Mai 2, 2020
Par Le Monde Libertaire
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Mardi 17 mars, midi. Nous entrons dans une pĂ©riode de confinement contraint et nĂ©cessaire. Et ça vous fait quoi d’ĂȘtre confinĂ© ? Sur proposition de Pierre, chaque jour un tĂ©moignage personnel sur le jour d’avant.

Chroniques au jour le jour

1er Mai 2020 ATTENTION, DEUX CHRONIQUES.

1Ăšre chronique


1 mai 2020 : rassemblements interdits. Triste 1 mai. « J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions » (Louise Michel). Nos morts du Covid et nos illusions de militant.e.s se pleurent dignement Et le drapeau noir s’arbore librement. Sur mon balcon ? Allons-donc, quelle mascarade ! Il est loin le 1 mai 1968 qui avait vu fleurir « Interdit d’interdire Â» aprĂšs 14 ans d’interdiction pour cause de Guerre d’AlgĂ©rie. Allons, enfants disciplinĂ©s de la patrie reconnaissante, agiter des banderoles revendicatives et crier des slogans sur les balcons, munis de masques grand public, rĂ©utilisables Ă  la prochaine interdiction ! Une TELLE mobilisation va sĂ»rement faire date, vous avez une chance de passer sur BFMTV si vous avez Ă©tĂ© jugĂ© suffisamment mĂ©diatique, faites-donc un effort d’originalitĂ© cette annĂ©e : « aucu, aucu aucune hĂ©sitation Â», ça ne va pas suffire pour ĂȘtre repĂ©rĂ©, mais, si vous voulez ĂȘtre retenu, n’en faites pas trop quand mĂȘme. Le reportage sera-t-il sponsorisĂ© par les supermarchĂ©s Lidl comme les applaudissements orchestrĂ©s chaque jour Ă  20h pour saluer l’hĂ©roĂŻsme des soignant.e.s ? Des personnels soignants qui, forts de ces encouragements bien protĂ©gĂ©s, peuvent bien continuer Ă  s’exposer…

1 mai 2020 : Restez chez vous. Et on Ă©change (activement, ça masque la passivitĂ©) des slogans Ă  proclamer de son balcon. Quelle dĂ©prime ce 1 mai. Enfin une contestation bien ordonnĂ©e, qui ne contrevient pas aux mesures du gouvernement : si c’est pas une idĂ©e de gĂ©nie la manif chez soi, y’ avait trop d’anarchie ! La plupart des associations et organisations militantes et certains partis politiques ont suivi et relayĂ© : toutes ces initiatives de pseudo journĂ©e des luttes sur les balcons ou les rĂ©seaux sociaux sont pitoyables. Le #cortegedefenĂȘtres, l’appli manif.app et les masques revendicatifs ? C’était ça « L’imagination au pouvoir Â» ? Bon test et bon prĂ©cĂ©dent pour le gouvernement si les contestataires renoncent si facilement Ă  la rue le 1 mai, voire collaborent Ă  des solutions alternatives.

Bon 1 mai de lutte…  Je me souviens d’un 1 mai Ă  Madrid trĂšs chaud, en plein post franquisme prĂ©-constitutionnel, d’un « 1 mai de lutte Â» Ă  Naples en zone OTAN interdite avec le drapeau noir, d’un 1 mai Ă  Carrara, ville emblĂ©matique de l’anarchisme italien. Je me souviens de tant de 1 mai Ă  Paris depuis celui oĂč j’ai participĂ© enfant avec mon pĂšre en 68 Ă  ceux oĂč j’ai emmenĂ© mes propres enfants, et de tant d’autres encore. Heureusement, l’appel Ă  la grĂšve des loyers aux Etats-Unis, la rent strike, pour ce 1 mai 2020, aura permis de ne pas dĂ©mentir cette journĂ©e internationale de lutte. Et c’est aussi un appel historique Ă  la grĂšve lancĂ©, pour le 1 mai 1886, aux États-Unis par plusieurs syndicats et par le journal anarchiste The Alarm, afin d’obtenir la journĂ©e de 8h, qui est Ă  l’origine de notre 1 mai. Pour mĂ©moire, la grĂšve et les manifestations qui s’en suivirent furent durement rĂ©primĂ©es jusqu’à l’attentat Ă  la bombe du 4 mai (coup montĂ© pour arrĂȘter la grĂšve et discrĂ©diter les anarchistes) alors que la police chargeait un rassemblement Ă  Haymarket. En 1889, le CongrĂšs de la II Internationale socialiste dĂ©cida d’universaliser la revendication des 8h et Ă©tablit Ă  cet effet une JournĂ©e internationale des travailleurs, en date du 1 mai en l’honneur des anarchistes de Chicago condamnĂ©s Ă  mort.

