Car une crainte est énoncée, celle d’un « carnage ». En effet, « ce 1er mai, il y aura plein de GJ dont ce sera le premier 1er mai et rien ni personne pour coordonner, pour penser tactiquement ce qui va se passer. » Alors, une réponse au moins est claire : il s’agit de ne pas répéter le 1er mai 2018 : « on n’est pas passé loin de la catastrophe. » Donc, l’histoire du 1er mai précédent est revisitée : « l’année dernière, au niveau du pont d’Austerlitz, nous ne sommes vraiment pas passés loin. » Et donc, c’était quoi, l’année précédente ?

  • « Un black block qui ne sait pas quel usage faire de sa force par défaut de réflexion, par absence de tactique. »
  • « Le black bloqueur comme éjaculateur précoce, incapable de retenir son petit pavé, son petit cocktail Molotov, pressé de vite faire usage de son burin pour s’en débarrasser dans la Seine. »

« Éjaculateur précoce » est celui qui ne sait pas faire bon usage de sa bite. Normalement, il en souffre, ou en tous cas, il s’en plaint et cherche à en guérir. Sauf à faire l’hypothèse d’un sadisme, d’une jouissance que l’« éjaculateur précoce » aurait à frustrer sa partenaire ou son partenaire. Est-ce que cela se produit par « défaut de réflexion », par « absence de tactique » ? On ne sait pas bien si un symptôme a une seule et même signification chez tous les individus qui l’auraient en partage. A priori, non. Bref.

En tous cas, avec la question de son bon usage, ou de son mauvais usage, la bite est un signifiant majeur opérant pour les trois émeutiers qui se confient à lundimatin (site et magazine officieux des apellistes francophones – phrase censurée sur le mutu paris lutte info !) .

« Le black bloqueur […] pressé de vite faire usage de son burin pour s’en débarrasser dans la Seine ». Oui, parce qu’il aurait fallu durer un peu plus longtemps, lors du précédent 1er mai, afin que l’émeute soit plus intense, plus forte. Si on n’avait pas joui si tôt, en cassant le MacDo, alors on aurait pu attaquer, plus loin sur le parcours, un « bâtiment de la police » : « l’un des objectifs les plus symboliques du parcours », un symbolisme qu’avaient en tête les trois émeutiers, sans doute pour « coordonner » et « penser tactiquement ce qui va se passer ».

Est-on surpris de constater que le masculinisme trouve dans ce magazine, sans aucun encombre, une voie d’expression parfaitement assumée  ?

Ce sont les mêmes émeutiers qui pensent l’émeute avec leur bite et qui te disent quelle position tu dois adopter, par exemple, un 1er mai 2019 dans la rue : la position qu’ils ont choisie pour toi est celle qui leur convient le mieux. Leur bon plaisir de coordonner et penser tactiquement ce qui va se passer. En bergers ou en serpents, ils te disent : laisse-toi guider, on sait faire. Tu vas voir, on est très bons. Non.

Non !


Article publié le 22 Mai 2019 sur Nantes.indymedia.org