Mai 3, 2021
Par Le Monde Libertaire
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image par Sergio Cerrato

Le 19 avril, le Groupe de travail d’experts des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine a qualifié le récent rapport du gouvernement britannique sur le racisme – la Commission sur les disparités raciales et ethniques – de « répréhensible » et de « tentative délibérée de fausse déclaration historique ». Ils ont également appelé cela une «tentative de normaliser la suprématie blanche ». Et ils ont déclaré que ne pas corriger la « distorsion et la falsification » à l’intérieur pourrait avoir des conséquences dangereuses et être source de divisions.

Les experts ont souligné qu’il est stupéfiant de lire un rapport sur la race et l’ethnicité qui réédite les clichés et stéréotypes racistes dans les faits, en déformant les données et en appliquant à tort des statistiques et des études dans des conclusions péremptoires et des attaques ad hominem contre des personnes d’ascendance africaine.

Et, ont-ils ajouté, “Le rapport cite des preuves douteuses pour faire des affirmations qui rationalisent la suprématie blanche en utilisant les arguments familiers qui ont toujours justifié la hiérarchie raciale. Cette tentative de normaliser la suprématie blanche malgré des recherches considérables et un racisme institutionnel avéré sont un fâcheux contournement de l’opportunité de reconnaître les atrocités du passé et les contributions de nombreuses personnes pour aller de l’avant. “

Faisant référence aux précédents rapports des Nations Unies sur le racisme institutionnel, les experts ont souligné « des inégalités profondément enracinées dans des domaines tels que la santé, l’éducation, l’emploi, le logement, les pratiques d’interpellation et de fouille et le système de justice pénale au Royaume-Uni ». Et ils ont affirmé que “Les personnes d’ascendance africaine enregistrent toujours de mauvais résultats économiques, sociaux et sanitaires avec des taux largement disproportionnés au Royaume-Uni. Ils ont également souligné «la preuve irréfutable que les racines de ces disparités résident dans le racisme institutionnel et la discrimination structurelle ».

Ils ont ensuite critiqué la « suggestion du rapport sur le racisme selon laquelle la structure familiale, plutôt que les pratiques discriminatoires institutionnalisées et structurelles, seraient au cœur de l’expérience des personnes “noires”», la qualifiant de «tentative sourde de rejeter les réalités vécues des personnes d’ascendance africaine et d’autres ethnies des minorités du Royaume-Uni ».

Un communiqué de presse de l’ONU a décrit la « représentation mythique de l’esclavage dans le rapport du gouvernement [comme] une tentative de laver l’histoire de la traite des esclaves africains». Pour les experts, il s’agit d’une tactique répréhensible, mais pas inconnue, employée par de nombreuses personnes dont la richesse provenait directement de l’esclavage d’autrui, depuis que l’esclavage a été interdit. Chercher à faire taire le rôle du traitement brutal des esclave dans la richesse générationnelle stupéfiante qu’ils ont accumulée, le capital social et l’influence politique qu’ils ont acquis en exploitant les corps “noirs” est une tentative délibérée de fausse représentation historique.

Enfin, ils ont appelé le gouvernement britannique à corriger «la déformation et la falsification » des faits historiques relatifs à « l’esclavage, le commerce des esclaves africains et le colonialisme ». Ne pas le faire, ont-ils averti, « peut autoriser la poursuite du racisme, la promotion de stéréotypes raciaux négatifs et la discrimination raciale ».

Note de la traductrice : les catégories “noir” et “blanc” étant, de mon point de vue, imaginaires et fondées sur le racisme, je prends le parti de mettre des guillemets pour traduire fidèlement mais sans me trahir. La notion de “suprématie blanche” est une idéologie dénoncée par le texte, donc pas de guillemets dans ce cas.
Monica Jornet Groupe Gaston Couté FA




Source: Monde-libertaire.fr