Le 1 mai 2020 ne fera pas date pour la mobilisation, j’aurais rĂȘvĂ© de rues envahies de manifestant.e.s en colĂšre contre les mesures liberticides, la casse des hĂŽpitaux publics, le scandale de la pĂ©nurie et du prix abusif des masques vendus illĂ©galement et lĂ©galement, la prĂ©caritĂ© accrue des travailleurs/ses, la rĂ©forme des retraites etc. Un Ă©norme merci Ă  ces poignĂ©es de militant.es Ă  Paris, Montpellier, Marseille, Nancy et ailleurs, qui ont sauvĂ© l’honneur dans l’hexagone en bravant l’interdit et en descendant dans la rue. Il y a eu une rĂ©sistance, absolument digne d’éloge, venue en particulier, sans surprise, des quartiers populaires, les plus touchĂ©s aussi bien par les difficultĂ©s Ă©conomiques que par la crise sanitaire, que par les violences policiĂšres, les unes aggravant les autres. Des assemblĂ©es populaires Ă  Montreuil, Ă  Paris dans le XX°, le XVIII° arrondissements, se sont constituĂ©es pour ne pas renoncer et se donner rendez-vous pour dĂ©filer. Le rassemblement Place Gambetta a Ă©tĂ© annulĂ© en raison de l’excĂšs de contrĂŽles policiers, des nassages et des verbalisations ont eu lieu Ă  Montreuil, il y a eu 5 interpellations violentes des CRS Place de la RĂ©publique en fin de matinĂ©e, et ce malgrĂ© le respect des prĂ©cautions de distanciation (et autres « gestes barriĂšre Â» (comme le masque auparavant interdit et maintenant impĂ©ratif, le pouvoir est toujours ubuesque). Bref, le 1 mai Ă©tait bel et bien interdit de fait malgrĂ© le discours de feint regret du PrĂ©sident de la RĂ©publique le matin, sur Twitter, que ce jour Â« ne ressemble Ă  aucun autre Â» et adressant Â« une pensĂ©e Â» aux organisations syndicales « qui ne peuvent tenir les traditionnels dĂ©filĂ©s Â».
Bon 1 mai de luth… Le 1 mai 1968 a abouti Ă  la plus grande grĂšve gĂ©nĂ©rale en France, ah « Le joli mois de mai Â» ! D’humeur mĂ©lancolique, j’ai passĂ© la journĂ©e dans ma petite ville de province Ă  chantonner et « accordĂ©onner Â», en Ă©cho de la voix moqueuse de Jeanne Moreau : « Rien n’arrive plus dans les bois de Mai, Sur la douce mousse au temps du muguet, On a oubliĂ© comment y aller, Les p’tits chemins creux pour y arriver, Ils sont effacĂ©s les ch’mins dĂ©tournĂ©s, Vers les bois de mai fleuris de muguet», do do do do doooo si do si la sooool…
Monica Jornet. Groupe Gaston Couté FA

2e chronique
Petite manif personnelle confinée.
DĂšs 12 heures, mon drapeau anar flotte sur mon balcon.
J’organise un petit concert rĂ©volutionnaire bien audible pour mes voisins, fenĂȘtres ouvertes au vent, d’environ 2 heures.
De « l’Internationale » (EugĂšne Pottier), « Bella ciao » (interprĂštes anonymes et pluriels), « Le triomphe de l’Anarchie » (par Marc Ogeret), « Les nouveaux partisans » (Dominique Grange), « Flic de Paris » (Jehan Jonas), « Ma libertĂ© » (Georges Moustaki), « L’Hymne des femmes » (par la Compagnie Jolie MĂŽme) en passant par « Hexagone » (Renaud),« Fille de Totos » (par la Chorale RĂ©volutionnaire Solidaire), « The partisan » (LĂ©onard Cohen) pour finir par « Le temps des cerises » (Jean Baptiste ClĂ©ment , chantĂ© par la Chorale MotivĂ©s) et « Les Anarchistes » ( LĂ©o FerrĂ©).

