Octobre 29, 2020
Par CNT Solidarité Ouvrière
123 views


Le crash actuel est tout sauf une surprise ! Nous prévenions depuis des mois que sans mesures sanitaires structurelles ni investissements dans les services publics, il ne serait pas possible de tenir une année normale avec le COVID… Malgré les grands mots, Macron n’a pas changé de cap, le deuxième confinement va surtout affecter la sphère privée et nous assigner au travail, sans mesures de fond.

Le système scolaire (hors supérieur) doit rester ouvert dans des conditions encore inconnues à 4 jours de la rentrée, en particulier concernant le protocole sanitaire et les mesures de protection.

Nous avons conscience de l’accentuation des difficultés et inégalités scolaires suite au premier confinement avec un enseignement en distanciel mal préparé et discriminant. Nous partageons la volonté de maintenir les apprentissages et le lien éducatif avec nos élèves mais cela ne doit pas se faire au prix de la santé publique et par la mise en danger des personnels et élèves !

Éducation : un méga-cluster ?

J.M Blanquer pourra toujours prétendre que “tout est sous contrôle” et étouffer la réalité en révisant la définition des cas contacts, le système scolaire est impacté. Symboliquement nous sommes passés d’une trentaine de clusters identifiés en milieu scolaire début septembre à plus de 800 mi-octobre, avec plusieurs milliers de fermetures de classes et quarantaines individuelles. Le gouvernement ne souhaite pas gêner l’activité économique et mise cyniquement sur le faible nombre de cas graves dans cette tranche d’âge !

Pourtant malgré leurs propos rassurants, nous pouvons nous poser la question du rôle du système scolaire dans la progression épidémique actuelle. Progressivement des études internationales démontent le mythe de l’enfant peu contaminant et sans rôle de propagation. Ceux-ci seraient aussi contagieux et sources de contaminations intra-familiales. Le système scolaire brasse et connecte quotidiennement plusieurs millions de personnes, d’un point de vue sanitaire, la question d’une re-fermeture totale pour juguler l’épidémie est légitime. Au minimum, on ne peut faire l’économie de mesures sanitaires plus strictes pour empêcher le virus d’y circuler !

Un protocole sanitaire hors-sujet

Les premières déclarations de J.M Blanquer ne sont pas à la hauteur avec seulement un réaménagement à la marge du protocole. Il est inconcevable de reprendre le travail avec le protocole allégé, adopté en juillet dans un contexte de décrue épidémique. Il doit être complétement révisé : réduction de la jauge d’accueil, distanciation physique stricte en milieu clos, prise en compte du risque aérosol avec aération systématique et régulière, limitation du brassage des groupes, nettoyage et désinfection des locaux plusieurs fois par jour, aménagements de la restauration scolaire, retour aux règles précédentes concernant les cas contacts.

Le masque étant un impératif sanitaire et non une fourniture scolaire, il doit être distribué gratuitement, dès l’école primaire, aux élèves pour un égal accès de tous•tes à l’éducation.

En complément de ce protocole renforcé, il est nécessaire d’activer partout le « plan de continuité pédagogique » dont la première phase prévoit un accueil des élèves en effectifs restreints. Pour les zones les plus impactées, l’application de la phase 2 doit être envisagée (fermetures d’établissements et un enseignement en distanciel).

Le retour du “démerdentiel”, c’est non !

Encore une fois, rien n’a été préparé concrètement pour la continuité pédagogique et des conditions restreintes d’accueil. Le MEN va attendre la dernière minute pour effectuer un énième changement de consignes, laissant les équipes éducatives gérer l’urgence. L’improvisation et le mépris ça suffit ! Devant déjà se tenir dans le contexte lourd de l’assassinat de notre collègue Samuel Paty, la rentrée, pour les élèves, doit être reportée de plusieurs jours pour permettre les adaptations nécessaires.

Concernant tout travail en distanciel, celui-ci doit être encadré et respectueux des obligations de services des personnels et l’utilisation du matériel personnel indemnisée !

Nous dénonçons toujours l’impréparation matérielle : pas d’embauche massive pour permettre l’accueil en groupes restreints (au contraire postes en moins dans le secondaire), pas de mesures particulières, en lien avec les collectivités, pour améliorer les conditions matérielles (sanitaires, tables individuelles…), un investissement informatique limité à 2000 ordinateurs pour la « continuité pédagogique ». Un plan d’urgence pour l’éducation est impératif !

La fédération CNT-SO Éducation et Recherche demande :

• Report de la rentrée scolaire des élèves au 05 novembre minimum

• Application immédiate de la phase 1 du plan de continuité pédagogique sur tout le territoire et de la phase 2, dans les zones les plus affectées par l’épidémie

• Renforcement du protocole sanitaire national

• Distribution gratuite et port du masque pour tous les élèves dès le primaire

• Fourniture de masques FFP2 pour les personnels de santé et AESH

• Plan de recrutement massif de personnels

• Plan d’équipement informatique pour les élèves et personnels

• Campagne de dépistage des personnels

• Télétravail ou ASA de droit pour les personnels vulnérables, sur avis médical

• Suppression du jour de carence

• Indemnisation à 100% du congé garde d’enfant, de droit, pour les parents

Si les conditions de rentrée ne sont pas réunies, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilités et appeler à la grève ! Nous appelons tous les personnels à tenir des AGs dans les établissements.




Source: Cnt-so.org