Juin 23, 2020
Par Anarkismo
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category international |
genre |
communiqué de presse
author Wednesday June 24, 2020 00:28author by Various anarchist organizations

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CommuniquĂ© international d’organisations anarchistes, dont une partie sont membres du rĂ©seau Anarkismo, sur la situation des femmes dans la crise sanitaire mondiale

“Nous, les femmes, souffrons de la crise sociale et Ă©conomique qui s’est dĂ©clenchĂ©e dans le monde entier aprĂšs l’apparition du nouveau coronavirus et son expansion mondiale, mais en plus de cela, nous souffrons de la violence sexiste. Cette situation n’est pas nouvelle dans un systĂšme de domination patriarcale, mais elle a pris des formes particuliĂšres dans le contexte actuel, nous relĂ©guant de plus en plus Ă  la sphĂšre privĂ©e et nous subordonnant de plus en plus Ă  la figure masculine.”

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Les violences sexistes ont augmentĂ© avec le confinement. PrivĂ©es de nos familles et de nos ami.es, nous, les femmes qui sommes obligĂ©es de vivre avec un agresseur, gĂ©nĂ©ralement notre partenaire, sommes piĂ©gĂ©es dans cette situation infernale. Les initiatives prises par les États ont Ă©tĂ© inefficaces et insuffisantes pour enrayer la violence domestique et le problĂšme, loin de diminuer, elle s’est aggravĂ©e ! Le confinement a empĂȘchĂ© les femmes victimes de violences domestiques de quitter l’espace du foyer et de trouver un soutien Ă  l’extĂ©rieur, car de nombreuses femmes ne peuvent appeler en prĂ©sence de leur agresseur, qui reste au foyer. La montĂ©e du fĂ©minicide durant le confinement est une rĂ©alitĂ© en AmĂ©rique latine et ailleurs. Quant au harcĂšlement de rue, il n’a pas Ă©tĂ© confinĂ© ! Bien que les rues se soient vidĂ©es, l’enfermement n’a pas limitĂ© les agressions sexistes et sexuelles dans l’espace public et ouvert, bien au contraire. Avec ou sans masque, faire les courses, aller chez le mĂ©decin ou travailler sont devenus des obligations pour les femmes se prĂ©sentant comme le terrain idĂ©al dont les harceleurs ont pu tirer profit.

Le travail gratuit que nous les femmes effectuons chaque jour s’est Ă©galement accru avec l’enfermement. Outre le fait de s’assurer que les enfants sont bien nourri.es et font leurs devoirs, de nombreuses femmes ont dĂ» faire du tĂ©lĂ©travail, ce qui a accru la charge mentale et Ă©motionnelle pour toutes. Dans les pays oĂč des mesures ont Ă©tĂ© adoptĂ©es pour permettre de rester chez soi sans avoir Ă  aller travailler, ce sont encore les femmes qui gagnent des salaires infĂ©rieurs Ă  ceux des hommes.
Par consĂ©quent, les hommes Ă©tant les “pourvoyeurs du foyer”, la rĂ©partition des tĂąches domestiques a complĂštement disparu.

Certaines femmes ont Ă©tĂ© plus touchĂ©es que d’autres par la crise et l’enfermement. La situation des femmes rĂ©fugiĂ©es, qui sont entassĂ©es dans des refuges ou des centres, est prĂ©occupante, tout comme celle des femmes des quartiers populaires et des femmes racisĂ©es, car elles sont plus exposĂ©es Ă  la pandĂ©mie. Ayant des emplois informels, elles ne peuvent pas rester chez elles et maintenir leur revenu, ni le maintenir en assumant les responsabilitĂ©s du foyer. ParallĂšlement, la militarisation des espaces de vie nous a exposĂ© Ă  la rĂ©pression policiĂšre ainsi que nos enfants.

Le patriarcat et le capitalisme profitent du travail gratuit ou mal payĂ© des femmes au nom de “l’unitĂ© nationale”. Nous sommes particuliĂšrement vulnĂ©rables Ă  la crise car nos emplois sont plus prĂ©caires que ceux des hommes et beaucoup d’entre travaillons dans des secteurs essentiels.
Ainsi, de nombreuses travailleuses, comme celles d’entre nous qui travaillent dans les supermarchĂ©s, dans la santĂ© et dans l’Ă©ducation, sont en premiĂšre ligne de la pandĂ©mie, redoublant d’efforts pour l’arrĂȘter. Ces secteurs du travail, oĂč les femmes sont majoritaires, sont gĂ©nĂ©ralement mal payĂ©s, mais ce sont aussi des secteurs qui se distinguent historiquement par leur haut niveau de combativitĂ© pour de meilleurs salaires, contre les licenciements et la prĂ©carisation.

Ce sont Ă©galement nous, Ă  travers nos organisations populaires, qui ont mis en pratique la solidaritĂ© et l’entraide. Les institutions de l’État n’ont pas Ă©tĂ© en mesure de rĂ©pondre Ă  la crise actuelle, c’est pourquoi ce sont les organisations populaires, composĂ©es en majoritĂ© de femmes, qui ont crĂ©Ă© diffĂ©rentes stratĂ©gies pour attĂ©nuer la crise, Ă  travers des cantines, des soupes populaires, des rĂ©seaux d’approvisionnement, tout comme le cas des couturiĂšres qui ont fabriquĂ© des masques, parmi d’autres.

A l’Etat, aux patrons, Ă  la police, aux violences sexistes, aux racistes, aux LGBTIphobes, nous disons : nous n’abandonnerons pas et nous nous battrons toujours pour rendre nos luttes visibles, contre toutes les formes de domination. Nous ne sommes pas en premiĂšre ligne avec les capitalistes, nous sommes en premiĂšre ligne pour transformer la sociĂ©tĂ© !
ÂĄÂĄArriba las que luchan!!

☆ Federación Anarquista Uruguaya – FAU (Uruguay)
☆ Federación Anarquista de Rosario – FAR (Argentine)
☆ Grupo Libertario Vía Libre (Colombie)
☆ Union Communiste Libertaire (France)
☆ Organisation Socialiste Libertaire – OSL (Suisse)
☆ Libertaere Aktion (Suisse)
☆ Aotearoa Workers Solidarity Movement – AWSM (Aotearoa / Nouvelle-ZĂ©lande)
☆ Anarchist Union of Afghanistan and Iran – AUAI
☆ Die Plattform – Anarchakommunistische Organisation (Allemagne)
☆ Organización Anarquista de Córdoba – OAC (Argentine)
☆ Alternativa Libertaria – AL/fdca (Italie)
☆ Melbourne Anarchist Communist Group – MACG (Australie)
☆ Workers Solidarity Movement – WSM (Irlande)
☆ Coordenação Anarquista Brasileira – CAB (BrĂ©sil)




Source: Anarkismo.net