Deux heures et demi plus tard, cette parenthĂšse musicale se termine. Dans mon bloc d’immeubles, visibles de ma fenĂȘtre, les banderoles revendicatives, syndicales et politiques ne fleurissent pas les balcons. Seuls quelques coups de klaxons se font entendre au lointain 
 A l’occasion du 1ER Mai ? Je ne saurai rĂ©pondre Ă  cette question.
Mon quartier reflĂšte en ce jour de luttes l’apolitisme de ses habitants, leur combat pour la survie au quotidien. Il exhale des remugles d’asservissement et de peur des milices armĂ©es de l’État.
Mais que cela ne tienne, ce soir Ă  18 heures, je recommencerai Ă  manifester sur mon balcon en symbiose avec mes sƓurs fĂ©ministes d’ici ou d’ailleurs.
Odile- Groupe Salvador SĂ©gui.

30/04/2020

La Casa de Confinel
J’avoue que quand on m’a proposĂ© de participer Ă  cette chronique, au dĂ©but j’étais sceptique. Ma vie est trop banale. Écrire dans le site de l’historique Monde libertaire, que je passe mon temps Ă  jouer au ‘‘barbies’’ avec ma fille, pendant que d’autres gens traversent de vĂ©ritables Ă©preuves, me gĂȘnait. MĂȘme si le courant dominant (pensĂ©e mainstream) veut me convaincre que glander chez soi est un acte rĂ©volutionnaire, je ne pense pas que Bakounine eut Ă©tĂ© du mĂȘme avis. Rien qu’à Paris, les sans-abris, les infirmiĂšres, les caissiĂšres ont beaucoup plus de choses Ă  raconter sur leur vie de confinĂ© que moi. Pourtant comme la proposition â€˜â€˜Ă©tait plus qu’honnĂȘte’’ et trĂšs gentiment demandĂ©e, je n’ai pas pu refuser. AprĂšs tout, si ce compte rendu n’est pas digne d’ĂȘtre publiĂ©, il ne le sera pas.
Commençons !
Depuis le confinement, chez nous, les jours se ressemblent. Si les jours passent vite, ce temps oĂč les gens manifestaient encore dans les rues et discutaient sur les terrasses de cafĂ© me parait loin. L’ironie c’est que depuis que j’habite Ă  Paris, je n’ai pas le souvenir d’avoir connu un printemps aussi ensoleillĂ©.
Ce matin aprĂšs avoir pris mon petit dĂ©jeuner, j’entraĂźne ma petite jouer dans la cour de l’immeuble. Sortie de courte durĂ©e. Le voisin d’au-dessus nous balance un Ɠuf cru. Les gens sont tarĂ©s. Je monte. Je contemple l’horizon par ma fenĂȘtre. Pas question d’allumer la tĂ©lĂ© et de m’informer. Cette sur-rĂ©pĂ©tition des mĂȘmes conneries anxiogĂšnes me saoule. J’espĂšre juste que quelqu’un me prĂ©viendra le jour ou l’on pourra enfin sortir

On s’adapte. Tant qu’on n’a pas trouvĂ© suffisamment de courage pour tout quitter et partir vivre en ermite dans les hautes montagnes de Savoie, on s’adapte. Ma fille fait ses devoirs avec sa mĂšre. Moi je travaille sur mon nouveau bouquin. Au moins, ce confinement aura servi Ă  quelque chose. J’en avais marre de corriger le prĂ©cĂ©dent livre sur lequel je travaillais depuis deux ans. J’en ai commencĂ© un nouveau. Ma femme s’arrache les cheveux
 [note du correcteur : ce qui fait trĂšs grec
 Antique !]

Paradoxalement, durant le confinement j’ai limitĂ© ma consommation de rĂ©seaux sociaux. EnfermĂ©, j’ai tellement de temps Ă  perdre que je n’ai pas envie de le perdre bĂȘtement. FatiguĂ© par l’écriture, je commets le pĂ©chĂ© d’y jeter un coup Ɠil. Un pote vient de m’envoyer un lien douteux. Une sorte de thĂ©orie de complot-apocalyptique. Ça a l’air louche, je ne l’ouvre mĂȘme pas. MĂȘme si la fin du monde Ă©tait pour demain je n’ai pas forcement envie de le savoir.
Une heure plus tard, stressĂ©, ce pote m’appelle :
« – T’as lu l’article ? T’en penses quoi ?
– Je n’en sais rien moi, rien

