On vous racontait ici le procès d’un manifestant accusé d’avoir jeté un pétard sur les forces de l’ordre à l’occasion d’une opération de blocage contre la Loi Travail.

Aujourd’hui mercredi 19 octobre a été rendu la décision du tribunal.

Verdict : trois mois de sursis et… c’est tout ! Ni amendes, ni TIG, ni mise à l’épreuve, ni interdiction de territoire…

Quand on sait la gravité des accusations qui pesaient contre notre camarade, ce verdict a tout d’un camouflet pour la police, qui n’a d’ailleurs pas dissimulé son agacement.

Il faut dire que les mensonges de la flicaille étaient cette fois-ci un peu grossier. C’est un peu comme si la maîtresse leur demandait de potasser mieux leurs mythos à l’avenir. Car dans le contexte actuel, une relaxe n’était pas vraiment envisageable. Un tel désaveu aurait immanquablement provoqué une levée de boucliers chez les bleus, et même pourquoi pas une manif sauvage nocturne. Il fallait donc ménager la chèvre et le chou, d’où ce verdict tout à fait bâtard… à l’image des flics.

Oui, le crime est très grave, mais nous ne sommes pas bien certains que ce soit celui-ci qui l’ait commis. Pourtant il faut un châtiment : à tout hasard, châtions celui-ci, puisque c’est lui que vous nous offrez comme victime ; mais dans le doute, ne le châtions tout de même pas par trop.

(André Gide, Souvenirs de la Cour d’Assises, 1914.)

Mais le fait qu’on puisse être soulagé.e.s du fait qu’une personne ne soit condamnée “qu’à” trois mois de sursis sur de simples mensonges policiers portant sur un jet de… pétard, en dit long sur l’ambiance du moment et sur la confiance que l’on a en la justice.

Feu aux prisons, tout ça tout ça.

La bombe agricole se transforme en pétard mouillé… Compte-rendu du procès d’un manifestant

10 octobre




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