Pour les élections du 15 mars, le FN / RN avait déposé 392 listes dans les communes de plus de 9 000 habitant.es, soit 28 % de moins qu’en 2014. Sans surprise, ces listes étaient concentrées dans les Hauts de France et le pourtour Méditerranéen.

A l’issue du premier tour des municipales, dans un contexte sanitaire qui a pesé sur le taux de participation, le bilan du RN est loin d’être triomphant, tout en restant inquiétant.

Si Briois (73 % à Hénin-Beaumont), Rachline (50,6 % à Fréjus), Sanchez (59,5 % à Beaucaire), Engelmann (63,1 % à Hayange), De Beauregard (Camaret sur Aigues), Ebrard (57 % au Pontet), Ménard (68,7 % à Béziers), Briffaut (53,4 % à Villers-Cotterêts) ont été réélu dès le premier tour, le maire du Luc est en ballottage très défavorable.

Celui de Cogolin est en position très favorable (47 %), mais pourrait être battu suivant la configuration du 2° tour (La liste proche du PS est seconde). Nauth (33,7 % à Mantes-la-Ville) arrive en tête, en ballotage favorable sauf si les autres listes s’unissent, contrairement à 2014.

A Frontignan, échec du poulain de Ménard (28 %) et à Paris, 1,5 % pour la liste de Federbusch soutenue par le RN. A l’inverse, à Moissac, sous préfecture du 82, le RN Lopez atteint 47 %.

A Marseille, Ravier est 3ème avec 19 % ! Cependant, il est en tête dans le 7ème secteur de Marseille (celui dans lequel il avait été élu en 2014) avec 33,49%, avec de gros risques qu’il repasse dans le cadre d’une quadrangulaire ou triangulaire (en fonction du maintien ou pas des autres listes).

Dans le nord de la France, la gauche résiste bien dans les communes où Marine Le Pen avait fait un carton au 2nd tour des présidentielles, comme par exemple Bully les Mines, où le PS passe au premier tour. Le porte-parole du parti Sébastien Chenu échoue à Denain, où la maire sortante socialiste est réélue dès le premier tour, tout comme à Lens.

Soit les électeurs RN ont très peur du Covid-19 dans les Hauts de France, soit le mouvement social est passé par là, les gens ne sont pas découragés et ne se servent pas du vote RN par déprime suicidaire.

Cela dit, à Bruay-la-Buissière, le député RN Ludovic Pajot est arrivé en tête avec 38,57% des voix (mais avec un « front républicain » déjà annoncé face à lui), alors qu’à Calais, ville « symbole » de la question migratoire si chère aux Racistes Nationaux, Marie -Caroline Le Pen est éliminée dès le premier tour.

Par contre, Aliot est qualifié pour le second tour à Perpignan, mais avec un pourcentage quasi identique qu’en 2014 (35 % avec environ 3600 voix de moins) où il avait été battu au second tour.

En analyse à chaud (VISA publiera une analyse plus fouillée dans les prochains jours), la vague brune semble être restée à marée basse, même s’il faut se méfier de bon nombre de candidats et de futurs élus « sans étiquette » dans des communes rurales et périurbaines. En cas de second tour, la décontamination devra se poursuivre : pas une seule voix ne doit se reporter sur les listes RN encore en lice.
Le 16 mars 2020

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Article publié le 16 Mar 2020 sur Visa-isa.org