Novembre 10, 2020
Par Marseille Infos Autonomes
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 Le soin et la rage

Si le virus est une réalité qu’on ne peut pas nier, les conséquences de la gestion de la pandémie par l’Etat sur nos vies est tout aussi inquiétante. Ce nouveau confinement montre une fois de plus que le gouvernement tient davantage à protéger l’”économie” que la population. S’il faut se confiner, il faut surtout continuer à travailler. Les travailleur.euses qui ne peuvent télétravailler se trouvent sont en première ligne, en s’exposant tous les jours au virus, sans que des moyens soient mis dans les transports publics pour permettre la diminution des risques.

Tu travailles, tu consommes et tu rentres chez toi, si encore cela est possible. Puisqu’à Marseille, malgré qu’il y ait un confinement, la préfecture continue d’expulser des logements, qui restent vides, et laissent les personnes à la rue en plus de toutes celleux qui y sont déjà.

La crise fragilise les personnes déjà en difficulté, celleux qui pour survivre enchaînaient les petits boulots précaires, les boulots sans contrats, et qui en temps de confinement n’ont plus aucune rentrée d’argent. Alors, se nourrir devient de plus en plus difficile, surtout dans des supermarchés qui augmentent leurs prix depuis le début de la crise. Les primes accordées aux personnes au RSA permet de rembourser une amende, mais pour les personnes sans papiers et les plus précaires qui ne touchent même pas cette aide, rien n’est prévu pour elleux…Des personnes sans papiers sont encore enfermées dans des CRA (centres de rétentions administratifs) alors que les conditions sanitaires sont désastreuses et que les frontières sont fermées…



Pour celleux qui ne travaillent pas ou si leurs travail n’est pas reconnu par l’État comme du travail, aucune raison de sortir. Nous restons donc enfermé.es par la peur. Peur de tomber malade, de contaminer nos proches. Peur de sortir et d’être contrôlés par la police, parce qu’on connait leurs abus, parce qu’on aurait pas de quoi payer l’amende. Peur de ne pas savoir comment finir le mois, comment gérer les enfants, comment prendre soin de nous. Pour certaines d’entre nous, peur de celui avec qui nous partageons l’espace confiné et ses excès de violences….

Pendant que les petits commerces ferment, l’État donne de l’argent aux entreprises en fonction de leur chiffre d’affaire. Les plus grosses enseignes raflent la mise ! Quand 1 millions de français passent sous le seuil de pauvreté depuis le début de la pandémie, les plus riches arrivent encore à faire du bénéfice..…

Avec l’aide des médias, on nous rabâche que la seule solution aujourd’hui pour limiter la propagation du virus est le confinement, nos hôpitaux n’ayant pas les capacités d’accueillir la nouvelle vague de malades. Mais cette situation n’est pas étonnante, puisque les gouvernements successifs et ce dernier en particulier ont consciemment laissé à l’abandon l’hôpital public. Face à la forte mobilisation de la santé l’année passée, l’État a fait taire les revendications des soignant.es à coup de lacrymos, d’arrestations et de gardes à vues. Encore aujourd’hui, malgré la crise sanitaire, le gouvernement reste sourd aux revendications portées par les hôpitaux, continue de réduire les budgets pour la santé publique et supprime des lits en réanimation. Mais pas question d’assumer leur incapacité et leur responsabilité dans cette crise …. En appelant à la “responsabilité individuelle”, le gouvernement préfère insinuer que chacun.e est coupable et que c’est à nous tous.tes et surtout aux plus précaires de faire des efforts pour que la situation s’améliore. Si nous voulons retrouver notre vie sociale, revoir nos familles nous avons qu’à tous.tes nous tenir bien sages, et surtout en silence !

Pour veiller à notre bonne volonté dans l’effort collectif, le gouvernement arme sa police, lui autorise de nouvelles technologies et lui donne de plus en plus de pouvoir (drones, reconnaissance faciale, nouvelle loi de sécurité globale…). Tout ça avec un budget qui n’est soit disant pas disponible pour les hôpitaux publics. L’État choisit de mettre notre argent dans une police qui n’a jamais été là pour nous protéger…. Depuis le déclenchement de l’état d’urgence sanitaire, le renforcement sécuritaire a entrainé une augmentation des violences policières, avec 12 personnes tuées par la police pendant le premier confinement.

Entre le virus et les attentats terroristes, l’État nous gouverne par la peur, puisqu’il ne reste plus que ça qui peut nous empêcher de nous organiser…. En désignant l’islam comme ennemi intérieur, l’État prend depuis la fin du confinement un virage sécuritaire où les discours racistes et islamophobes se banalisent et où les libertés se restreignent de façon inquiétante.

 La réponse au corona virus c’est donc plus de répression, plus d’inégalité,et moins de lits d’hôpitaux ! Triste bilan…Voilà comment l’État prend soin de nous….

Le virus existe.Mais nous refusons que cette pandémie serve de prétexte à la suppression de nos libertés et la précarisation de nos vies. Nous refusons cette individualisation qu’on nous impose. Nous refusons d’attendre en silence la fin de cette crise pour découvrir combien nos droit ont été piétinés. Nous voulons nous retrouver, échanger, refaire du lien. Maraudes, marché gratuit, réquisition de logements, soin, aide en tout genre.

Parce qu’il est urgent de développer une prise de soin collective face à un gouvernement qui n’en a que faire de nos vies…

Retrouvons nous, nombreux.ses, en colère, ensemble, avec nos banderolles et nos casseroles, samedi à 14h devant la Timone ! On vous a concocté une attestation pour l’événement, n’hésitez pas à l’utiliser 🙂



Attestation pour la manif




Source: Mars-infos.org