Février 25, 2021
Par Paris Luttes
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Le texte suivant raconte l’histoire de l’épidémie et de l’intervention de Malatesta, incluant tous les documents de sources primaires disponibles sur la participation des anarchistes italiens, dont certains n’ont jamais été traduits en français. Une grande partie du contexte historique est tirée de l’excellent Naples in the Time of Cholera, 1884-1911 de Frank M. Snowden. Merci à Davide Turcato, l’éditeur des œuvres complètes de Malatesta ; le Centre International de Recherches sur l’Anarchisme de Lausanne ; et des archivistes et des bibliothécaires radicaux·ales partout dans le monde qui préservent l’histoire anarchiste, nous permettant d’apprendre du passé.

En 1884, le choléra ravagea plusieurs régions d’Italie, avec une virulence particulièrement élevée à Naples. Selon les statistiques du préfet, le choléra toucha plus de 14 000 personnes dans la province, tuant 8 000 d’entre elles, dont 7 000 périrent dans la seule ville de Naples. L’État réagit en imposant des mesures répressives : la ville fut placée sous la loi martiale, des restrictions de mouvement furent imposées, selon des méthodes similaires à celles employées à l’occasion du tremblement de terre de Messine ou du séisme plus récent à L’Aquila. Les volontaires de la Croix-Blanche, de la Croix-Rouge, des sociaux-démocrates, des républicains et des socialistes adoptèrent une approche très différente. Felice Cavallotti, Giovanni Bovio, Andrea Costa et Errico Malatesta, rien de moins, étaient actifs dans les rues de Naples. Et non sans risque pour leur propre santé : les volontaires socialistes Massimiliano Boschi, Francesco Valdrè et Rocco Lombardo attrapèrent le choléra et périrent.

  • Élégie d’Alessia Bruni Cavallazzi pour Florentine Lombard, anarchiste anglaise qui servit dans la Croix-Rouge pendant l’épidémie

Malatesta et d’autres camarades de diverses régions d’Italie se rendirent à Naples comme volontaires médicaux pour soigner les personnes touchées par une épidémie de choléra. Deux anarchistes, Rocco Lombardo et Antonio Valdrè, y moururent, emportés par la maladie. Le célèbre anarchiste Galileo Palla se distingua particulièrement par son altruisme, son énergie et son esprit de sacrifice. En tant qu’ancien étudiant en médecine, Malatesta se vit confier une section de malades ; ils avaient un taux de guérison particulièrement élevé car il savait comment forcer la ville de Naples à livrer de la nourriture et des médicaments en abondance, qu’il distribuait généreusement. On lui offrit une décoration officielle, l’ordre de bon mérite, qu’il refusa. À la fin de l’épidémie, les anarchistes quittèrent Naples et publièrent un manifeste expliquant que « la véritable cause du choléra est la pauvreté, et le véritable remède pour empêcher son retour ne peut être rien de moins qu’une révolution sociale.

Le choléra est une maladie bactérienne infectieuse, généralement contractée à partir de sources d’eau contaminées, qui peut provoquer vomissements et diarrhée jusqu’à la mort. « La vraie cause du choléra » était-elle vraiment la pauvreté, ou était-ce juste une rhétorique idéologique ?




Source: Paris-luttes.info