AprÚs les grÚves et les protestations des livreurs de nourriture en Chine continentale le mois dernier, les livreurs de Hong Kong ont organisé une manifestation devant le siÚge de Foodpanda le 15 juillet dernier.

Les livreurs brandissaient des slogans tels que « Foodpanda sans vergogne Â» et « Remboursez mon argent durement gagnĂ© Â», tandis que sept reprĂ©sentants des travailleurs cherchaient Ă  nĂ©gocier avec la direction de l’entreprise. Les livreurs ont dĂ©clarĂ© qu’ils avaient eu recours Ă  l’action collective aprĂšs que la direction de l’entreprise ait refusĂ© de rĂ©pondre Ă  leurs demandes de rĂ©munĂ©ration Ă©quitable et d’amĂ©lioration de leurs conditions de travail.

Foodpanda est l’une des trois sociĂ©tĂ©s de livraison de nourriture les plus importantes Ă  Hong Kong, avec Deliveroo et UberEats. Selon ses livreurs, Foodpanda a continuellement baissĂ© les montants payĂ©s Ă  chaque commande livrĂ©e pendant la pandĂ©mie et acceptĂ© davantage de livreurs, ce qui fait que les livreurs se voient attribuer moins de commandes et gagnent bien moins que le salaire horaire minimum lĂ©gal de Hong Kong, qui est de 37,50 HK$ [4,10 euros].

Les livreurs avaient cinq revendications : l’augmentation du taux de base pour la livraison des commandes, l’installation d’un mĂ©canisme de plainte pour les taux d’acceptation des commandes, l’arrĂȘt des rĂ©siliations dĂ©raisonnables des contrats avec le personnel, la fin du systĂšme de paiement Ă  la livraison [le livreur remet les espĂšces Ă  la sociĂ©tĂ© qui enregistre le paiement et commet des erreurs ce qui diminue la part revenant au livreur. NdT.] et l’augmentation de la couverture d’assurance contre les accidents personnels.

Pendant quatre heures de nĂ©gociations, la direction a refusĂ© d’accepter toute demande ou d’organiser une autre rĂ©union.

Foodpanda a activement tentĂ© de dissuader ses employĂ©s de s’organiser. Au lieu d’écouter les prĂ©occupations des travailleurs, la direction de Foodpanda aurait infiltrĂ© les groupes de discussion des livreurs, et lorsqu’ils exprimaient leurs frustrations Ă  l’égard de l’entreprise, ils Ă©taient licenciĂ©s dans les deux heures qui suivaient le post de leurs commentaires.

À la suite d’une grĂšve de livreurs en septembre 2020, Foodpanda a accĂ©dĂ© Ă  certaines des demandes des pour plus de transparence. L’entreprise a acceptĂ© d’annoncer les frais de service une semaine Ă  l’avance et d’amĂ©liorer le service clientĂšle. Elle s’est toutefois rĂ©servĂ© le droit de modifier les taux de paiement et a maintenu une condition – mise en Ɠuvre en juillet de la mĂȘme annĂ©e – selon laquelle si l’acceptation des commandes [par les livreurs] tombait en dessous de 85 %, elle plafonnerait les tarifs Ă  20 HK$ [2,19 euros] pour les livraisons Ă  pied et Ă  30 HK$ [3,28 euros] pour les livraisons Ă  moto et Ă  vĂ©lo.

Un chauffeur-livreur qui opĂ©rait dans le quartier populaire de Tin Shui Wai, dans les nouveaux territoires de Hong Kong, avait une longue liste de plaintes. Il a dĂ©clarĂ© Ă  China Labour Bulletin qu’il avait utilisĂ© son propre argent pour acheter son vĂ©lo, son casque et son uniforme. De plus, l’algorithme de calcul d’itinĂ©raire de Foodpanda ne tient pas compte des dĂ©tours et des cĂŽtes, a-t-il dit. Et les refus de commande sont intĂ©grĂ©s dans le calcul du montant de base que les livreurs reçoivent pour chaque commande. Selon lui, environ la moitiĂ© des commandes qu’il exĂ©cutait chaque jour Ă©taient des livraisons contre-remboursement en espĂšces, qui devaient ĂȘtre remises Ă  la direction pour ĂȘtre comptĂ©es. La direction se trompait souvent dans ses calculs, ce qui diminuait ce lui Ă©tait payĂ©.

Il a ajoutĂ© que les travailleurs peuvent ĂȘtre licenciĂ©s sans motif et que, lorsqu’ils tentent de faire appel, ils sont confrontĂ©s Ă  une procĂ©dure lente avec des communications par courriel, et reçoivent rarement une rĂ©ponse rapide ou adĂ©quate. Bien que l’entreprise fournisse une assurance contre les accidents, il a dĂ©clarĂ© que les dĂ©tails de celle-ci ne sont pas transparents.

Foodpanda affirme que ses pratiques d’emploi sont communes Ă  l’ensemble du secteur. Cependant, cela ne fait que confirmer la violation gĂ©nĂ©ralisĂ©e des droits des travailleurs dans le secteur de la livraison de nourriture, oĂč les conditions de rĂ©munĂ©ration sont modifiĂ©es de maniĂšre arbitraire et oĂč les travailleurs sont poussĂ©s au bord d’un prĂ©cipice social.

Les livreurs de nourriture du monde entier, en particulier dans les pays du Sud, sont confrontĂ©s aux mĂȘmes pressions et rĂ©agissent par des actions collectives. En Inde, par exemple, les livreurs se sont organisĂ©s de maniĂšre efficace , mais Hong Kong reste Ă  la traĂźne, avec seulement une fragile coalition de militants qui peuvent organiser des protestations limitĂ©es.




Source: Laboursolidarity.org