Mai 31, 2021
Par Paris Luttes
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Comment, ça devait pas être en 2024 ? Eh bien non, la compétition est déjà bien engagée dans le stade olympique du Grand Paris. La destruction de terres a déjà commencé, par exemple aux jardins d’Aubervilliers où une lutte s’est déjà constituée en opposition. La hausse des prix de la vie et de l’immobilier est amorcée un peu partout, augmentant encore le nombre d’expulsions et accélérant les départs forcés. Les JO sont (ou servent de) prétexte à encore plus de projets d’éco-quartiers et de villas de luxe qui se font passer pour « écologiques ». La répression et la surveillance prennent aussi leur élan, notamment la reconnaissance faciale qui est légitimée par les grands « événements sportifs » qui s’annoncent. En général, l’horizon 2024 débloque dès aujourd’hui des leviers de financement, de législations et de projets qui risquent donc de nous déborder encore plus vite que d’habitude ; et pendant ce temps, l’attention du grand public est déjà happée par les Jeux qui ne manqueront pas, les années à venir, de permettre de passer sous silence les conflits et scandales qui continueront d’éclater pendant les Jeux aussi.

Tout cela, ce n’est pas uniquement une question de JO, c’est la normalité du capitalisme. Mais cette normalité est accélérée à un point vertigineux par la perspective des sauts de haies et courses de relais patriotiques de 2024. Voici donc une liste de certains grands projets qui sont des préambules au lancer de poids et à la natation. Ce n’est pas du tout une liste exhaustive et il serait intéressant de se compléter (comme par exemple sur la vidéo-surveillance) de texte en texte afin de nous permettre, collectivement, d’avoir une vue plus claire sur le menu des « festivités » qui ont déjà bien commencées.

Mauvaise ombre au tableau pour la compétition, de nombreuses luttes sont bien décidées à perturber la bonne tenue de ces épreuves et on s’en réjouit ! Vive le jeu, pas les Jeux !

Les JO à Paris c’est au total plus de 62 projets, 29 maîtres d’ouvrages et 13 co-financeurs ! Nous vous proposons un petit résumé non exhaustif des disciplines olymiques pré-2024 et des athltètes en compétition :

Avant de rentrer dans le détail des compétiteurs, il y a le champion qui chapeaute tout : la Solidéo (qui est la société de livraison des ouvrages olympiques). La Solidéo est présente sur tous les projets de chantier de ces JO, elle travaille main dans la main avec la mairie de Paris qui lui a entre autre fourni une subvention à hauteur de 135 millions d’euros.

– Le village Olympique !

Ce vertigineux projet qui fera office de logement pour les sportifs en compétition dans ces JO prendra place sur plus de 51 hecatres à cheval entre les villes de Saint-Denis, l’Île-Saint-Denis et Saint Ouen. Ce projet deviendra en 2025 un quartier résidentiel avec plus de 50.000 mètres carrés de bureaux et qui se couvre de green washing en se targuant de proposer plus de 7 hectares d’espaces verts et en nous parlant de « neutralité carbone », de « biodiversité » et d’« urbanisme du 21e siècle »… un vocabulaire bien connu des acteurs gentrificateurs…

Ce projet va permettre l’accélération de la gentrification de cette zone de Seine-Saint-Denis (à Saint-Denis par exemple le prix de l’immobilier a augmenté de plus de 40% en 5 ans…) avec l’expulsion de plusieurs immeubles d’habitations et de foyers. Parmi les expulsions, 224 personnes d’un foyer ADEF se sont déjà retrouvées à la rue depuis les débuts du chantier… Le chantier a commencé avec la « dépollution » des terres.

Maîtres d’ouvrages : Eiffage et Nexity.

Architectes : Dominique Perrault, ADAGP/Ingerop et MOE Ingénerie.

Paysagistes : Agence TEP.

– Le centre aquatique Olympique !

Ce projet se situe au niveau de la ZAC Plaine Saulnier à Saint-Denis. Le projet prévoit à terme de transformer la zone en espace de bureaux, de logements et d’activités.

