Avril 7, 2022
Par Paris Luttes
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Depuis quelques années, une lutte ouverte et sans médiation déploie ses ailes d’une manière pour le moins inattendue. Cette lutte ne réclame pas d’aménagements de l’existant lors de grands mouvements unitaires, mais procède à une destruction directe d’infrastructures du pouvoir lors de promenades sous la lune. Elle ne se concentre pas sur un territoire spécifique à défendre, mais se développe en attaquant des cibles qui se trouvent un peu partout, à portée de main de chacun.e. Elle se passe volontiers de leaders autoproclamés écumant les réseaux sociaux ou les plateaux-télé, mais se fraye un chemin autonome à travers l’agir d’individus qui ont chacun leurs propres raisons et perspectives. Elle ignore les spécialistes de l’organisation ou les échéances fixées d’avance par d’autres que soi, en sabotant à l’improviste et de façon diffuse des antennes de téléphonie mobile, des relais de télévision et des câbles de fibre optique, avec des moyens aussi banals qu’une pince coupante, des pneus enflammés ou un peu d’essence bien placés. Elle provoque ainsi non seulement l’interruption temporaire des flux du contrôle et de l’exploitation, mais aussi des centaines de milliers d’euros de dégâts.

Parce qu’elle est incontrôlable et ne cesse de se répandre malgré une répression sporadique ; parce que l’État ne peut pas mettre un flic derrière chaque pylône ou trappe de câbles ; parce que n’importe quel individu peut y prendre part avec un peu d’imagination et de détermination ; ou tout simplement parce qu’elle s’en prend à des nœuds sensibles de la domination, cette lutte protéiforme cause évidemment du souci aux autorités. En janvier 2021, les services de renseignement recensaient ainsi officiellement 170 sabotages contre les biens de grandes entreprises et de l’État… dont une majorité de pylônes de téléphonie mobile. Un chiffre qu’ils ont même dû rehausser à près de 250 dans leur dernier bilan annuel de février 2022. Et ce, sans compter bien sûr l’ensemble des sabotages contre la fibre optique qui tendent à leur tour à se multiplier, comme par exemple ces quatre points de raccordement coupés simultanément la nuit du 27 février dans l’Aube, ou la vingtaine d’autres coupés ces derniers mois dans le Périgord, privant à chaque fois des milliers de personnes de leurs laisses électroniques.

En se déployant sans centre ni périphérie et à l’ombre des projecteurs, en utilisant une méthode comme l’action directe diffuse et anonyme avec des moyens à la portée de tous et toutes, une telle lutte contre la dépossession de nos vies a certainement de quoi enthousiasmer les anti-autoritaires qui désirent abattre ce vieux monde sans attendre. Car en un temps où les ravages du système techno-industriel sur la planète et sur les esprits deviennent chaque jour plus évidents, s’y opposer sans concession est bien la moindre des choses.

Pour discuter de tout cela et de bien plus encore,

retrouvons-nous au MARBRÉ le 22 avril À 19h,

39 rue des Deux Communes – Montreuil (93)






Source: Paris-luttes.info