Janvier 11, 2021
Par Le Monde Libertaire
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06.012021
Ce matin, le Préfet d’Istanbul a annoncé que toutes les manifestations à Beşiktaş et Sarıyer étaient désormais interdites. Il a fait cette déclaration à travers son compte Twitter, par ces mots : “Considérant leurs potentiels effets négatifs sur les efforts entrepris pour protéger la société de l’épidémie et prévenir sa propagation, toutes les réunions, manifestations et marches sont interdites dans ces districts”.

Disons tout haut ce qu’ils ne pouvaient pas exprimer. Interdire est une réaction de peur. La peur de l’effondrement de l’AKP grandit de jour en jour. La multiplication des interdictions va donc de pair. Cette peur ne date pas aujourd’hui. Ceux et celles qui résistent à Gezi, à Kobani; Ceux et celles qui sont descendu.e.s dans la rue après l’explosion des bombes à Amed, Suruç et Ankara sont devenu.e.s la plus grande peur de l’État. Au cours de ces dernières années, l’État les a attaqué.e.s et interdit.e.s en raison de sa peur. Le courage de ceux et celles qui ont résisté, a tourné à la lutte.

Répétons-le, chaque interdiction est un signe de peur. La jeunesse était devant l’université pour manifester contre le recteur de Boğaziçi nommé par le président le 4 janvier 2021. Des milliers de jeunes en colère ont crié justice face au nez des forces de l’ordre. Cette colère déterminée a effrayé le recteur Melih Bulu et son conseil d’administration. La peur leur a fait attaquer la jeunesse ; avec des matraques, des boucliers, des balles en caoutchouc et des canons à eau. Ils pensaient qu’ils allaient nous effrayer et nous faire fuir. Personne ne s’est enfui. Les jeunes ont poussé encore et encore, et, en désespoir de cause, la police a essayé absurdement de se protéger en menottant la porte de l’université Boğaziçi. La résistance a pris fin lundi, avec cette promesse : “Nous reviendrons mercredi”.

Qui avait peur le lundi, ne pouvait attendre jusqu’à mercredi. Nous (que les médias d’État désignent comme “organisation terroriste”), nous répétons inlassablement que c’est l’État qui est une “organisation terroriste”. L’État a déchaîné la terreur policière du lundi soir au mercredi matin. En 2 jours, la police a opéré des descentes à 40 domiciles environ, nos camarades sous avis de recherche ont été arrêté et ont subi des tortures. La torture et les menaces envers nos camarades en détention depuis deux jours se poursuivent encore aujourd’hui. C’est de la terreur. Les rafles, les tortures et les détentions continuent, liste de personnes recherchées en main.

Nous n’avons pas peur des rafles, de la torture et des interdictions. Votre terreur ne nous fera pas peur. Nous marcherons contre vous avec courage.

Vous partirez, nous resterons ! Nous gagnerons !




Source: Monde-libertaire.fr