Mai 13, 2021
Par Dijoncter
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Les Infirmiers anesthésistes (IADE : infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat) de France sont en grève ce lundi 17 mai 2021.

C’est une profession clé du système hospitalier, tout à fait méconnue du grand public et de son propre ministre…

Savez-vous Mr Véran qu’il faut 8 ans pour former un IADE ?

Savez-vous Mr Véran que notre profession a réalisé une réingénierie de sa formation pour aboutir depuis 2012 à un grade master ?

Savez-vous Mr Véran que depuis lors, toute la profession se bat pour une refonte de notre grille indiciaire promise alors, mais qui n’a jamais été réalisée ?

Savez-vous surtout Mr Véran que nous travaillons quotidiennement en collaboration étroite avec les médecins anesthésistes réanimateurs, avec un degré avancé d’autonomie ?

Alors pourquoi ne pas reconnaitre que nous agissons dans le cadre de pratiques avancées ?

Nous tenons juste à vous rappeler que, si la France a pu augmenter son nombre de lits de réanimation ou soins critiques, c’est bien essentiellement grâce aux IADEs et élèves IADEs.

En effet, nous sommes les seuls professionnels infirmiers avec des compétences de réanimation, incluses dans notre formation. Nous sommes donc les seuls mobilisables et aptes à travailler au pied levé en réanimation, sans autre besoin de formation. Nous avons l’habitude de gérer des patients intubés, ventilés, sédatés, nous gérons tous les jours des décubitus ventraux.

Nous avons donc fermé nos blocs, été mobilisés du jour au lendemain dans les services de réanimation ou soins critiques, avons modifié nos horaires habituels pour assurer des journées de 12h, des nuits et des weekends, avons souvent annulé nos congés, n’avons pas compté nos heures supplémentaires… Nous n’avons pas rechigné et avons fait preuve de souplesse et d’abnégation, et ce depuis plus d’un an.

Par souci du devoir, par conscience professionnelle, pour soigner nos concitoyens, parce qu’il le fallait, nous n’avons pas reculé devant la tâche qui était devant nous…

Un élan s’est levé dans la population, une reconnaissance des difficultés du monde hospitalier a amené le Président de la République à lancer le Ségur de la Santé …

Ses conclusions ont abouti à une juste revalorisation de l’ensemble des métiers de l’hôpital…

Comment accepter, alors, que nous soyons ceux qui avons été le moins revalorisés ?

Comment accepter que le différentiel de rémunération avec les infirmiers de soins généraux, se réduisant encore, ne soit plus que de 13 € en début de carrière ?

Pourquoi notre rôle central dans cette crise sans précédent n’est-il pas reconnu ?

Pour continuer à garantir la sécurité anesthésique dans notre pays, pour l’avenir de cette profession clé dans le système de soins français, nous vous demandons, Mr Véran, de réévaluer et de corriger cette situation…

À Dijon, un rassemblement aura lieu lundi 17 mai à 9h30 devant les locaux de l’Agence régionale de santé à Dijon, place des Savoirs.




Source: Dijoncter.info