Octobre 28, 2020
Par Contrepoints (QC)
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Le 23 septembre dernier Ă©tait dĂ©posĂ© le projet de loi 66 visant la relance de l’économie quĂ©bĂ©coise par l’accĂ©lĂ©ration de certains projets d’infrastructures. L’amĂ©lioration de l’accĂšs au port par le prolongement de l’avenue Souligny et du boulevard de l’Assomption, dans l’arrondissement Hochelaga-Mercier-Maisonneuve, apparaĂźt en tĂȘte de liste des prioritĂ©s infrastructurelles de l’üle de MontrĂ©al. À la limite d’Hochelaga-Maisonneuve, un terrain vague se retrouve dans la mire de promoteurs et du ministĂšre des transports. On discute d’en faire un corridor vers le port de MontrĂ©al, un « Écoparc industriel », un poste d’Hydro-QuĂ©bec, une bretelle d’autoroute.

Ce lieu, comme hors du monde, est un repĂšre pour toutes les personnes qui choisissent d’y vivre et qui l’habitent de mille maniĂšres. Ce terrain nous permet chaque jour de s’attacher un peu plus Ă  ce qui vit encore en cette mĂ©tropole, ce qu’il y a d’oiseaux, de renards et de plantes. FĂ©rocement et librement, une vie s’y dĂ©ploie Ă  travers les ruines des shops d’une autre Ă©poque.

Ce territoire en friche rĂ©trĂ©cit d’annĂ©e en annĂ©e. La destruction de l’un des derniers espaces boisĂ©s du quartier vise Ă  accroĂźtre la mondialisation en accĂ©lĂ©rant le flux de camions bruyants et polluants qui dĂ©servent le port de MontrĂ©al. Face Ă  l’expansion tentaculaire de la ville, Ă  sa rationalisation gestionnaire de tous les espaces, nous n’entendons pas laisser anĂ©antir ce lieu qui devrait continuer de n’appartenir Ă  personne. Nous n’avons que faire de l’expansion sans limites d’un systĂšme qui dĂ©raille.

Nous exigeons la prĂ©servation totale du Terrain vague, dont fait partie le boisĂ© Steinberg, et l’arrĂȘt immĂ©diat des travaux. Au Terrain vague, il n’y aura rien d’autre que le Terrain vague, ce territoire aux contours flous et nĂ©buleux, qui n’appartient Ă  personne et qui ne saurait se soumettre au langage du capitalisme. La friche doit conserver ses droits, les arbres et arbustes qui y poussent resteront debout et les animaux et insectes qui l’habitent continueront de faire respirer cette zone vivante. Les formes de vie qui y prolifĂšrent rĂ©clament de nous une rĂ©ponse Ă  la hauteur de la situation. Contre l’expansion du port et le dĂ©veloppement industriel, contre les attaques rĂ©pĂ©tĂ©es du capitalisme envers les derniers espaces habitables, retrouvons-nous et dĂ©fendons le Terrain vague.




Source: Contrepoints.media