Beaucoup d’entre nous ignorent ce que sont ces E3C. Ils font partie des nouveaux moyens d’évaluation du baccalauréat (si on peut encore l’appeler comme ça). Ils consistent à faire passer des épreuves en contrôle continu (Histoire-géo et les deux langues vivantes pour les séries générales, auxquels se rajoutent les mathématiques pour les séries technologiques), deux fois dans l’année, en classe de première et en classe de terminale, afin d’alléger l’examen final et d’éviter le bachotage. Résultat des courses, les élèves ne sont plus en bachotage deux ou trois mois en fin de terminale, mais pendant deux ans ! Bravo !

Une partie des ensei­gnant.e.s est contre cette réforme du bac­ca­lau­réat, entre autres à cause de ce contrôle continu qui rompt l’égalité  sur le ter­ri­toire, puis­que les élèves pas­sent ces épreuves, dif­fé­ren­tes selon les lycées, dans leurs établissements. Donc dès le départ, le prin­cipe n’est pas accep­ta­ble. Mais en plus, comme on pou­vait s’y atten­dre, les sujets sont mis par avance sur inter­net, cer­tains pro­fes­seurs, peu sou­cieux de déon­to­lo­gie, don­nent les sujets aux élèves avant les épreuves, etc. De plus, les pro­fes­seurs n’ont pas for­cé­ment eu le temps de bou­cler le pro­gramme. Bref, l’égalité de trai­te­ment est bafouée et le bac­ca­lau­réat n’est plus un diplôme natio­nal.

A cela s’ajoute la manière dont les choses se sont pas­sées ces der­niè­res semai­nes. Les ensei­gnant.e.s ont fait usage de leur droit de grève, des élèves s’y sont asso­cié.e.s. Ce genre de choses s’est tou­jours vu dans le passé. Mais la grande « nou­veauté », c’est que les forces de l’ordre ont été envoyées devant les lycées, voire dedans, bafouant scan­da­leu­se­ment les droits des citoyens et bafouant le droit tout court en met­tant en garde à vue des ado­les­cents. De mémoire de prof, cela ne s’était jamais vu.

Monsieur Blanquer sou­tient que seu­le­ment 15% des lycées ont été per­tur­bés, alors que le syn­di­cat des pro­vi­seurs, le SNPDEN avance le chif­fre de 43%. Les élèves et les pro­fes­seurs sont mena­cés de sanc­tions, la rec­trice de Rouen veut main­te­nir les zéros pour les élèves qui ont « cons­ciem­ment » refusé de passer les épreuves, alors que la loi inter­dit de mettre des zéros pour sanc­tion­ner les com­por­te­ments. Le pou­voir n’hésite pas à exer­cer auto­ri­ta­risme et vio­lence à un niveau jamais atteint.
Les ensei­gnant.e.s récla­ment le retour à un bac­ca­lau­réat natio­nal, ano­nyme et ter­mi­nal, et ils ont bien raison. Il en va de l’égalité de trai­te­ment .


Article publié le 15 Fév 2020 sur Nantes.indymedia.org