– Allez dis-moi, c’est important
 C’est grave non ? Tu t’en fous ou quoi ?
– S’il te plait calme-toi 

– Comment se calmer, si on ne rĂ©agit pas maintenant, aprĂšs ce sera trop tard

– Si c’est aussi urgent, qu’attends-tu ? Pourquoi tu ne te rĂ©voltes pas ?
– Seul ? »

Je me tais
 J’essaie de changer de sujet. On se raconte deux-trois conneries et je raccroche.
RĂ©agir ? Comment ? Pourquoi ? Au service de qui et de quoi ? Bien sĂ»r que rien n’est clair en ce moment. Bien sĂ»r qu’il est normal de se poser des questions. Ce n’est pas le fait de douter que je critique. Ce qui me dĂ©range c’est que dans leur plus grande majoritĂ©, toutes ces thĂ©ories naissent dans des milieux d’extrĂȘme droite. Si aujourd’hui, plus que jamais, mes libertĂ©s sont menacĂ©es, ce n’est certainement pas les fachos qui vont les dĂ©fendre. Par perversion je l’ouvre ce lien. Un amas de haine, de redite et de clichĂ©s. Je dĂ©pense suffisamment d’heures Ă  Ă©tudier les dĂ©lires mystico-prophĂ©tiques de TĂŽto le MĂŽmo, pour en vouloir davantage. Si au moins l’auteur de ce truc avait l’imagination d’un Wagner, le cran d’un Genet ou l’audace d’un CĂ©line peut-ĂȘtre que je l’aurais lu. Mais c’est creux, ennuyeux et intellectuellement trĂšs peu simulant. Je suis confinĂ©, je n’ai pas du temps Ă  perdre.

Combattre les cons, rend con. Je ne tomberai pas dans ce panneau. Quand on aura rendu nos vies tellement exaltantes au point d’oublier l’existence et le nom de notre prĂ©sident, quand la libertĂ©, l’égalitĂ© et la fraternitĂ© ne seront plus des devises mais des guides-principes, quand la qualitĂ© primera sur la quantitĂ©, quand le bon sens remplacera la sottise
 alors il y aura peut-ĂȘtre une lueur d’espoir. Je n’ai jamais cru aux systĂšmes et aux organisations. Quelles que soient les intentions premiĂšres, tĂŽt ou tard, d’une façon ou d’une autre tout est rĂ©cupĂ©rĂ©. Au lieu de dĂ©penser notre temps et Ă©nergie Ă  la maintenance de systĂšmes, apprenons Ă  dĂ©fendre nos principes, sans Ă©tendard. Au lieu de nous Ă©parpiller Ă  combattre des crĂ©tins, mĂȘme si ce n’est pas toujours Ă©vident, essayons de l’ĂȘtre un peu moins. En tout cas ce n’est pas en cherchant des thĂ©ories du complot sur des Ă©crans qu’on se libĂšrera de nos Ă©crans


Bon bref, suffit la prise de tĂȘte Ă  trois balles devant mon Ă©cran ! Je me prĂ©pare pour ma petite ballade journaliĂšre. Je signe le papelard, je descends les escaliers et je sors. Il fait beau, l’air est pur, les rues sont calmes. J’aime me faufiler dans les petites ruelles inconnues. Cela fait quatre ans que j’habite dans ce quartier et il aura fallu que je sois confinĂ© pour le dĂ©couvrir. MĂȘme si j’ai moins le droit de sortir qu’avant, est-ce que je sors moins pour autant ?

J’observe les gens
 Laissons de cĂŽtĂ© ceux qui en bavent. Car Ă  cause de ce corona-machin, il y en a qui en chient vraiment. Pensons aux autres
 À tous ceux qui hier encore faisaient des boulots Ă  la con, inutiles et nuisibles. Je parle des banquiers, des soldats, des comptables, des grands et petits chefs, des tradeurs et des poinçonneurs des Lilas (HĂ©las les flics sont toujours lĂ ). Eh ben, rien que le fait que ces gens travaillent moins et passent plus de temps avec leurs proches, c’est dĂ©jĂ  Ă©volution. Les animaux sauvages respirent, on pollue et consomme moins. C’est dĂ©jĂ  Ă©norme.

