurait pu au moins être en rapport (bien que je ne contredis pas l’importance de la lutte antifasciste en général et que je n’ai rien contre l’italien). Il m’a semblé même entendre un groupe chanter du Brassens… Tout cela sans oublier les hommes cis qui continuaient à être présents en tête de la manif alors que ça avait été dit dans plusieurs prises de parole que ce n’était pas leur place, et que par ailleurs ça semblait assez évident.

On ne devra pas avoir besoin de vous rappeler de ne pas occuper l’espace, de ne pas prendre la place, d’être conscient de votre positionnement dans l’espace dans ce genre de moments. De nous laisser respirer sans vous un peu.

Ce genre d’attitudes sont allées en crescendo et ont abouti au départ d’une (courte) sauvage mixte, qui était sympa mais qui aurait eu beaucoup plus de gueule si elle avait été en non-mixité.

Est-ce qu’on aurait été moins nombreuses ? Pas sur, vu comment des copines en ont eu marre de vous et ce sont sans doute barrées avant à cause de ça.

En tout cas, merci aux personnes qui ont participé à rendre cette manif si émouvante, aux organisateurices parce que c’était cool quand même. Merci aux prises de parole anticarcérales, décoloniales, merci au collectif trans toulousain. Et grosse pensée pour la marche non-mixte de l’année dernière et toute son énergie. C’est chiant de devoir se retrouver à parler des hommes !

Crève le patriarcat !




Source: Iaata.info