Lire la présentation de ce livre sur notre site :

« Pourquoi j’écris ce livre ? Parce que je partage l’angoisse de Gramsci : “le vieux monde se meurt. Le nouveau est long à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres”. Le monstre fasciste, né des entrailles de la modernité occidentale. D’où ma question : qu’offrir aux Blancs en échange de leur déclin et des guerres qu’il annonce ? Une seule réponse : la paix. Un seul moyen : l’amour révolutionnaire. »

Dans ce texte fulgurant, Houria Bouteldja brosse l’histoire à rebrousse-poil. C’est du point de vue de l’indigène qu’elle évoque le pacte républicain, la Shoah, la création d’Israël, le féminisme et le destin de l’immigration postcoloniale en Occident. Balayant les certitudes et la bonne conscience de gauche, c’est chez Baldwin, Malcolm X ou Genet qu’elle puise les mots pour repenser nos rapports politiques. Aux grands récits racistes des Soral et Finkielkraut, elle fournit un puissant antidote : une politique de paix qui dessine les contours d’un « nous » décolonial, « le Nous de l’amour révolutionnaire ».

http://www.ujfp.org/spip.php?article4779

Voir aussi sur le site du Courrier de l’Atlas :

http://www.lecourrierdelatlas.com/1102114032016Les-Blancs-les-Juifs-et-Nous-une-declaration-d-amour-a-l-algerienne.html

Comment comprendre le déchaînement de haine des médias contre Houria Bouteldja, pas seulement les médias du pouvoir, mais aussi leurs idiots utiles qui essaient de s’imposer dans les médias indépendants ? Eric Hazan a donné une réponse :

« Dans Ce soir ou jamais, le 18 mars dernier, https://www.youtube.com/embed/RCtv9lnG_7U%22%20frameborder=%220%22%20allowfullscreen%3E%3C/iframe%3E“>un certain Thomas Guénolé s’est livré à une attaque d’une rare violence contre Houria Bouteldja à propos de son livre, Les Blancs, les Juifs et nous. Il lisait ses notes, il avait bien répété. Houria était antisémite au point de vouloir envoyer les Juifs en camps de concentration, elle était misogyne et homophobe, communautaire et raciste, elle délivrait à qui voulait le permis de violer. On dira que peu importent ces élucubrations d’un folliculaire obscur – mais on aura tort : ces propos ont été repris de façon venimeuse par Marianne et par l’Express, et des extraits de l’émission circulent aujourd’hui sur quantité de sites qui, eux, sont vraiment racistes. Du coup, Houria, qui est depuis longtemps attaquée en paroles et en actes, si elle reçoit de toutes parts des encouragements d’antiracistes, écope aussi d’une foule de messages insultants et menaçants.

Pourquoi Houria, qui n’est pas la seule à dénoncer le racisme « décomplexé » qui sévit actuellement en France, est elle une cible privilégiée ? La réponse me semble claire : c’est une femme, elle a un maintien noble et fier, elle s’exprime avec tranchant, et en plus elle est arabe. C’est trop. Elle ne se tient pas à la place qui lui revient, elle bouscule la hiérarchie des rapports sociaux, bref, elle exagère.?L’équipe de la Fabrique, qui a édité le livre d’Houria, la soutient et la défendra contre les attaques de ceux qui sont tout autant nos ennemis que les siens. La libre expression en France ? Comme disait Paul-Louis Courier en 1820 :

« Sauriez-vous un pays où il n’y eût ni gendarmes, ni rats de cave, ni maire, ni procureur du roi, ni zèle, ni généraux, ni commandants, ni nobles, ni vilains qui pensent noblement ? Si vous savez un tel pays sur la mappemonde, montrez-le moi, et me procurez un passeport. »

http://danactu-resistance.over-blog.com/2016/04/houria-bouteldja-une-haine-une-cible-par-eric-hazan.html

Tous les articles et commentaires haineux ont une chose en commun : des citations tronquées, sorties de leur contexte et sans source crédible où on pourrait vérifier. C’est un procédé peu glorieux qui évite les questions de fond et permet de réduire toute réflexion à un slogan répété à l’infini : « antisémitisme, misogynie, homophobie, racialisme ! ». C’est la base à partir de laquelle les trolls comptent imposer leur point de vue, en essayant de censurer toute voix discordante : nous faire accepter comme PRÉALABLE à tout débat leurs insultes et leurs accusations et ne discuter qu’ensuite pour les détails. Eh bien c’est pas comme ça que ça se passe dans un média vraiment libre : vous ne récolterez pas seulement le mépris des personnes qui soutiennent Houria Boutldja, mais aussi et surtout de celles qui sont loin de ses positions mais n’acceptent pas ces méthodes de nervis. A travers Houria Bouteldja et le PIR, ce sont tous ces antiracistes qui sont visés, on l’a bien compris.

Pour avoir une idée plus complète, voir le remarquable article d’Ivan Segré :

https://lundi.am/Une-indigene-au-visage-pale