Avril 5, 2022
Par Manif Est
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Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz.

Seuil 2013 et réédition augmentée Points Seuil, 2016,

10 €, 332 pages

C’est dans les années 2000 que des scientifiques spécialistes du « système Terre » (géologues, écologues, climatologues…) proposent le concept d’« Anthropocène », pour dire que nous sommes entré·e·s dans une nouvelle époque géologique. Mais L’événement Anthropocène est un livre d’historiens et c’est là son intérêt tout particulier. Ce qui nous arrive, nous disent-ils, n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine. L’entrée dans l’Anthropocène comme « âge de l’homme » est située il y a environ 250 ans avec l’arrivée progressive de la machine à vapeur.

L’Anthropocène, c’est une Terre altérée par 1 400 milliards de tonnes de CO2 (charbon, pétrole), chiffres de 2015. C’est un tissu vivant appauvri et artificialisé, imprégné de nouvelles molécules chimiques de synthèse. C’est un monde plus chaud et plus lourd de catastrophes, des mers plus hautes, des climats déréglés. Les scientifiques accumulent les données et les modèles qui nous situent au-delà du point de non-retour à l’Holocène sur la carte des temps géologiques. Mais pour les auteurs, l’Anthropocène est un événement et non un état de fait : c’est, disent-ils, « prendre l’histoire au sérieux tout en apprenant à travailler avec les sciences dites dures ».

Le capitalisme, intrinsèquement productiviste, est nommément mis en cause et capitalocène est un des autres noms proposés pour désigner l’Anthropocène. Cet essai occupera une place de choix dans la bibliothèque des militant·e·s écosyndicalistes.

Article paru dans SUD Éducation Lorraine Info n°47, avril 2022.




Source: Manif-est.info