[extrait] Une réflexion émaille régulièrement les discussions militantes : « Les périodes électorales sont les pires moments pour faire de la politique. » Dans ces périodes, en effet, il est plus difficile de mener le débat idéologique. Il se voit remplacé par des considérations sur les personnes qu’il s’agit de faire élire, sur les alliances, leurs limites ou leur refus, sur les accords, les compromis acceptables ou non, les calculs, voire les combines et petits arrangements. La politichiennerie tend à remplacer la politique. Et si l’on considère le fait que le calendrier institutionnel conduit presque chaque année aux urnes, et que le prochain scrutin présidentiel occupe l’esprit de beaucoup dès que le précédent s’achève tant il est vrai que cette élection structure désormais la vie politique française, il en résulte un tableau à bien des égards désespérant : ce ne serait jamais le moment de faire de la politique autrement qu’à travers tractations et campagnes électorales, sauf à faire son deuil de la politique institutionnelle.


Article publié le 02 Août 2020 sur Contretemps.eu