DĂ©cembre 8, 2022
Par Les mots sont importants
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Un jour, un livre : pendant toute la durĂ©e du mois de dĂ©cembre, nous publions chaque jour la prĂ©sentation et / ou un extrait d’un livre paru cette annĂ©e, Ă  offrir, s’offrir ou se faire offrir Ă  l’occasion des fĂȘtes de la Saint Nicolas, de Hanoukkah, de NoĂ«l, de la Saint Sylvestre, du NoĂ«l orthodoxe, du NoĂ«l armĂ©nien ou Ă  toute autre occasion. Le livre du jour, intitulĂ© Le Syndrome du patron de gauche, est un livre important – ne serait-ce que parce qu’il s’attaque enfin Ă  un sujet pour le moins sous-traitĂ©. SĂ©bastien Fontenelle nous en donne, dans les lignes qui suivent, une brĂšve mais Ă©loquente, et Ă©difiante, prĂ©sentation.


À un angle mort du camp progressiste, oĂč l’on oublie parfois que dans « patron de gauche Â», il y a aussi «  patron Â» – avec tout ce que cela peut induire de comportements problĂ©matiques et de souffrance(s) au travail.

Arthur Brault-Moreau, l’auteur de ce « manuel d’anti-management Â» dont on voudrait citer chaque ligne ou presque, sait de quoi il parle : il a Ă©tĂ© embauchĂ©, Ă  la fin de ses Ă©tudes, par une Ă©lue de gauche. Mais au fil du temps, Ă©crit-il : « L’enthousiasme des premiers jours a laissĂ© place (…) au constat quotidien que la rĂ©alitĂ© de mon travail Ă©tait trĂšs Ă©loignĂ©e des valeurs dĂ©fendues par mon employeuse. Â»

Arthur Brault-Moreau propose un amusant questionnaire, qui permet à tou·te un·e chacun·e de vérifier si son employeur ou son employeuse souffre du syndrome du patron de gauche.

Par exemple, si, «  tout en maintenant Â» d’irrĂ©prochables « rĂ©fĂ©rentiels rĂ©volutionnaires Â», un PDG « n’hĂ©site pas Ă  utiliser son pouvoir d’employeur pour (
) sanctionner  Â» des salarié·es, mĂȘme si « ces pratiques ne sont pas lĂ©gales Â» (mais « peu importe, parce que c’est lui le chef  Â») ? Si «  on se sent constamment tiraillĂ© entre les discours du PDG et la rĂ©alitĂ© du travail Â» ? Si « on a le sentiment qu’il faut doublement lutter, sur les conditions de travail et face au discours affichĂ© Â» ?

Alors le doute n’est plus permis : le PDG en question est « un beau parleur-pipeauteur  Â». C’est Ă  dire qu’il « aime faire de belles phrases Â», mais que «  la beautĂ© du verbe sonne faux tant ses pratiques y sont radicalement opposĂ©es  Â».

En de tels cas, «  toute la difficultĂ©  Â», souligne l’auteur de ce dense et vif essai, « est de parvenir Ă  faire un pas de cĂŽtĂ©, d’échapper au son du pipeau et de ramener le verbe Ă  la rĂ©alitĂ© des conditions de travail  Â».

Arthur Brault-Moreau dĂ©veloppe une passionnante rĂ©flexion partant du constat que « l’analyse des conditions dans lesquelles vivent leurs salarié·e Â» n’est malheureusement «  pas une prioritĂ© pour les organisations de gauche  Â», et nous invitant collectivement Ă  ne plus « bouder  Â» cette question.

Dans sa conclusion, il prĂ©conise une recette simple, mais trop souvent oubliĂ©e au sein des structures professionnelles de gauche : « L’action syndicale. Â»

Car, rappelle-t-il, « la forme d’action collective qu’est le syndicat apporte aussi des rĂ©ponses aux problĂšmes posĂ©s par le management de gauche  Â». Ainsi : «  La prĂ©sence d’un syndicat dans une organisation permet de rappeler l’existence d’un rapport salarial et d’une distinction entre l’employeur et les salariĂ©s, et (…) rappelle que les enjeux internes, la gestion des membres et des salarié·es sont (…) un critĂšre qui renseigne beaucoup sur l’engagement  Â» effectif d’une environnement professionnel rĂ©putĂ© de gauche.

Puis de conclure : « Syndiquons-nous !  Â»

Chiche ?




Source: Lmsi.net