Les Jeunes socialistes de Haute Garonne – en vue de leur Conseil National des 16 et 17 avril – ont débattu d’un certain nombre de thématiques – par exemple le droit à la sécurité, la citoyenneté des étrangers, la réforme des institutions etc – et ont écrit plusieurs synthèses et motions sur ces thèmes.

Là où ça se corse c’est que la meilleure motion écrite localement était présentée au dit Conseil National et c’est le droit à la sécurité qui l’a « évidemment » remporté… Pire encore, elle a été adoptée.

Ironie du sort, c’est salle Marie Thérèse Eyquem que s’est passée le WE dernier cette réunion nationale : Marie Thérèse tout comme François Mitterand [1] a un passé un brin trouble : nommée au commissariat général à l’éducation physique et aux sports, elle devient directrice des sports féminins du gouvernement de Vichy. A la Libération, elle n’est pas inquiétée alors qu’aucun fait en sa faveur (Résistance…) n’est connu.

Le droit à la sécurité : une exigence absolue, partout et pour tous ? Rapide analyse de texte…

Dès l’introduction s’affirme une vision étroite de l’insécurité et une pauvreté conceptuelle : « l’insécurité touche souvent nos concitoyens les plus concernés par d’autres difficultés, sociales ou économiques. » Ces autres difficultés, sociales ou économiques que produisent-elles sinon une intense et envahissante insécurité ? A tel point que les insécurités sociale et économiques gomment l’insécurité stricto censu pour les « concitoyens [a priori] les plus concernés ».

Dans le premier paragraphe « La prévention, véritable bataille culturelle » les Jeunes socialistes 31 font dans le très classique en opposant les « milices municipales d’inspiration fasciste » à la « prévention » (CLSPD intercommunaux) et à la « police de proximité » et en proposant d’en finir avec le « climat d’insécurité » en favorisant des mesures telles que les « arrêts de bus à la demande, optimisation de la présence d’éclairage public, office de la tranquillité (médiation face aux nuisances sonores de voisinage) » ou encore « l’augmentation des subventions dédiées aux associations de l’ESS » présentés comme des « innovations ». Bref, de quoi faire disparaître comme par magie insécurité sociale et économique !

S’ensuit dans un deuxième paragraphe le coeur de la motion « Une police au service des citoyens » où les bureaucrates en herbe plaident pour « renforcer l’égalité entre les territoires » càd pour plus de flics pour tout-es (sauf dans les ghettos de riches qui sont déjà largement pourvus) et affirment « nous ne pouvons nous satisfaire des réponses judiciaires qui font suite aux interpellations » tout en ayant quelques mois plus tôt soutenu ardemment Taubira… Seule « innovation » : proposer de supprimer les « indics » mais pas les BAC, les voltigeurs ou autres armes dites sublétales…

Enfin tel-les des croyant-es, les MJS 31 attendent dans un troisième et dernier paragraphe « le retour d’une police républicaine » ! Et ils ont la solution miracle : « des formations de sensibilisation et de lutte contre les discriminations et le sexisme » . La FPIP, le Cercle national des commissaires de police, France Police CRS (association prenant la suite du FN Police), Vendôme sécurité sont mort-es de rire !

Par cette motion elles et ils prétendaient « prendre le contre-pied des partisans du tout sécuritaire » et « reprendre la parole sur ce sujet à la droite et à l’extrême-droite » : la montagne accouche d’une souris !




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