Exploitants : Récréa et Dalkice.

Architectes et urbanistes : Bouygues Bâtiment, Venhoever CS et Ateliers 2/3/4.

– Arena Z Porte de la Chapelle

Ce projet sera porté par Bouygues Bâtiment et le financement sera fait à hauteur de 50% par la mairie de Paris et 50% par Solidéo.

Architectes : sociétés SCAU et NP2F mais il n’y a pas encore trop d’informations car Solidéo va faire découvrir en détail ce projet à l’été 2021. On sait néanmoins que les travaux devraient débuter début juin 2021.

– Village des médias

Pour l’instant suspendu (pour combien de temps ?) par la justice car « le droit à l’environnement est bâclé ». Ce projet, qui se situe à Dugny au niveau du parc Georges Valbon, prévoit de transformer la zone après les JO en un nouvel « éco-quartier » qui se nommera sobrement « la cité Jardin ». Cette provisoire décision de justice montre bien la stupidité même et l’incohérence de la communication menée autour des projets qui se vantent d’être des projets éco-responsables, éco-durables, éco-(ce que vous voulez) alors même qu’ils n’ont aucune considération envers les terres qu’ils vont détruire ou exploiter…

Architectes : Handel le Bihan, MGAU, Bourbouze et Graindorge, Bathilde Miller Architectes, Bantolo + Contré Archi, Itar, NRAU architecte.

Paysagistes : D’ici là, Sébastien Sosson et Altitude35.

– Piscine et Solarium d’Aubervilliers

10.100m² de jardins menacés et 11.500m² de surfaces boisées (seulement pour le complexe aquatique). Il s’agit d’anciens jardins ouvriers, aujourd’hui associatifs. Alors que l’association (dont le président Philippe Fretet écrit régulièrement sur le site d’extrême droite Riposte Laïque) a passé un accord avec GPA (Grand Paris Aménagement), des personnes utilisant des parcelles se sont mobilisées, et ont décidé de combattre la bétonisation. Après pétitions, manifs, et événements sur place pour faire connaître les jardins, la lutte locale passe la vitesse supérieure. Deux personnes se domicilient dans les jardins et appellent à rejoindre la JAD (Jardins A Défendre) pour occuper et empêcher coûte que coûte les travaux, attendus pour fin mai ou début juin.

Par ailleurs, Grand Paris Aménagement envisage tout un programme immobilier derrière le fort d’Aubervilliers,qui engendrerait des expulsions de 2 tours qui logent des personnes en situation de précarité (migrant.es, personnes sans papiers).

Archi : Chabanne Architectes

Exploitants : SOgeti, CRAM

– Stade de Colombes :

Il s’agit ici d’un double projet : la rénovation du stade emblématique de Colombes ainsi que la construction d’une zone de 16,2 hectares dédiée aux sports. Le projet sera mené par l’entreprise Léon Grosse et les cabinets d’architectes Celniken et Grabli Architectes et Olgga Architectes. Il y aura aussi comme acteur le paysagiste Muriel Consigny Paysages, les bureaux d’études Verdi et l’exploitant CRAM.

La réhabilitation des tribunes sera effectuée par les bureaux d’études OTE et MC Paysages. Le début des travaux devrait intervenir au 3e trimestre 2021 et l’opération de réaménagement du stade devait commencer en avril 2021.

En parallèle de la rénovation du stade il y aura la construction d’une zone de 16,2 hectares dédiée aux sports. Ca sera aussi le siège de la Fédération Francaise de Hockey. Le but du projet pour les acteurs est « de redynamiser le tissu urbain ».

-Et les poubelles olympiques ?

Sous ce lien, on trouve un super résumé des opérations de gestion des déchêts produits par les JO 2024 et les divers travaux qui les escortent :

Nous n’appelons pas à des actions particulières contre ces athlètes, nous croyons que chacun·e saura choisir les moyens qui lui sont propres pour participer aux contre-Jeux Olympiques 2024.

A vos marques, prêt, feu !




Source: Paris-luttes.info