Mai 18, 2016
Par Marseille Infos Autonomes
53 visites


Parce que nous sommes payéEs 20% de moins que les hommes. nous occupons 80% des CDD.

Parce que nous sommes le plus souvent employéEs à temps partiel. nous sommes discriminéEs à l’embauche et à l’emploi.

Parce que nous subissons du harcèlement sexuel et des agressions sexistes, racistes, homophobes et transphobes sur nos lieux de travail.

Parce que nous travaillons dans des secteurs et entreprises où les syndicats sont peu représentés (garde d’enfants, ménage, aide à domicile, vente, secrétariat, services…).

Parce que nous subissons de plein fouet la précarité que la loi Travail renforce. c’est NOUS qui faisons l’essentiel du travail domestique (courses, repas, ménage, lessive) et que c’est généralement NOUS qui nous occupons des enfants. La double journée de travail (travail salarié et travail domestique) nous laisse moins de temps pour lutter que les hommes.

Parce que quand nous nous mobilisons, la répression sexiste est féroce, du rappel à l’ordre familial aux agressions sexuelles faites par les fics.

Parce que nous sommes systématiquement invisibiliséEs dans les luttes, qu’on nous dit de rentrer chez nous, qu’on nous accuse de “diviser le mouvement”, qu’on nous agresse à Nuit debout et en manif…

Nous ne nous tairons plus. Nous sommes féministes, déterminées et en colère. Nous sommes de plus en plus nombreuses. Nous sommes solidaires les unes des autres. Ensemble, nous abattrons le Capitalisme et le Patriarcat.

Sur Paris, nous nous réunissons chaque semaine en non-mixité pour échanger sur nos expériences, analyser nos situations, briser notre isolement, lutter ensemble, imaginer des actions qui nous renforcent, créer de nouveaux liens et de nouvelles solidarités entre femmes et/ou trans.

  • Pourquoi la non-mixité dans nos AG ?

La non-mixité est pour nous un outil de lutte permettant de nous organiser de manière autonome autour de problématiques communes. LibéréEs du regard et de l’infuence des hommes cisgenres*, nous pouvons mieux partager nos vécus et en faire émerger nos revendications. Nous entendons par Femmes un groupe social construit historiquement, autour duquel s’est constitués notamment la division sexuelle du travail. C’est autour de l’articulation de ce groupe social avec la question du travail dont nos AG sont le sujet. Un certain nombre de problématiques que nous soulevons concernent autant les personnes trans et les identités de genre minorisées et marginalisées, que les femmes cisgenres*. C’est pourquoi nous avons privilégié de nous organiser en non-mixité inclusive, ouverte à touTEs sauf aux hommes cisgenres*.

*Cisgenre doit se comprendre comme l’inverse de transgenre. Il s’agit d’une personne qui vit avec le sexe et le genre qui lui ont été assignés à la naissance. Ce terme a pour intérêt politique de nommer la norme

49.3, Affaire Baupin : l’hypocrisie et l’exercice du Pouvoir

Les affaires de harcèlements et d’agressions sexuelles dans lesquelles l’ex-vice-président de l’Assemblée Nationale a été mis en cause ont quelque peu éclipsé, médiatiquement, le passage en force de la Loi Travail. Baupin en gros, 49.3 en moyen-gros.

Pourtant, pour nous, le bruit de l’un ne couvre pas celui de l’autre. Ils résonnent. Dans les pratiques, dans les discours des classes dominantes. Dans leur mépris et leur insatiable hypocrisie.

Valls s’attaquera à « la pression culturelle faite de sexisme et de machisme » dans les quartiers populaires, pour mieux dissimuler celle qu’exerce son corps social. Baupin mettra du rouge à lèvre contre les violences sexuelles*, le 8 mars entre midi et deux, car il pense pouvoir s’approprier, au delà des corps, les combats de celles qu’il opprime.

Ils évoqueront avec effrois les rue de Cologne un soir de réveillon, en se réservant les coins à l’abris des regards publics : le bureau, la maison, les couloirs de l’Assemblée.

Ils n’auront aucune honte, aussi, à concevoir et promulguer des lois contre les travailleurSEs et à mutiler le Code du Travail, en nous parlant d’accords « gagnant-gagnant ». Aucune retenue non-plus, à utiliser les biais les plus autoritaires des institutions pour passer en force, ni à envoyer la police nous agresser, nous mutiler car « force doit rester à la loi ».

Nous ne sommes pas dupes car nous savons que le sexisme s’exerce dans toutes les strates de la société. Nous savons que tant qu’existera un système économique reposant sur l’exploitation d’une classe par une autre, l’une et l’autre ne pourront être mutuellement gagnantes. Nous savons, pour nous être confrontées à nos employeurs, nos agresseurs, nos violeurs, que l’« État de droit », quoiqu’ils en disent, c’est déjà la loi du plus fort. Ils nous marchent dessus, d’un pas assuré, débonnaire, comme sur des pavés. Renvoyons- leur à la gueule !




Source: