Mai 19, 2021
Par Bure Bure
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Nous republions ci-dessous un tribune publiée par des soutiens germanophones et trouvée sur Indymedia Nantes (nantes.indymedia.org/articles/55870).

Début juin aura lieu à Bar-le-Duc (55) l‘audience de sept antinucléaires mis·es en examen par la justice francaise pour „association de malfaiteurs“, participation à des attroupements violents et détention „d‘explosifs“. Une mobilisation pour accompagner le procès – et en faire celui du projet CIGEO – est en cours. De nombreuses actions créatives et des rassemblements critiques sont prévus dans la ville haute.

CIGEO nous concerne tou·tes

À Bure, à moins de 200 kilomètres des frontières allemandes, suisses et luxembourgeoises, à mi-chemin entre Bâle et Paris, l‘industrie nucléaire francaise prévoit l‘enfouissement „final“ de dizaines de milliers de mètres cubes de déchets radioactifs  dans un grand trou à 500 mètres de profondeur.

Malgré une résistance tangible dès le début du projet, chaque participation démocratique devient une farce, la contestation acharnée est ignorée et beaucoup d‘argent est employé pour acheter les consciences. De plus en plus d‘actions radicales se sont enchaînées à partir de 2015, ce qui entraina une surveillance et répression policière spectaculaire contre les antinucléaires. Le site d‘enfouissement projetté investi par les opposant·es a été expulsé le 22 février 2018 après un an et demi d‘occupation.

Après de nombreuses perquisitions, des interdictions de se rendre sur place, des peines d‘emprisonnement, des interdictions de rentrer en contact et des interdictions de quitter le territoire national, une enquête ayant entre-temps visé douze personnes s‘est achevée en décembre 2020. Début juin, ce sont sept inculpé·es qui devront se présenter devant le tribunal. 15.000 pages de dossier et des dizaines de milliers d‘heures d‘écoutes sont sensés prouver leur penchant crimminel et menacent nos camarades de nouvelles sanctions.

Nous contre l‘État nucléaire

L‘utilisation de l‘énergie nucléaire et la résistance contre l‘enfouissement des déchets est un sujet primordial pour la gauche radicale allemande depuis des décennies. La soi-disant „sortie du nucléaire“ a mené à un affaiblissement de la résistance depuis dix ans maintenant – à tort. Car l‘Allemagne continue de produire des combustibles, est impliquée activement dans le développement des EPR, porte la convention Euratom et veut également  se „débarrasser“ de ses 30.000 m³ de déchets HA-VL dans un grand trou.

Les luttes passées de Brokdorf, Kalkar, Grohnde, Wackersdorf et Gorleben ne sont pour autant plus à effacer de notre mémoire politique. Pendant des dizaines d‘années ces confrontations ont impregné l‘histoire de la politique écologiste allemande. L‘échec de Gorleben en tant que centre d‘enfouissement à l‘automne 2020 devrait nous conforter dans cette résistance: la pluralité du mouvement a réussi à empêcher ce projet fou après 43 ans.

Mais aujourd‘hui, des transports continuent de silloner le pays. L‘industrie allemande produit intensément et soutient le pouvoir politique avec tout le nécessaire à la persistance globale de cette technologie mortifère. Nous en sommes aujourd‘hui à un point où l‘énergie nucléaire, extraite à l‘aide de charbon et transportée avec des locomotives et paquebots au diesel depuis d‘anciennes colonies est discutée comme option pour contrer le changement climatique. Mais le nucléaire reste l‘expression d‘une chaîne économique antisociale, destructrice de l‘environnement, coloniale et mortelle, sans réel plan pour les risques engendrés à long terme.

Nous ne pourrons jamais oublier les puissantes contestations dans les Wendlandes, le long des grilles et sur les rails, et nous devrons faire tout notre possible pour rester une épine dans le pied de l‘industrie nucléaire. La sortie du nucléaire mensongère, les transports à venir et surtout la recherche d‘un nouveau centre d‘enfouissement pour l‘Allemagne prévu dans la décade à venir, ainsi que les sites dans les pays voisins, devront continuer de nous mobiliser.

L‘État nous vise tou·tes

Il y a un peu plus de dix ans, les enquêteurs traquaient les camarades de Tarnac. L‘enquête qui portait à l‘origine sur la formation d‘un groupe „terroriste“ s‘est évaporée après une décennie. Pourtant le contrôle et la répression ont fonctionné. La solidarité internationale fût au rendez-vous lors de cette procédure et cette solidarité est de nouveau demandée aujourd‘hui. Mais cette criminalisation outrancière est loin de se limiter à la menace du mouvement antinucléaire.

L‘“association de malfaiteurs“ peut être comprise comme outil de l‘état autoritaire, qui, en dessinant l‘image d‘un ennemi de gauche à l‘intérieur, abuse et étend le droit infiniment.
Ainsi ces enquêtes servent avant tout à intimider et à pouvoir surveiller, comme l‘ont montrées les procédures menées contre la [mg] (Militante Gruppe/groupe antimilitariste) ainsi que les enquêtes récentes en Allemagne. Le contrôle judiciaire, comme celui de la procédure contre les militants de Bure anticipe de possibles jugements par une punition préventive.

Dans toute l‘Europe nous pouvons observer l‘utilisation de cet outil contre des militants, qui aux yeux du pouvoir devraient payer pour notre résistance légitime. Récemment de nouvelles perquisitions et arrestations ont vu le jour, que ce soit à la suite du G20 de Hambourg ou à des interventions antifascistes nécessaires : le §129 est utilisé de manière inflationnaire et a pour but de briser la résistance contre le système capitaliste et les velléités autoritaires des gouvernements et des menaces par la droite radicale.

Mais nous ne nous laissons pas intimider et déclarons le combat à l‘état bourgeois et à sa justice. Que ce soit dans le monde virtuel ou dans la rue. Que ce soit contre les nazis, les organes répressifs ou contre la mafia industrielle: nous sommes solidaires avec nos complices et nous ne nous laisserons pas diviser. La lutte de Bure appelle au soutien des camarades accusé·es à la place de nous tou·tes.

Pour la mise hors circuit de toutes les installations nucléaires dans le monde entier !

Pour l‘abandon des procès de Bure !

Nous sommes tou·tes des „malfaiteurs“ – wir sind alle § 129!

Wir sind alle LinX! – campagne contre la criminalisation de l‘antifascisme (WSAL), Anti-Autoritäre Anti-Atomkraft-Allianz in spontaner Zusammensetzung / alliance antinucléaire antiautroitaire en composition spontanée (A5isZ), Meßstelle für Arbeits- und Umweltschutz – Bremen / groupe de recherche sur la protection écologique et du travail (MAUS), Systemopositionelle Atomkraft Nein Danke, groupe antinucléaire (SAND), Anarchist-Black-Cross (ABC) Suedwest, Autonomes Zentrum KTS Freiburg, Redaction du magazine ‚anti atom-aktuell‘ (aaa), Ermittlungsausschuss / legal team Hamburg, Dannenröder Wald – Keine A49, Plenum Rote Flora / centre autonome à Hamburg, Anti-Knast Gruppe / groupe anticarceral de Freiburg, Criminals for Freedom C4F, 129a-Solikreis / groupe de soutien contre l‘enquête antiterroriste Frankfurt, LU15, projet d‘habitation Tübingen, Rote Hilfe e.V. / association fédérale d‘antirepression




Source: Bureburebure.info