A partir de ce moment, la situation a complètement échappé des mains du gouvernement : aux étudiants se sont ajoutés les familles, les travailleurs et les habitants des quartiers populaires. Suite aux manifestations pacifiques, des affrontements violents, des incendies et des saccages contre des hypermarchés – appartenant aux grands groupes économiques – ont pris place.
Le gouvernement, obnubilé dans sa politique de l’excès, a décrété l’Etat d’urgence et un couvre-feu dans les principales villes du pays. La gestion de l’ordre public mis aux mains de l’armée régulière.

Les chiliens de Genève, représentés pas ses organisations et associations, s’adressent au Gouvernement du Chili, et spécialement au Président Sebastian Piñera, pour leurs manifester que :


1. Nous rejetons catégoriquement la façon brutale avec laquelle cette crise est prise en charge, spécialement l’usage de méthodes répressives et d’extrême droite. Nous exigeons que le gouvernement aborde la crise par des moyens politiques en appliquant les principes démocratiques sans dévaloriser les citoyens qui manifestent.

2. Nous affirmons que la société chilienne est entrain d’accumuler d’intenses tensions, qui explosent périodiquement de manière dangereuse. Ces tensions révèlent le mal-être de la population du pays, excédée d’avoir a supporter l’iniquité, la corruption, le dénigrement des institutions républicaines et la dégradation constante de la qualité de vie.


3. Nous rappelons aux forces politiques chiliennes, surtout celles enracinée au sein de la classe ouvrière, qu’elles ont le devoir et la responsabilité de soutenir les manifestations et revendications du peuple. Les différentes formes d’organisation du peuple chilien avancent plus vite que la politique traditionnelle, et il serait nécessaire que les groupes politiques traditionnels acceptent qu’elles ont énormément à apprendre des mobilisation populaires, au risque de ne plus être à la page et perdre de l’influence.



4. Nous demandons à la communauté et à la société civile internationale de suivre attentivement l’évolution de la situation au Chili, spécialement dans l’observation du respect (ou non) des Droits Humains de la part de l’armée. Nous demandons que les agences des Droits Humains, en place à Genève, manifestent clairement leurs positions face au risque qu’implique la militarisation du pays.

5. Nous surveillerons, une fois de plus, très attentivement, le déroulement de la situation au Chili. Nous sommes très au clair qu’il ne s’agit pas là de simples « désordres » sinon de l’expression du vague de fond, qui devra un jour s’enquérir d’une force sociale et politique du changement. Nous avons tous, que ce soit au Chili ou à l’étranger, un rôle à tenir dans ce processus.


6. Nous diffuserons ce communiqué aux représentations diplomatiques chiliennes, à la presse et surtout aux organisations au Chili, pour qu’iels soient au courant de notre solidarité et qu’iels ne sont pas seuls.

Les organisations chilienne de Genève (Suisse)

(Association des chiliens résidents de Genève (ACRG) ; Comité Mémoire et Justice (CMJ) ; Collectif Nouvelle Génération Chili ; Comission de soutien aux peuples originaires (CAPO).

Genève, le lundi 21 octobre 2019


Article publié le 22 Oct 2019 sur Renverse.co