Retour Ă  la maison. On dine et puis on se tape en famille, un Ă©pisode de la trĂšs ‘‘contestataire’’ Petite maison dans la prairie. Des cowboys racistes poursuivent des Indiens
 Ma fille s’emporte : Je n’aime pas les racistes ! Je ne le lui montre pas, mais je suis trĂšs agrĂ©ablement surpris de sa rĂ©action. Ensuite elle me demande : « Papa, est-ce que c’est bien d’ĂȘtre raciste des racistes ? Je suis ferme : « – C’est mal ! Ce n’est pas les racistes qu’il faut combattre mais le racisme »  Elle me rĂ©pond : « Tu sais quand t’es raciste des racistes, t’es raciste de toi-mĂȘme »  Finalement rester enfermĂ© chez soi et parler Ă  son enfant (plutĂŽt qu’à son patron), ne te rend pas forcĂ©ment plus con.
Diafoirus. Auteur d’ Antonin Artaud, l’anarchiste courroucĂ© aux Ă©ditions Libertaires

29/04/2020
Une chronique de Madeleine Proust
Si on m’avait dit qu’un jour je devrais me signer un mot pour avoir le droit de sortir de chez moi
 Eh ben j’y aurais pas cru ! oh, mais, on aura tout vu hein ! 

Dis Simone, les gendarmes ils ont voulu mettre une amende au Jean-Louis parce qu’il n’avait pas son attestation sur son smartphone !
Mais il s’est pas dĂ©montĂ©, lui hein ! Dis, il s’est pas laissĂ© faire !
Il leur a dit « Depuis quand chaque citoyen doit avoir un smartphone ? C’est la dictature ou bien ? Hein mettez-nous une puce sous la peau tant qu’vous y ĂȘtes ! »
Ah il Ă©tait feu en colĂšre hein. Ah ben les gendarmes ils ont Ă©tĂ© tout dĂ©confits et pi ils l’ont laissĂ© passer.
Nan mais dis, on veut bien respecter les rĂšgles mais faut pas nous prendre pour des moutons pi des Ăąnes. Hein toi Simone ?
Le Jean-Louis, y dit, l’ironie du sort, c’est que l’histoire se souviendra d’un pays, la France, qui a Ă©tĂ© mis en arrĂȘt par un gouvernement qui s’appelle En Marche ! Elle est pas mal celle-lĂ  !

Comment ĂȘtre immunisĂ© quand on est confinĂ©s ? Alors, si j’ai bien compris: Pour pas s’contaminer, faut se confiner, pour se dĂ©confiner, faut ĂȘtre immunisĂ© mais pour ĂȘtre immunisĂ©, faut se faire contaminer pi pour se faire contaminer, y faut s’dĂ©confiner! Pi aprĂšs alors, on va se reconfiner? On n’est pas sorti de l’auberge, nom de dzi!
Pi alors avec leurs discours ! Y nous parlent pendant des heures de temps pour ne rien dire ! Comme que comme, le plus dur pour un homme politique, c’est d’avoir assez d’mĂ©moire pour se rappeler de c’qu’il ne faut pas dire !
Justement en voilĂ  encore une bonne : La Sibeth Naj… Nadj, la porte-parole du gouvernement elle a dit que le 11 mai, l’école sera facultativement obligatoire sur la base du volontariat non bĂ©nĂ©vole.
Faudrait une porte-parole interprùte pour traduire ce qu’elle veut dire !

Le premier ministre, Louis Philippe , il a dit: Pour le dĂ©confinement, tout est prĂȘt pour le 11 mai. Il ne reste plus qu’à fixer une date! Alors on attend!
Pi en plus, le 11 mai, c’est la journĂ©e mondiale des espĂšces menacĂ©es. Ah ils les feront toutes ! C’est pas Dieu possible ! Faut le voir pour le croire !
Le voir
 j’ai RV Ă  mon ophtalmo qui Ă©tait le 30 avril. Oh ben il a annulĂ©. Oh je l’avais pris en 2015, dis ! Ben dis donc, si y faut rattendre 3 ans, on veut devenir aveugle !

Le gouvernement nous annonce le dĂ©confinement Ă  l’horizon ! Mais j’ai regardĂ© dans le dictionnaire le mot horizon : C’est une ligne imaginaire qui recule au fur et Ă  mesure qu’on s’en approche. Eh ben, on n’est pas prĂšs de dĂ©confiner !
Lola « Madeleine Proust » Sémonin

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Source: Monde-libertaire.fr