Novembre 11, 2022
Par Contre Attaque
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Un livre dédié à toutes les femmes victimes de violences sexuelles, au Congo comme ailleurs


Denis Mukwege, gynécologue féministe et chirurgien congolais, est à la tête d’un hôpital spécialisé dans les blessures causées par le viol, qu’il a fondé en 1999. Il lutte depuis plus de 20 ans contre la barbarie infligée aux corps des femmes, un combat quotidien pour réparer les corps mais aussi les âmes. Il consacre ainsi sa vie au combat en faveur de l’égalité entre les genres, dénonçant publiquement dans le monde les violences et discriminations qu’elles subissent et l’impunité dont bénéficient encore les auteurs.

Bien plus qu’un récit autobiographique, «La force des femmes» est un hommage à celles-ci, à leur courage, à leur lutte. De 1955 à nos jours, il retrace ainsi l’histoire de toutes ces femmes rencontrées au cours de sa vie, sources d’inspiration, qui l’ont construit et ont forgé sa détermination sans faille à œuvrer contre les violences sexuelles et toutes les discriminations et préjugés sexistes et racistes.

«La société avait beau mépriser les femmes en les considérant comme inférieures et faibles, j’avais été le témoin de leur courage face à la douleur et l’incertitude du quotidien».

C’est aussi le récit indigné du racisme international, de la colonisation belge, de la ségrégation, des inégalités de classe, des préjugés racistes et misogynes d’un système patriarcal généralisé. Il soulève, entre autre, la difficulté d’accès aux soins pour les femmes et l’ignorance des violences qu’elles subissent par l’institution judiciaire, au Congo comme ailleurs et d’autant plus pour les femmes noires, partout dans le monde.

Denis Mukwege analyse ainsi les mécanismes sociétaux qui permettent de maintenir le silence et l’indifférence sur ces violences, l’absolue nécessité de la société et de la justice de se saisir de ces questions, mais rappelle également notre responsabilité individuelle et collective, en tant qu’êtres humains, à s’opposer concrètement contre ces violences.

Mais c’est également le récit d’un Congo meurtri par plus de 25 années de conflit, le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale, avec plus de 5 millions de morts et de disparu-es. Un conflit où le viol et la mutilation des femmes sont massivement utilisés comme arme de guerre, tout cela dans l‘indifférence de la communauté internationale.

Denis Mukwege précise que les violences sexuelles sont inhérentes à «toutes les sociétés où les hommes détiennent le pouvoir social et politique et où les femmes sont reléguées au rang d’objet et de citoyens de seconde zone». Une problématique qui ne concerne donc pas uniquement le Congo ou les pays africains comme il l’explique : «les récits de viols sont aussi vieux que l’histoire, et le dernier siècle a été ponctué de conflits qui ont vu se déchaîner des violences sexuelles terribles à travers tous les continents et toutes les cultures». Au-delà des temps de guerre et de conflits armés, «les violences sexuelles ont lieu partout, en temps de paix comme en temps de guerre», elles sont une «épidémie mondiale».

Dès l’introduction, il justifie son engagement, en tant qu’homme, pour la lutte contre les discriminations sexistes et les violences faites aux femmes. Il répond à la question souvent posée de savoir comment un homme peut s’exprimer et s’engager contre les violences sexuelles. Question qu’il juge légitime et à laquelle il répond avec conviction : «Je défends les femmes parce qu’elles sont mes égales – parce que les droits des femmes sont les droits humains, et que je constate avec rage les violences qui leur sont infligées. Il faut se battre tous ensemble pour les femmes».

«Mon rôle a toujours été de faire entendre la voix de celles dont la marginalisation les empêche de raconter leur histoire. Je me tiens à leurs cotés, jamais devant elles» conclut-il. Il appelle ainsi les hommes à s’engager dans la lutte pour l’égalité et contre les violences faites aux femmes !

«La responsabilité de faire avancer les lois, d’exiger plus de justice, de dénoncer les abuseurs, d’œuvrer au sein des communautés et d’éduquer les enfants autrement ne peut reposer exclusivement sur les épaules des femmes (…) les hommes doivent s’impliquer. Le problème concerne toute l’humanité, pas seulement une moitié (…) Si vous ne travaillez pas à une solution, vous faites partie du problème».

Un récit révolté, poignant et résolument féministe ! Qui laisse entrevoir, malgré la barbarie, l’humanité et la solidarité encore possible de certains êtres humains.

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Source: Contre-attaque.net