Octobre 22, 2016
Par Indymedia Lille
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Par mil

Avec le lancement par la marine américaine de missiles de croisière Tomahawk contre des cibles sur la côte du Yémen bordant la mer Rouge jeudi matin, Washington a entrepris une autre escalade majeure d’une campagne en spirale d’agressions militaires visant à imposer l’hégémonie impérialiste des États-Unis dans tout le Moyen-Orient, et dans le monde entier.

L’attaque contre le Yémen n’est qu’un des différents fronts dans les opérations militaires américaines qui vont de l’Afghanistan jusqu’à l’Irak, la Syrie et au-delà. Elle a été menée sans débat public, sans même parler d’un simulacre de l’obtention du consentement du peuple américain.

Dans le contexte où l’élection présidentielle américaine est à moins d’un mois, ni la candidate démocrate ni le candidat républicain – ni d’ailleurs les médias – n’ont montré la moindre tendance à se détourner de la médisance dégradée qui domine les deux campagnes pour discuter des implications de l’action militaire qui pourrait rapidement entraîner le monde dans une guerre régionale majeure ou même mondiale.

Le président Barack Obama a approuvé les frappes de missiles, mais n’a fait aucun discours ni même publié une explication sommaire écrite pour l’attaque américaine.

Le Pentagone a fourni la seule explication des États-Unis pour les attaques de missiles sur le Yémen, affirmant qu’ils représentaient « les frappes d’autodéfense limitées menées pour protéger notre personnel, nos navires et notre liberté de navigation dans cette voie maritime importante ».

Selon le récit de l’armée américaine, elle a tiré sur le territoire yéménite en réponse à deux incidents distincts dans lesquels des missiles ont été tirés du Yémen vers l’USS Mason, qui fait partie d’une flottille de trois navires des États-Unis patrouillant le détroit du Bab al-Mandeb, le passage stratégique qui sépare la péninsule arabique de la Corne de l’Afrique et relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien.

Quelque 4,7 millions de barils de pétrole ont été expédiés chaque jour par le détroit l’an dernier, en grande partie pour la Chine, 40 pour cent du commerce maritime mondial y passe. L’impérialisme américain est résolu à établir son contrôle sur cette voie navigable étroite pour s’en servir comme d’un goulot d’étranglement contre ses rivaux et pour s’assurer que sa marine a la capacité de traverser ce passage stratégique et de refuser l’accès à tous les autres.

Le mouvement rebelle Houthi qui contrôle la capitale yéménite de Sanaa comme l’armée yéménite qui est alignée avec ce mouvement ont nié qu’ils ont ciblé les navires de guerre américains et ont dénoncé l’attaque de missiles de croisière comme un acte d’agression.

Il n’y a aucune raison pour laquelle quiconque devrait prendre le récit du Pentagone pour argent comptant. Pas la moindre preuve n’a été produite à l’appui de l’affirmation selon laquelle les Houthis seraient derrière les attaques de missiles sur l’USS Mason, ni même que des missiles ont bien été tirés.

Il y a d’autres acteurs au Yémen avec des motifs pour attaquer les navires de guerre des États-Unis. Ceux-ci comprennent Al-Qaïda de la péninsule arabique, autrefois marquée par Washington comme groupe terroriste le plus dangereux du monde, mais ils combattent maintenant en alliance de facto avec les États-Unis contre les rebelles Houthi.

Ensuite, il y a l’Arabie Saoudite, qui a mené une campagne de bombardement sauvage contre le Yémen depuis mars 2015 et est responsable de la grande majorité des 10 000 morts yéménites depuis lors. Alors que les frappes de missiles jeudi ont marqué la première attaque directe des États-Unis menée sur des cibles associées au gouvernement Houthi à Sanaa, le Pentagone a fourni le soutien logistique et de renseignement, y compris le ravitaillement en vol des avions de guerre, sans lequel la campagne saoudienne meurtrière serait impossible. En outre, les États-Unis ont versé une somme exorbitante de 115 milliards de dollars en armes au royaume depuis qu’Obama a pris ses fonctions, le réapprovisionnant en bombes et missiles au fur et à mesure qu’ils sont largués sur les maisons yéménites, les écoles et les hôpitaux.





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